Rachat SFR Bouygues : une offre à 17 milliards rejetée, des négociations à 20 milliards en cours
En octobre 2025, les trois autres grands opérateurs de téléphonie mobile français ont annoncé vouloir racheter la plupart des actifs de SFR pour 17 milliards d’euros. Bouygues Telecom, Free et Orange formaient ainsi un consortium inédit pour se partager réseau, clientèle et fréquences d’un concurrent en difficulté financière.
Cette offre initiale a depuis été rejetée par Altice, la maison mère de SFR. Selon des informations de sources proches du dossier, les négociations se poursuivent depuis janvier 2026 sur une base revue à la hausse, autour de 20 milliards d’euros, sans qu’un accord ferme n’ait été conclu à ce jour. Une offre formalisée pourrait être déposée fin mars 2026 pour examen par l’Autorité de la concurrence.
La CFDT tire la sonnette d’alarme sur les emplois chez SFR
Pendant que les financiers négocient les montants, les syndicats scrutent l’impact social. La CFDT a été la première à saisir publiquement l’enjeu emploi de l’opération. Selon Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT à SFR, «8 000 personnes» pourraient perdre leur emploi si rien n’est fait. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a demandé l’ouverture d’une «négociation tripartite» entre l’État, les opérateurs et les organisations syndicales, exigeant qu’il soit «hors de question que cette opération soit synonyme de casse sociale».
La réponse de Bouygues, formulée par son directeur général Olivier Roussat sur France Inter, tient en quelques mots : le défi de l’opération n’est pas de «gérer d’éventuels départs de collaborateurs», c’est de «garder les collaborateurs». Il assure que les équipes de SFR devront être maintenues pour que l’opérateur continue à fonctionner «pendant pas mal d’années» après le rachat.
«Le paradoxe que nous avons n’est pas de savoir comment traiter d’éventuels départs de collaborateurs, c’est comment garder les collaborateurs.»
— Olivier Roussat, directeur général, Bouygues
Un processus de cinq ans et la dette d’Altice en toile de fond
L’opération ne se comprend pas sans son contexte financier. SFR appartient à Altice France, le groupe de télécommunications du milliardaire Patrick Drahi, plombé par une dette considérable accumulée au fil de ses acquisitions successives. La cession des actifs de SFR s’inscrit dans une logique de désendettement forcé.
Même si un accord venait à être conclu, le calendrier sera long. Selon Olivier Roussat, le processus se décompose en trois phases : un accord avec le vendeur d’abord, puis un examen par les autorités de la concurrence d’environ 12 à 18 mois, suivi d’une phase de découpage opérationnel d’environ 30 mois pour que chaque opérateur récupère «le morceau qu’il souhaite acheter». Au total, «le processus se termine dans cinq ans».
Un test grandeur nature pour la régulation des télécoms en Europe
Au-delà du cas français, cette transaction pourrait faire jurisprudence à l’échelle européenne. La Commission européenne sera confrontée à une question délicate : autoriser une consolidation qui ramène de quatre à trois le nombre d’opérateurs en France — au risque de réduire la concurrence sur les prix — ou bloquer une restructuration dans un secteur qui investit massivement dans la 5G.
D’autres marchés européens ont déjà connu ce type de passage à trois opérateurs — l’Italie, l’Autriche, l’Irlande — non sans tensions réglementaires. La taille et la complexité du dossier français en font un observatoire de référence pour toute la filière télécoms du continent.
Un consortium formé par Bouygues Telecom, Free et Orange veut racheter la majorité des actifs de SFR. L’offre initiale de 17 milliards d’euros (octobre 2025) a été rejetée par Altice ; les négociations en cours visent ~20 milliards d’euros. La CFDT alerte sur un risque de 8 000 suppressions d’emplois et réclame une négociation tripartite État-opérateurs-syndicats. Le processus complet — accord, examen de la concurrence, découpage — s’étend sur environ cinq ans. SFR appartient à Altice France, dont Patrick Drahi est l’actionnaire majoritaire.
Questions fréquentes sur le rachat de SFR
Qui veut racheter SFR et pour quel montant ?
Un consortium composé de Bouygues Telecom, Free et Orange souhaite acquérir la majorité des actifs de SFR. L’offre initiale de 17 milliards d’euros (octobre 2025) a été rejetée par Altice ; les négociations visent désormais environ 20 milliards d’euros.
Combien d’emplois sont menacés selon la CFDT ?
Selon Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT à SFR, 8 000 personnes pourraient perdre leur emploi si aucune mesure n’est prise. La CFDT demande une négociation tripartite État-opérateurs-syndicats.
Combien de temps durera le processus de rachat de SFR ?
Selon le directeur général de Bouygues, le processus complet dure environ cinq ans : accord avec le vendeur, puis 12 à 18 mois d’examen par les autorités de la concurrence, puis environ 30 mois de découpage opérationnel.
Pourquoi SFR est-il en vente ?
SFR appartient à Altice France, le groupe de Patrick Drahi, qui doit restructurer une dette importante. La cession des actifs vise à dégager des ressources pour désendetter le groupe.



