Les taux directeurs de la BCE : où en sommes-nous ?
Depuis juin 2025, la Banque centrale européenne n’a pas bougé. Après plusieurs années de hausses successives pour combattre l’inflation post-pandémique, puis une série de baisses qui ont ramené le taux de dépôt de 4 % à 2 %, l’institution de Francfort a opté pour la stabilité. Aujourd’hui, le taux de refinancement est à 2,15 %, le taux de dépôt à 2,00 % et le taux de prêt marginal à 2,40 %.
Cette stabilité reflète une conviction : la politique monétaire est désormais à un niveau « approprié » pour ramener l’inflation vers l’objectif de 2 % sans étouffer la reprise économique. La cinquième réunion de statu quo consécutive est attendue les 18 et 19 mars.
Inflation en zone euro en février 2026 : la surprise d’une légère remontée
Les estimations préliminaires d’Eurostat publiées début mars ont quelque peu surpris les économistes. L’inflation en zone euro a atteint 1,9 % en glissement annuel en février 2026, contre 1,7 % en janvier et un consensus de 1,7 %.
| Composante | Février 2026 | Janvier 2026 |
|---|---|---|
| Inflation totale | 1,9 % | 1,7 % |
| Inflation sous-jacente | 2,3 % | 2,2 % |
| Services | 3,4 % | 3,2 % |
| Alimentation | 2,6 % | 2,6 % |
| Énergie | -3,2 % | -1,9 % |
Si l’énergie reste en territoire déflationniste, la persistance de l’inflation dans les services à 3,4 % préoccupe davantage. La composante sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l’énergie et de l’alimentation, s’établit à 2,3 % — au-dessus de la cible. C’est précisément ce que la BCE surveille en priorité pour calibrer sa politique monétaire.
BCE taux directeur : pourquoi le marché table sur l’immobilisme le 19 mars
Le statu quo lors de la réunion du 19 mars 2026 est désormais quasiment acté par les marchés. Les raisons sont multiples. D’abord, l’inflation totale reste sous la cible de 2 %, ce qui écarte tout resserrement monétaire immédiat. Ensuite, la croissance reste modeste : BNP Paribas prévoit +1,6 % pour la zone euro en 2026, après +1,5 % en 2025.
La probabilité d’une baisse le 19 mars est quasi nulle. Morgan Stanley, qui avait prévu deux baisses pour juin et septembre, a abandonné ces scénarios début mars. La banque américaine ne voit plus de réduction possible avant 2027, compte tenu du regain inflationniste attendu.
À neuf jours de la réunion, les taux futures indiquent une probabilité de statu quo supérieure à 85 %, le marché intégrant 20 à 30 % de chances d’une hausse d’ici la fin de l’année.
Un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance, mais 2026 n’est pas 2022.
— François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France
La guerre en Iran rebat les cartes des anticipations
Le principal facteur de surprise vient des marchés de l’énergie. Les frappes conjointes menées fin février 2026 par les États-Unis et Israël sur l’Iran ont provoqué une envolée du Brent de plus de 8 %, à plus de 84 dollars le baril, tandis que le gaz européen s’est envolé de près de 31 % sur une seule séance. Sur la semaine, la hausse du gaz dépasse 75 %.
Ce choc d’offre énergétique ne s’est pas encore répercuté dans les chiffres d’inflation de février, qui portent sur une période antérieure. La BCE disposera de ses propres projections macroéconomiques actualisées lors des 18 et 19 mars — un exercice trimestriel qui alimentera directement la décision du Conseil des gouverneurs.
Si les prix de l’énergie restent élevés, l’inflation totale pourrait repasser durablement au-dessus de 2 % dès le mois d’avril. Dans ce scénario, comme l’analyse déjà EBN pour les matières premières, le risque ne serait plus une baisse des taux mais bien une hausse.
Pour le gouverneur Villeroy de Galhau, la situation diffère structurellement de 2022. La zone euro est mieux préparée : les contrats de gaz sont moins exposés aux prix spot, les entreprises ont diversifié leurs approvisionnements et les réserves sont bien remplies. La BCE dispose donc de marges de manœuvre que le simple retour de l’inflation au-dessus de 2 % ne suffirait pas, seul, à remettre en cause.
Questions fréquentes sur les taux directeurs de la BCE
La Banque centrale européenne réunit son Conseil des gouverneurs les 18 et 19 mars 2026. Les marchés s’attendent à un statu quo sur les trois taux directeurs, avec le taux de dépôt maintenu à 2,00 %. L’inflation en zone euro est remontée à 1,9 % en février, portée par les services et l’alimentation. La guerre en Iran, qui a fait flamber le Brent de plus de 8 %, introduit un risque de hausse que les marchés estiment à 20 à 30 % d’ici fin 2026. Une baisse de taux est reportée à 2027 au plus tôt selon Morgan Stanley.
Quel est le taux directeur de la BCE en mars 2026 ?
En mars 2026, le taux de dépôt de la BCE est à 2,00 %, le taux de refinancement à 2,15 % et le taux de prêt marginal à 2,40 %. Ces niveaux sont inchangés depuis juin 2025.
La BCE va-t-elle baisser ses taux en 2026 ?
Selon la majorité des économistes et des marchés, une baisse de taux en 2026 est peu probable. Morgan Stanley a reporté ses prévisions de baisses à 2027 en raison du regain inflationniste lié à la crise énergétique au Moyen-Orient.
Quand a lieu la prochaine réunion de politique monétaire de la BCE ?
Le prochain Conseil des gouverneurs chargé de décider de la politique monétaire se tient les 18 et 19 mars 2026 à Francfort.
Pourquoi la BCE ne baisse-t-elle pas ses taux malgré une inflation sous 2 % ?
L’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) reste à 2,3 %, et les services progressent à 3,4 %. Parallèlement, la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre en Iran crée un risque de remontée de l’inflation dans les prochains mois. La BCE préfère donc attendre des données plus claires avant d’agir.



