Rachat d’easyJet : Apollo coiffe Castlelake avec une offre de 5,7 milliards de livres

En moins d'une semaine, easyJet a changé de prétendant. La compagnie britannique à bas coûts soutient désormais l'offre de rachat du fonds américain Apollo, valorisée 5,7 milliards de livres, préférée à celle de Castlelake. Un revirement qui rapproche le transporteur d'une sortie de la Bourse de Londres.

Avion à bas coûts stationné à une passerelle d'aéroport, illustration du rachat d'easyJet

Rachat d’easyJet : Apollo surenchérit et coiffe Castlelake

La bataille pour le contrôle d’easyJet a connu un rebondissement spectaculaire. Vendredi, la compagnie à bas coûts basée à Luton a annoncé apporter son soutien de principe à l’offre en numéraire du fonds d’investissement américain Apollo Global Management, à hauteur de 7,15 livres par action. L’opération valorise le transporteur à environ 5,7 milliards de livres (6,6 milliards d’euros).

Le conseil d’administration a jugé cette proposition comme un « meilleur résultat » pour les actionnaires que celle de Castlelake, un autre fonds de capital-investissement américain, qui offrait 6,90 livres par action. Le revirement est d’autant plus frappant qu’easyJet n’avait recommandé l’offre de Castlelake que quelques jours plus tôt, avant de renoncer à la défendre. Le groupe avait pourtant, dès le mois de juin, d’abord rejeté une première approche de Castlelake avant que la surenchère ne s’installe.

Les marchés ont salué cette mise en concurrence : l’action easyJet a bondi d’environ 15 % vendredi, à près de 6,75 livres, son plus haut niveau depuis le début de 2022. Elle reste toutefois en deçà du prix offert par Apollo, signe que les investisseurs anticipent encore des obstacles.

Une prime de 81 % qui révèle la déroute boursière

L’offre d’Apollo représente une prime de 81 % par rapport au cours de clôture de 3,94 livres enregistré le 28 mai, dernier jour de cotation avant que l’intérêt de Castlelake ne soit rendu public. Cette valorisation en dit long sur l’ampleur de la chute qu’avait connue le titre.

En cause : le conflit entre les États-Unis et l’Iran, qui a fait flamber les prix du kérosène et bousculé les projets de voyage. Avant l’apparition des convoitises, l’action easyJet avait perdu plus d’un tiers de sa valeur.

Les turbulences se lisent dans les comptes. En mai, la compagnie a publié une perte nette ajustée de 377 millions de livres (442 millions d’euros) pour le semestre clos fin mars, en hausse de 27 % sur un an, alors même que son chiffre d’affaires progressait de 12 %, à 3,95 milliards de livres. Le directeur général Kenton Jarvis a averti que la seconde partie de l’exercice resterait plombée par la facture énergétique, tout en estimant le groupe « bien positionné ». À l’échelle mondiale, l’Association internationale du transport aérien (IATA) prévoit que les bénéfices des compagnies aériennes seront divisés par deux cette année.

Une prime de 81 % sur le cours de mai : la mesure exacte de la déroute qu’avait infligée à easyJet la flambée du kérosène.

Le verrou européen sur la propriété des compagnies aériennes

Au-delà du prix, les deux prétendants se heurtent à un même obstacle : le droit européen. Bruxelles impose que les compagnies opérant au sein de l’Union soient détenues majoritairement et effectivement contrôlées par des États membres ou des ressortissants européens répondant aux critères.

Pour s’y conformer, Castlelake avait prévu de s’associer à deux cadres irlandais de l’aviation, qui auraient pris une participation de contrôle via une structure établie dans l’Union. Apollo, de son côté, assure qu’il prendra « toutes les mesures nécessaires » pour décrocher le feu vert des autorités de concurrence et les autorisations liées au règlement européen sur les subventions étrangères.

Le fonds américain a par ailleurs promis de conserver la marque easyJet en prolongeant la licence existante avec easyGroup, le véhicule de l’entrepreneur Sir Stelios Haji-Ioannou. Avec sa famille, ce dernier détient environ 15 % de la compagnie et perçoit une redevance sur son chiffre d’affaires : son ralliement pourrait s’avérer décisif, alors qu’aucune offre n’est encore ferme.

Rachat d’easyJet : les prochaines échéances

Le calendrier fixé par les règles britanniques sur les offres publiques va départager les prétendants dans les prochaines semaines. Voici les principaux paramètres de l’opération.

Élément Détail
Offre Apollo 7,15 £/action — environ 5,7 Mds£ (6,6 Mds€)
Offre Castlelake 6,90 £/action
Prime Apollo vs 28 mai +81 % (cours de 3,94 £)
Réaction du titre +15 % vendredi, à ~6,75 £
Décision de Castlelake au plus tard le 3 août 2026
Décision d’Apollo au plus tard le 7 août 2026
En cas d’accord retrait de la Bourse de Londres

Si l’opération aboutit, easyJet quitterait la Bourse de Londres, rejoignant la vague de sociétés britanniques passées cette année sous pavillon de capitaux étrangers.

L’essentiel à retenir

easyJet soutient désormais l’offre de rachat d’Apollo à 7,15 livres par action, soit environ 5,7 milliards de livres, préférée à celle de Castlelake (6,90 livres). L’offre affiche une prime de 81 % sur le cours de fin mai, reflet de la chute provoquée par la flambée du kérosène. Les deux fonds ont jusqu’aux 3 et 7 août 2026 pour se prononcer ; un rachat entraînerait la sortie de la compagnie de la Bourse de Londres.

 

FAQ — Rachat d’easyJet par Apollo

Combien vaut l’offre d’Apollo sur easyJet ?

Apollo Global Management propose 7,15 livres par action en numéraire, ce qui valorise easyJet à environ 5,7 milliards de livres, soit 6,6 milliards d’euros.

Pourquoi easyJet a-t-elle préféré Apollo à Castlelake ?

Le conseil d’administration a jugé l’offre d’Apollo (7,15 £/action) plus avantageuse pour les actionnaires que celle de Castlelake (6,90 £/action), qu’il avait pourtant recommandée quelques jours plus tôt.

Qu’est-ce qui pourrait bloquer le rachat d’easyJet ?

Le droit européen impose qu’une compagnie opérant dans l’UE soit majoritairement détenue et contrôlée par des ressortissants européens. Les repreneurs américains doivent trouver un montage conforme et obtenir les feux verts réglementaires.

easyJet va-t-elle quitter la Bourse de Londres ?

Si l’une des offres aboutit, easyJet serait retirée de la cote londonienne. Aucune offre n’est encore ferme : Castlelake a jusqu’au 3 août 2026 et Apollo jusqu’au 7 août 2026 pour se prononcer.