Le jeu de chaises musicales qui décidera du prochain patron de la monnaie unique vient de franchir une étape. Paris aurait choisi son camp — et fixé son prix. Derrière le nom du Néerlandais Klaas Knot se joue en réalité une seconde nomination, moins visible mais tout aussi décisive pour l’orientation de la politique monétaire européenne.
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Klaas Knot, favori de la course à la présidence de la BCE
Selon une information exclusive de l’agence Reuters publiée le 15 septembre 2026, la France serait prête à soutenir Klaas Knot pour succéder à Christine Lagarde à la présidence de la Banque centrale européenne. L’information, attribuée à des sources proches des discussions, a été reprise le même jour par Les Échos.
Le profil du Néerlandais explique sa position de favori. Klaas Knot a présidé De Nederlandsche Bank, la banque centrale néerlandaise, du 1er juillet 2011 au 30 juin 2025, soit quatorze années au conseil des gouverneurs de la BCE. Olaf Sleijpen lui a succédé à Amsterdam le 1er juillet 2025. Peu de candidats peuvent aligner une telle ancienneté dans l’institution de Francfort.
Sur le fond, Knot est classé du côté de l’orthodoxie monétaire : il s’est constamment montré attentif à la maîtrise de l’inflation et à la discipline budgétaire des États membres. Ses partisans lui prêtent toutefois un pragmatisme qui le distingue des faucons les plus rigides — une capacité à réviser sa position quand la conjoncture bascule. C’est précisément ce double visage qui en fait un candidat de compromis acceptable pour des capitales aux intérêts opposés.
Le prix demandé par Paris : le poste de chef économiste
Le soutien français n’est pas gratuit. Il serait assorti d’une condition explicite : que le poste d’économiste en chef de la BCE revienne à un candidat français. La fonction n’a rien d’honorifique. Le chef économiste, membre du directoire, présente au conseil des gouverneurs l’analyse sur laquelle se fonde chaque décision de taux et pilote la direction générale Économie de l’institution. C’est le poste qui façonne le cadre du débat avant même que le vote n’ait lieu.
Ce siège est aujourd’hui occupé par l’Irlandais Philip R. Lane, dont le mandat court du 1er juin 2019 au 31 mai 2027. Il se libère donc cinq mois avant la présidence — ce qui explique que les deux nominations soient négociées ensemble plutôt que séparément.
La France n’a plus de représentant au directoire de la BCE depuis la fin du mandat de Benoît Cœuré. Pour Paris, récupérer la fonction d’économiste en chef vaudrait davantage qu’une présidence obtenue de haute lutte puis exercée sous contrainte de collégialité.
L’obstacle néerlandais du directoire
Une difficulté institutionnelle se dresse sur la route de Klaas Knot. Les Pays-Bas disposent déjà d’un siège au directoire : Frank Elderson y siège depuis le 15 décembre 2020, pour un mandat de huit ans non renouvelable qui s’achève le 14 décembre 2028.
Aucun traité n’interdit formellement à un État membre d’occuper simultanément la présidence et un autre siège du directoire : l’article 283 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne se borne à fixer la composition — un président, un vice-président et quatre autres membres — et la durée des mandats. Mais un usage bien établi veut qu’un membre du directoire démissionne lorsqu’un compatriote accède à la présidence, afin d’éviter la surreprésentation d’un pays. Reuters qualifie cette pratique de coutumière.
Concrètement, une nomination de Knot à la présidence supposerait donc le départ anticipé de Frank Elderson, plus de deux ans avant le terme de son mandat — et ouvrirait mécaniquement un troisième siège à répartir. La négociation en cours ne porte pas sur un poste, mais sur un ensemble.
Un calendrier qui court jusqu’au 31 octobre 2027
Christine Lagarde a été nommée par le Conseil européen pour un mandat non renouvelable de huit ans, entamé le 1er novembre 2019. Son mandat s’achève donc le 31 octobre 2027. C’est la seule date qui fasse foi.
