De « Liberation Day » à l’accord à 15 %
Le 2 avril 2025, l’administration Trump annonçait des droits de douane de 20 % sur l’ensemble des importations européennes aux États-Unis, dans le cadre d’une vague de mesures protectionnistes. L’onde de choc sur les marchés financiers et la riposte de Bruxelles ont contraint Washington à ouvrir des négociations.
À l’été 2025, un accord provisoire abaissait le taux général à 15 % sur la majorité des produits. L’acier et l’aluminium restaient en dehors de cet arrangement, maintenus à 50 %. Un répit temporaire pour les exportateurs européens, notamment dans l’automobile et les machines industrielles.
La Cour suprême invalide les tarifs IEEPA
Fin février 2026, la Cour suprême des États-Unis invalidait les droits de douane reposant sur l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), estimant que l’exécutif avait outrepassé ses prérogatives : en matière commerciale, c’est le Congrès qui détient constitutionnellement le pouvoir de fixer les tarifs.
La décision a été saluée par les entreprises européennes exportatrices — mais l’euphorie a été de courte durée.
Réimposition immédiate via le Trade Act
Dès le 24 février 2026, l’administration activait une autre base légale : le Trade Act de 1974. Les tarifs de 15 % sur les importations européennes ont été réimposés pour une période de 150 jours. L’acier et l’aluminium restent à 50 %.
La Commission européenne avait anticipé la manœuvre : dès le 22 février, elle annonçait des contre-mesures ciblées visant plusieurs catégories de produits américains. Le lendemain, le chancelier allemand Friedrich Merz appelait les États membres à coordonner leur réponse plutôt que de se laisser tenter par des arrangements bilatéraux avec Washington. L’Espagne a publiquement rejeté les tentatives de la Maison-Blanche de négocier des exemptions en échange de concessions unilatérales, début mars 2026.
Impact économique : secteurs et chiffres
En 2025, les droits de douane américains ont généré environ 85 milliards de dollars de recettes pour le Trésor fédéral. Pour l’Union européenne, les secteurs les plus exposés restent l’automobile, les équipements industriels et certains produits agroalimentaires haut de gamme.
| Catégorie de produits | Taux applicable (depuis le 24/02/2026) |
|---|---|
| Produits industriels généraux | 15 % |
| Automobile et pièces détachées | 15 % |
| Agroalimentaire haut de gamme | 15 % |
| Acier | 50 % |
| Aluminium | 50 % |
La fenêtre de 150 jours prévue par le Trade Act laisse théoriquement la place à une négociation jusqu’à l’été 2026. La Commission européenne a indiqué travailler à un accord commercial structurel, susceptible d’inclure des engagements sur les achats de GNL américain et de matériels de défense.
Un rapport de force qui dure
Depuis son retour à la Maison-Blanche début 2025, Donald Trump utilise les tarifs douaniers comme levier de négociation autant que comme instrument de politique industrielle. Pour l’Union européenne, l’enjeu est double : défendre ses exportateurs tout en préservant une croissance économique déjà sous pression.
L’invalidation par la Cour suprême a mis en lumière les limites légales du pouvoir exécutif — mais elle a aussi démontré la capacité de l’administration à trouver rapidement d’autres bases juridiques. Les entreprises européennes exportatrices naviguent dans une incertitude qui, selon les économistes, pèse sur les décisions d’investissement de part et d’autre de l’Atlantique.
Après l’annulation par la Cour suprême américaine des droits de douane fondés sur l’IEEPA, Donald Trump a immédiatement réimposé des tarifs de 15 % sur les importations européennes via le Trade Act de 1974, pour une durée de 150 jours. L’acier et l’aluminium restent taxés à 50 %. Bruxelles a annoncé des contre-mesures le 22 février 2026, tandis que Berlin et Madrid appellent à une réponse européenne coordonnée.
FAQ — Tarifs douaniers Trump et Union européenne
Quel est le taux de droits de douane américain sur les produits européens en mars 2026 ?
Depuis le 24 février 2026, les États-Unis appliquent un taux général de 15 % sur les importations européennes, réimposé via le Trade Act de 1974. L’acier et l’aluminium restent taxés à 50 %.
Pourquoi la Cour suprême américaine a-t-elle annulé les tarifs douaniers ?
La Cour suprême a jugé que les droits de douane fondés sur l’IEEPA outrepassaient les prérogatives présidentielles : en droit américain, le pouvoir de fixer les tarifs commerciaux appartient constitutionnellement au Congrès, non à l’exécutif.
Quelle est la réponse de l’Union européenne ?
La Commission européenne a annoncé des contre-mesures ciblées le 22 février 2026. En parallèle, Bruxelles négocie un accord commercial élargi qui pourrait inclure des achats de GNL américain en échange d’une réduction des tarifs. L’Allemagne et l’Espagne plaident pour une réponse coordonnée à l’échelle européenne.
Quels sont les secteurs européens les plus touchés par ces tarifs ?
Les secteurs les plus exposés sont l’automobile, les machines et équipements industriels, et certains produits agroalimentaires. Les filières acier et aluminium subissent le taux le plus élevé (50 %), inchangé depuis 2025.



