Livraisons d’Airbus au premier semestre 2026 : 351 avions et un bénéfice net en hausse de 47 %

Airbus vole plus haut que prévu. L'avionneur européen a accéléré ses cadences au premier semestre 2026 et fait bondir son bénéfice de près de moitié. Mais sa trésorerie, elle, reste dans le rouge — et l'essentiel du contrat 2026 se jouera d'ici décembre.

Deux salariés de l'aéronautique dans un hall d'assemblage final d'avions commerciaux
Sommaire

Les livraisons d’Airbus au premier semestre 2026 progressent de 15 %

Entre janvier et fin juin 2026, Airbus a remis 351 avions commerciaux à ses clients, contre 306 sur la même période de 2025. Quarante-cinq appareils de plus en un an, soit une progression de 15 % qui constitue le véritable moteur des comptes semestriels publiés le 29 juillet par l’avionneur européen.

Le détail de ces livraisons confirme la domination écrasante du monocouloir dans le portefeuille industriel du groupe : 271 appareils de la famille A320, 44 A220, 26 A350 et 10 A330. À elle seule, la famille A320 représente donc plus de trois quarts des remises du semestre. C’est sur cette gamme que se concentrent l’essentiel des efforts de montée en cadence — et l’essentiel des tensions de chaîne d’approvisionnement.

Côté carnet, la dynamique commerciale ne faiblit pas : Airbus a engrangé 821 commandes nettes d’avions commerciaux sur le semestre, un niveau très supérieur aux 402 comptabilisées un an plus tôt. Le précédent salon de Farnborough a contribué à nourrir ce flux.

33,2 milliards d’euros de recettes et un bénéfice net en hausse de 47 %

Mécaniquement, la hausse des remises d’appareils tire le chiffre d’affaires vers le haut. Airbus affiche 33,2 milliards d’euros de recettes sur le semestre, en progression de 12 % par rapport aux 29,6 milliards du premier semestre 2025. La seule division des avions commerciaux génère 23,9 milliards d’euros, en hausse de 15 % — exactement le rythme des livraisons.

La rentabilité suit, et même plus vite que l’activité. Le résultat net atteint 2,243 milliards d’euros, contre 1,525 milliard un an plus tôt : une hausse de 47 %. Le bénéfice par action passe de 1,93 à 2,84 euros. L’EBIT ajusté s’établit autour de 2,7 milliards d’euros et la marge opérationnelle ajustée gagne 77 points de base, à environ 8,2 % contre 7,4 % au premier semestre 2025. Un effet de couverture de change moins favorable a partiellement rogné ce gain.

Indicateur S1 2026 S1 2025
Livraisons d’avions commerciaux 351 306
Chiffre d’affaires 33,2 Md€ 29,6 Md€
Dont avions commerciaux 23,9 Md€ — (+15 %)
Défense et espace 6,3 Md€ — (+9 %)
Hélicoptères 3,7 Md€ 3,7 Md€
Résultat net 2,243 Md€ 1,525 Md€
Bénéfice par action 2,84 € 1,93 €
Commandes nettes (avions) 821 402
Flux de trésorerie avant financement client -1,2 Md€ -1,6 Md€

Défense, espace et hélicoptères : le second moteur du semestre

L’aéronautique civile n’explique pas tout. La branche Defence and Space voit ses revenus progresser de 9 %, à 6,3 milliards d’euros, et surtout sa contribution opérationnelle bondir : 487 millions d’euros d’EBIT ajusté, contre 265 millions un an plus tôt. Meilleure profitabilité, volumes plus élevés et calendrier de coûts favorable se cumulent. Dans un contexte de réarmement européen, cette division cesse d’être le maillon faible du groupe.

Airbus Helicopters, en revanche, marque le pas en valeur : 3,7 milliards d’euros de revenus, stables, malgré 144 appareils livrés contre 138 un an plus tôt. Un mix client moins favorable explique ce décalage entre volumes et recettes. La division a par ailleurs alourdi ses dépenses de recherche et développement, à l’image d’un groupe qui prépare la prochaine génération d’appareils — du moteur à pile à combustible développé avec l’allemand MTU aux architectures d’ailes de rupture.

Sur les 870 avions promis pour 2026, il en reste 519 à livrer en six mois : le second semestre devra faire près de 50 % de mieux que le premier.

Une trésorerie sous tension, prix de la montée en cadence

Le point de vigilance du semestre est ailleurs que dans le compte de résultat. Le flux de trésorerie disponible avant financement client ressort à -1,2 milliard d’euros, certes en amélioration par rapport aux -1,6 milliard du premier semestre 2025, mais toujours négatif. La cause est assumée : Airbus constitue délibérément des stocks pour soutenir sa montée en cadence industrielle.