Des spéculations de marché évoquent depuis plusieurs semaines l’hypothèse d’un départ anticipé de la présidente, sur fond de tensions sur les marchés obligataires de la zone euro. Aucune de ces informations n’a été confirmée par la BCE ni par l’intéressée, et la date légale de fin de mandat reste inchangée. Ces rumeurs expliquent néanmoins pourquoi le débat sur la succession s’est ouvert si tôt : les chancelleries préfèrent avoir un accord prêt plutôt que d’improviser.
La nomination relève du Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, sur recommandation du Conseil et après consultation du Parlement européen et du conseil des gouverneurs de la BCE. Un processus qui laisse une large place aux arbitrages politiques entre capitales — et rend crédible le type de marchandage décrit par Reuters.
Les autres prétendants à la succession
Klaas Knot n’est pas seul en lice. L’Espagnol Pablo Hernández de Cos, ancien gouverneur de la Banque d’Espagne devenu directeur général de la Banque des règlements internationaux, a été officiellement présenté par Madrid en juillet 2026 et fait figure de principal concurrent. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, et la membre du directoire Isabel Schnabel sont également cités côté allemand.
| Candidat | Pays | Fonction de référence |
|---|---|---|
| Klaas Knot | Pays-Bas | Président de De Nederlandsche Bank (2011-2025) |
| Pablo Hernández de Cos | Espagne | Directeur général de la Banque des règlements internationaux |
| Joachim Nagel | Allemagne | Président de la Bundesbank |
| Isabel Schnabel | Allemagne | Membre du directoire de la BCE |
| François Villeroy de Galhau | France | Gouverneur de la Banque de France |
| Fabio Panetta | Italie | Gouverneur de la Banque d’Italie |
Deux noms français et italien complètent la liste : François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, et Fabio Panetta, gouverneur de la Banque d’Italie et ancien membre du directoire. Le fait que Paris se dise prêt à soutenir un Néerlandais suggère précisément que la candidature française à la présidence n’est plus l’option privilégiée par l’Élysée.
L’enjeu dépasse les personnes. Le prochain président héritera d’une zone euro où l’inflation reste au-dessus de la cible dans les principales économies et où les 6 300 milliards d’euros de dépôts faiblement rémunérés alimentent un débat récurrent sur l’efficacité de la transmission monétaire.
Selon Reuters, la France soutiendrait Klaas Knot à la présidence de la BCE à condition que le poste d’économiste en chef revienne à un Français. Ce siège, occupé par l’Irlandais Philip Lane, se libère le 31 mai 2027, cinq mois avant la fin du mandat de Christine Lagarde, fixée au 31 octobre 2027. Une nomination de Knot supposerait le départ anticipé du Néerlandais Frank Elderson du directoire, selon un usage non écrit. Principal concurrent : l’Espagnol Pablo Hernández de Cos, candidat officiel de Madrid depuis juillet 2026.
Questions fréquentes sur la succession à la BCE
Qui est Klaas Knot ?
Économiste néerlandais, il a présidé De Nederlandsche Bank, la banque centrale des Pays-Bas, du 1er juillet 2011 au 30 juin 2025, siégeant à ce titre au conseil des gouverneurs de la BCE pendant quatorze ans. Olaf Sleijpen lui a succédé.
Quand le mandat de Christine Lagarde prend-il fin ?
Le 31 octobre 2027. Elle a été nommée pour un mandat non renouvelable de huit ans, entamé le 1er novembre 2019.
Que demande la France en échange de son soutien ?
Selon Reuters, Paris conditionnerait son appui à Klaas Knot à l’attribution du poste d’économiste en chef de la BCE à un candidat français. Ce siège, aujourd’hui occupé par Philip Lane, se libère le 31 mai 2027.
Un pays peut-il occuper la présidence et un autre siège au directoire ?
Aucun texte ne l’interdit formellement. Mais un usage veut qu’un membre du directoire démissionne si un compatriote devient président. Les Pays-Bas disposent déjà d’un siège avec Frank Elderson, dont le mandat court jusqu’au 14 décembre 2028.






