Deux offres fermes pour la privatisation de TAP Air Portugal
Le compte à rebours est terminé. Air France-KLM et Lufthansa ont annoncé mercredi 29 juillet 2026 avoir chacun déposé leur offre ferme pour entrer au capital de TAP Air Portugal. Lisbonne avait relancé en juillet 2025 la privatisation, longtemps repoussée, de sa compagnie nationale, en mettant sur le marché une participation de 44,9 % destinée à un partenaire industriel du secteur aérien.
Le groupe franco-néerlandais joue cartes sur table sur le périmètre : il vise une participation comprise entre 44,9 % et 49,9 % du transporteur portugais. Lufthansa, de son côté, préfère ne pas communiquer la part convoitée. Dans les deux cas, le montant financier proposé reste confidentiel : la compétition ne se joue pas uniquement sur le prix, mais sur le projet industriel adossé à l’offre.
La décision appartient désormais à l’État portugais, qui pilote l’opération via son agence de participations Parpública. Le verdict du gouvernement est attendu à la charnière de l’été et de l’automne, autour du début du mois de septembre 2026.
| Air France-KLM | Lufthansa | |
|---|---|---|
| Participation visée | 44,9 % à 49,9 % | Non communiquée |
| Montant de l’offre | Confidentiel | Confidentiel |
| Dirigeant | Ben Smith, PDG | Carsten Spohr, PDG |
| Alliance de TAP | Hors Star Alliance | Membre de Star Alliance, comme TAP |
| Argument central | Lisbonne comme hub unique en Europe du Sud | Continuité d’un investissement de longue date au Portugal |
Lisbonne comme hub unique : l’argument d’Air France-KLM
Air France-KLM ne propose pas seulement un chèque. Son PDG Ben Smith met en avant un projet stratégique de long terme pour TAP et, plus largement, pour l’économie portugaise. L’idée centrale : faire de Lisbonne le hub unique du groupe en Europe du Sud, et non une plateforme secondaire noyée dans un réseau déjà dense.
Le dossier franco-néerlandais comporte des engagements chiffrés en matière de création d’emplois et de valeur, pas uniquement dans la capitale mais aussi à Porto et dans d’autres villes du pays, avec l’ouverture de nouveaux sites de maintenance aéronautique. Un levier politiquement sensible : la MRO est une activité industrielle qualifiée, difficile à délocaliser, et donc un gage de crédibilité auprès de Lisbonne.
Air France-KLM peut également s’appuyer sur sa coentreprise transatlantique avec Delta Air Lines, qui lui ouvre le marché nord-américain. Le groupe assume une ambition explicitement politique : contribuer à l’émergence d’un champion européen du transport aérien de dimension mondiale, au nom de la souveraineté européenne.
La compétition ne porte pas sur le prix, gardé secret des deux côtés, mais sur la réponse à une seule question : lequel des deux groupes fera de Lisbonne autre chose qu’une escale de plus.
Lufthansa avance l’argument de l’antériorité et de Star Alliance
Le groupe allemand dispose d’un atout que son concurrent n’a pas : TAP est, comme Lufthansa, membre de Star Alliance. Une prise de participation s’inscrirait donc dans une continuité commerciale immédiate, sans rupture d’alliance ni renégociation des accords de partage de codes existants.
Son PDG Carsten Spohr présente l’opération comme l’étape logique suivante d’une présence de plusieurs décennies au Portugal, faite d’investissements, d’emplois qualifiés et de liaisons vers le reste de l’Europe. Lufthansa se pose en partenaire de long terme, garant de l’avenir de TAP comme compagnie nationale portugaise — un vocabulaire calibré pour rassurer un gouvernement soucieux de ne pas paraître brader son pavillon.
Ce discours de continuité a son revers : il promet moins de transformation qu’une bascule vers un groupe concurrent. Or c’est précisément de transformation que Lisbonne a besoin si elle veut faire de TAP autre chose qu’un actif public sous perfusion. Le précédent de la fermeture de Lufthansa CityLine rappelle que le groupe allemand ne s’interdit pas les arbitrages douloureux dans ses filiales.
TAP, dernier maillon de la consolidation aérienne européenne
Au-delà du cas portugais, cette privatisation marque une étape dans un mouvement de fond. TAP est l’un des derniers transporteurs européens de taille moyenne encore indépendant d’un grand groupe. Pour Air France-KLM comme pour Lufthansa, c’est donc l’une des dernières voies de croissance externe sur le continent.
Sa valeur stratégique tient largement à sa géographie. Le hub de Lisbonne est une porte d’entrée naturelle vers le Brésil et l’Afrique lusophone, des marchés où ni Paris-Charles-de-Gaulle ni Francfort ne disposent d’un positionnement comparable. Celui qui l’emportera n’achète pas seulement une flotte et un réseau : il achète un accès.
Le calendrier, lui, s’inscrit dans une année déjà chargée pour le capital des compagnies européennes, entre l’offre d’Apollo sur easyJet et les recompositions en cours dans le low cost. La décision de Parpública en septembre dira si l’Europe du transport aérien continue de se concentrer autour de ses deux pôles historiques — et lequel des deux prend l’avantage.
Air France-KLM et Lufthansa ont déposé le 29 juillet 2026 leurs offres fermes pour entrer au capital de TAP Air Portugal, dont l’État cède 44,9 % via Parpública. Le groupe franco-néerlandais vise 44,9 % à 49,9 % et promet de faire de Lisbonne son hub unique en Europe du Sud ; Lufthansa mise sur Star Alliance et son antériorité au Portugal. Les montants restent secrets. Échéance décisive : la décision du gouvernement portugais, attendue autour du début septembre 2026.
Questions fréquentes
Qui sont les candidats à la privatisation de TAP Air Portugal ?
Deux groupes ont déposé une offre ferme le 29 juillet 2026 : Air France-KLM et Lufthansa. Ils sont les deux seuls candidats retenus pour la phase finale du processus.
Quelle part de TAP est mise en vente ?
L’État portugais a relancé en juillet 2025 la cession d’une participation de 44,9 % du capital. Air France-KLM a indiqué viser une part comprise entre 44,9 % et 49,9 %, tandis que Lufthansa n’a pas communiqué le niveau visé.
Quand la décision sera-t-elle connue ?
Le choix relève du gouvernement portugais, qui pilote l’opération via son agence de participations Parpública. La décision finale est attendue autour du début du mois de septembre 2026.
Pourquoi TAP intéresse-t-elle les grands groupes européens ?
TAP est l’un des derniers transporteurs européens de taille moyenne encore indépendant d’un grand groupe, et son hub de Lisbonne constitue une porte d’entrée privilégiée vers le Brésil et l’Afrique lusophone.
Quel montant proposent les deux candidats ?
Les montants financiers des deux offres n’ont pas été rendus publics. Les deux groupes ont en revanche communiqué sur le contenu industriel de leur projet, qui pèsera dans la décision de Lisbonne.