Conséquence directe, la position de trésorerie nette recule à 8,4 milliards d’euros fin juin, contre 12,2 milliards fin 2025. Le groupe maintient néanmoins son objectif annuel d’environ 4,5 milliards d’euros de flux de trésorerie disponible avant financement client. Autrement dit, la totalité de la génération de cash de l’exercice doit se produire au second semestre — un pari qui dépend directement de la capacité des fournisseurs à suivre, un sujet devenu structurel pour toute la chaîne de sous-traitance aéronautique européenne.

Boeing redresse sa trésorerie mais reste dans le rouge

De l’autre côté de l’Atlantique, le concurrent américain publiait ses comptes trimestriels la veille. Boeing signe un deuxième trimestre encore déficitaire, avec une perte nette de 428 millions de dollars. Son chiffre d’affaires progresse toutefois de 8 %, à 24,56 milliards de dollars.

Surtout, l’avionneur américain dégage 631 millions de dollars de flux de trésorerie disponible, là où le marché anticipait encore une consommation de cash. Kelly Ortberg, son directeur général, y voit la confirmation que l’entreprise avance dans la bonne direction. Le contraste avec Airbus reste néanmoins net : l’européen gagne de l’argent et brûle du cash pour produire davantage, l’américain génère du cash mais perd encore de l’argent.

Ce que ces livraisons impliquent pour la fin d’année

Airbus confirme viser environ 870 livraisons d’avions commerciaux sur l’ensemble de 2026. Avec 351 appareils remis au premier semestre, il en reste donc près de 519 à livrer en six mois. Le second semestre devra tourner à un rythme supérieur de près de 50 % au premier — un profil de charge classique chez l’avionneur, dont les remises sont traditionnellement concentrées sur le dernier trimestre, mais qui ne laisse aucune marge en cas d’incident sur un fournisseur critique.

C’est bien là que se situe le juge de paix des prochains mois : non pas la demande, adossée à un carnet de commandes historiquement épais, mais la capacité de la chaîne d’approvisionnement à absorber cette accélération. Les 519 avions du second semestre valent plus, pour la trajectoire 2026 d’Airbus, que les 351 déjà livrés.

L’essentiel à retenir

Airbus a livré 351 avions commerciaux au premier semestre 2026 (+15 %), pour 33,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+12 %) et un résultat net de 2,243 milliards (+47 %). La défense et l’espace passent de 265 à 487 millions d’euros d’EBIT ajusté. Mais le flux de trésorerie reste négatif à -1,2 milliard, alors que l’objectif annuel est de +4,5 milliards. Tout se joue donc d’ici le 31 décembre 2026 : pour tenir la cible de 870 livraisons, il faut sortir 519 avions en six mois.

 

Questions fréquentes

Combien d’avions Airbus a-t-il livrés au premier semestre 2026 ?

Airbus a livré 351 avions commerciaux entre janvier et fin juin 2026, contre 306 au premier semestre 2025, soit une hausse de 15 %. Le détail se répartit en 271 appareils de la famille A320, 44 A220, 26 A350 et 10 A330.

Quel est le bénéfice d’Airbus au premier semestre 2026 ?

Le résultat net semestriel s’élève à 2,243 milliards d’euros, en progression de 47 % par rapport aux 1,525 milliard du premier semestre 2025. Le bénéfice par action passe de 1,93 à 2,84 euros.

Quel est l’objectif de livraisons d’Airbus pour 2026 ?

Airbus confirme viser environ 870 livraisons d’avions commerciaux sur l’ensemble de l’exercice 2026. Avec 351 appareils remis au premier semestre, il reste près de 519 avions à livrer au second semestre.

Pourquoi la trésorerie d’Airbus est-elle négative malgré ces bénéfices ?

Le flux de trésorerie disponible avant financement client ressort à -1,2 milliard d’euros, en raison d’une constitution délibérée de stocks destinée à soutenir la montée en cadence de production. La position de trésorerie nette recule à 8,4 milliards d’euros fin juin, contre 12,2 milliards fin 2025.

Où en est Boeing face à Airbus ?

Boeing a publié un deuxième trimestre 2026 en perte nette de 428 millions de dollars, pour un chiffre d’affaires de 24,56 milliards de dollars (+8 %). L’avionneur américain a toutefois dégagé 631 millions de dollars de flux de trésorerie disponible, au-dessus des attentes du marché.