Lufthansa CityLine ferme ses portes : une décision que l’été 2024 laissait déjà prévoir
La filiale régionale Lufthansa CityLine cesse définitivement ses opérations le 18 avril 2026. La nouvelle, annoncée en urgence par le groupe Lufthansa, n’est pas totalement une surprise : depuis l’été 2024, la direction et les syndicats négociaient un plan social pour accompagner une dissolution déjà programmée en fin d’année. La décision de précipiter cette fermeture à la mi-avril 2026 — avant la saison estivale — est en revanche brutale, tant pour les employés que pour les passagers concernés.
À compter du 18 avril, les 27 appareils CRJ (Canadair Regional Jet) de la compagnie sont immobilisés définitivement au sol. Ces avions régionaux, arrivés en fin de vie technique, affichaient des coûts d’exploitation particulièrement élevés, ce qui rendait leur maintien en service de plus en plus difficile à justifier dans un contexte de hausse généralisée des charges.
Kérosène et grèves : la conjonction fatale pour Lufthansa CityLine
Deux facteurs ont précipité la fermeture de Lufthansa CityLine. Le premier est la flambée du prix du kérosène. Si le groupe Lufthansa couvre 80 % de ses besoins en carburant grâce à des mécanismes de couverture financière, les 20 % restants sont exposés aux cours du marché — et leur coût pèse lourdement sur le bilan d’une filiale déjà déficitaire. La hausse du kérosène frappe l’ensemble de l’aviation européenne, mais elle touche particulièrement les opérateurs régionaux dont les marges sont structurellement plus minces.
Le second facteur est social : les équipages de Lufthansa ont mené cinq grèves en 2026, dont la plus récente s’est tenue cette semaine même — au moment où le groupe célébrait à Francfort le centenaire de son prédécesseur, Deutsche Luft Hansa. Ces conflits sociaux récurrents ont engendré des charges supplémentaires et perturbé l’exploitation de CityLine de manière répétée depuis le début de l’année.
Le plan d’accélération de la mise en œuvre des mesures relatives à la flotte et aux capacités est inévitable face à la forte hausse du prix du kérosène et à l’instabilité géopolitique. L’objectif est de recentrer nos activités court et moyen-courriers et de les rendre plus compétitives.
— Till Streichert, directeur financier du groupe Lufthansa
City Airlines prend le relais, mais de manière partielle seulement
La disparition de CityLine ne signifie pas l’abandon total des vols régionaux pour Lufthansa. Une partie des liaisons précédemment opérées par CityLine sera reprise par Lufthansa City Airlines, la compagnie fondée en juin 2023 et opérationnelle depuis l’été 2024. City Airlines a été conçue dès le départ pour offrir des coûts d’exploitation inférieurs à ceux de CityLine, avec une flotte plus récente et un modèle social distinct.
Toutefois, le transfert de routes n’est que partiel. Certaines liaisons régionales desservies par CityLine ne trouveront pas de successeur immédiat au sein du groupe, ce qui pourrait affecter la connectivité de plusieurs destinations en Europe centrale et en Allemagne dans les prochaines semaines.
Un plan de restructuration plus large pour l’ensemble du groupe Lufthansa
La fermeture de CityLine s’inscrit dans un mouvement plus large de rationalisation de la flotte Lufthansa. À la fin de la saison estivale 2026, le groupe procédera également au retrait de ses quatre derniers Airbus A340-600 et de ses deux derniers Boeing 747-400. L’emblématique Jumbo Jet quittera définitivement la flotte Lufthansa en 2027, mettant fin à des décennies de service long-courrier.
Sur le plan humain, Lufthansa annonce la suppression de 4 000 postes administratifs au sein du groupe d’ici 2030. Le directeur financier Till Streichert a insisté sur la nécessité de préserver un maximum d’emplois au sein de l’ensemble du groupe Lufthansa, malgré l’urgence des coupes à opérer. Des négociations sont en cours avec les organisations syndicales pour définir les modalités de reconversion ou de transfert des personnels de CityLine.
La rapidité avec laquelle cette fermeture a été exécutée illustre la pression croissante que subissent les compagnies aériennes européennes sous l’effet conjugué de la hausse des coûts énergétiques et des tensions sociales persistantes dans le secteur.
Questions fréquentes sur la fermeture de Lufthansa CityLine
Pourquoi Lufthansa ferme-t-elle CityLine ?
Lufthansa CityLine ferme en raison de la hausse du prix du kérosène — dont les 20 % non couverts par des instruments financiers pèsent sur le bilan — et de cinq grèves des équipages survenues en 2026. Les CRJ de la flotte CityLine sont par ailleurs en fin de vie technique, avec des coûts d’exploitation élevés qui rendaient l’opération structurellement déficitaire.
Quand Lufthansa CityLine a-t-elle arrêté ses vols ?
Lufthansa CityLine a cessé définitivement ses opérations le 18 avril 2026. Les 27 appareils CRJ de la flotte ont été immobilisés au sol à cette date, dans le cadre d’un plan d’accélération annoncé par la direction du groupe Lufthansa.
Les vols de CityLine seront-ils repris par une autre compagnie ?
Une partie des vols sera reprise par Lufthansa City Airlines, une filiale créée en 2023 et opérationnelle depuis l’été 2024. Certaines liaisons régionales ne seront toutefois pas maintenues, ce qui pourrait affecter la connectivité de plusieurs destinations en Europe centrale.
