LME aluminium : le conflit en Iran propulse les cours à leur plus haut niveau historique

Depuis les premières frappes sur les installations industrielles du Golfe persique, le marché mondial de l'aluminium s'est profondément déréglé. En quelques semaines, les cours ont bondi, les stocks ont fondu et les acheteurs européens peinent à s'approvisionner à des prix prévisibles.

Depuis les premières frappes sur les installations industrielles du Golfe persique, le marché mondial de l’aluminium s’est profondément déréglé. En quelques semaines, les cours ont bondi, les stocks ont fondu et les acheteurs européens peinent à s’approvisionner à des prix prévisibles.

LME aluminium : un indice des métaux propulsé à son plus haut niveau

L’indice du London Metal Exchange (LME), qui suit l’évolution de six métaux de base, a progressé de près de 12 % sur les quatre dernières semaines, terminant à son plus haut niveau historique. L’aluminium, qui représente avec le cuivre environ 75 % du panier de référence, est le principal moteur de cette flambée.

Sur le marché au comptant, les cours de l’aluminium ont atteint des niveaux proches de 3 600 à 3 670 dollars la tonne — des prix inédits depuis plusieurs années, qui reflètent une tension profonde sur l’offre mondiale depuis le début du conflit avec l’Iran.

Le marché de l’aluminium se dirige vers l’un des déséquilibres les plus marqués de ces dernières années au regard de la taille globale du marché.

Frappes dans le Golfe : la production d’aluminium perturbée à la source

Le conflit au Moyen-Orient a directement affecté les capacités de production d’aluminium de la région. Des frappes ont visé des sites industriels dans les pays du Golfe, causant des arrêts de production dans plusieurs fonderies importantes. La fermeture partielle du détroit d’Ormuz a encore aggravé la situation, en bloquant les flux de matières premières et les exports d’aluminium primaire.

La région représente environ 9 à 10 % de la production mondiale d’aluminium. Des perturbations durables sur cette zone créent mécaniquement des tensions sur l’offre globale, d’autant que les alternatives d’approvisionnement restent limitées. Les capacités européennes et nord-américaines ne peuvent compenser qu’une fraction du manque à produire.

Les acheteurs industriels en Europe, déjà soumis à des restrictions commerciales sur certains fournisseurs, se livrent désormais une concurrence accrue pour accéder aux volumes disponibles. Les primes sur le marché physique — l’écart entre le cours LME et le prix réel d’une transaction physique — ont fortement augmenté.

JPMorgan alerte sur un déficit d’offre record en 2026

Dans une note publiée mi-avril, JPMorgan Chase a tiré la sonnette d’alarme sur l’état du marché. La banque prévoit un déficit record de 1,9 million de tonnes pour l’ensemble de l’année 2026, potentiellement aggravé par des pertes de production au Moyen-Orient estimées à 2,4 millions de tonnes — un déséquilibre parmi les plus importants enregistrés en vingt-cinq ans sur ce marché.

Ces projections ont consolidé les anticipations de maintien des cours à des niveaux élevés dans les prochains mois. Même si une désescalade des hostilités intervenait rapidement, les effets physiques des perturbations — dégâts sur infrastructures, difficultés logistiques, reconstitution des stocks — mettraient plusieurs trimestres à se résorber.

Cuivre et métaux : un effet d’entraînement sur l’ensemble du LME

Le cuivre, deuxième composante majeure de l’indice, a également soutenu la progression du LME. La demande asiatique s’est intensifiée depuis les perturbations au détroit d’Ormuz, les industriels cherchant à sécuriser leurs approvisionnements. Les autres métaux de l’indice — zinc, plomb, nickel, étain — ont enregistré des hausses plus modestes, mais l’effet conjugué de l’aluminium et du cuivre a suffi à porter l’indice à son record.

Industriels européens en première ligne face à la hausse des coûts

Les secteurs les plus exposés sont l’automobile, le bâtiment et l’emballage, trois industries massivement utilisatrices d’aluminium. Les constructeurs européens, fragilisés par la transition électrique et la concurrence asiatique, font face à une nouvelle hausse de leurs coûts de production à un moment particulièrement délicat. Pour les fabricants d’emballages et les acteurs de la construction, la situation est similaire : les coûts montent tandis que la demande finale reste sous pression.

Les professionnels du secteur surveillent l’évolution de la situation au Moyen-Orient avec attention. Un apaisement rapide des hostilités pourrait atténuer une partie des pressions immédiates. Mais la tension structurelle sur l’offre d’aluminium laisse présager des coûts durablement élevés sur l’horizon 2026.

L’essentiel à retenir

L’indice LME des métaux industriels a atteint son plus haut niveau historique en avril 2026, porté par la flambée de l’aluminium liée au conflit au Moyen-Orient. Des perturbations de production dans le Golfe et le blocus partiel d’Ormuz ont asphyxié l’offre mondiale. JPMorgan prévoit un déficit record de 1,9 million de tonnes en 2026, le plus important en vingt-cinq ans. Les industriels européens de l’automobile, du bâtiment et de l’emballage sont en première ligne face à la hausse des coûts.

 

Questions fréquentes sur la crise de l’aluminium en 2026

Pourquoi le prix de l’aluminium augmente-t-il en 2026 ?

La hausse du prix de l’aluminium en 2026 est principalement liée au conflit au Moyen-Orient, qui a provoqué des arrêts de production dans des fonderies de la région et le blocus partiel du détroit d’Ormuz. Ces perturbations ont réduit l’offre mondiale de plusieurs millions de tonnes, selon les estimations de JPMorgan Chase.

Qu’est-ce que le LME aluminium ?

Le LME (London Metal Exchange) est la principale bourse mondiale des métaux non ferreux. Le cours de l’aluminium coté au LME sert de référence internationale pour les transactions physiques et les contrats à terme sur ce métal utilisé dans l’automobile, le bâtiment et l’emballage.

Quels secteurs industriels européens sont les plus exposés à la hausse du prix de l’aluminium ?

L’automobile, le bâtiment et l’emballage sont les trois secteurs les plus touchés. Ces industries sont de grandes consommatrices d’aluminium, un métal léger et résistant indispensable à leur production. La hausse des cours se répercute directement sur leurs coûts de fabrication.