Faillites d’entreprises en France : 61 459 dirigeants ont perdu leur emploi en 2025, un record

61 459 dirigeants ont cessé leur activité en France en 2025, un record absolu selon l'Observatoire GSC-Altares. Construction et commerce concentrent la moitié des liquidations, mais tous les autres secteurs s'aggravent.

Commerce fermé avec rideau baissé — faillites d'entreprises en France 2025

Faillites d’entreprises en France : un record accumulé depuis la fin du Covid

61 459 dirigeants d’entreprise ont perdu leur emploi en France en 2025 — c’est le chiffre que publie ce lundi l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, produit conjointement par la GSC (Garantie Sociale du Chef d’Entreprise) et le spécialiste de la donnée d’entreprise Altares. Un record absolu depuis la création de cet observatoire.

La progression affichée est modeste : +1 % par rapport à 2024. Mais ce chiffre masque trois années de hausse consécutive qui ont profondément érodé le tissu entrepreneurial français : +34 % en 2022, +33 % en 2023, +18 % en 2024. Ce que l’étude appelle pudiquement une «stabilisation» ressemble davantage à un plateau haut.

Pour Hervé Kermarrec, président de la GSC, la situation reste sérieuse. Le contexte économique est jugé «fortement dégradé», et de nombreux dirigeants «naviguent à vue». Derrière les chiffres, ce sont des milliers de TPE et PME qui disparaissent, emportant avec elles emplois salariés et dynamiques locales.

Construction et commerce, champions des faillites d’entreprises en 2025

Deux secteurs concentrent à eux seuls près de la moitié des liquidations judiciaires de dirigeants : la construction (25,2 %) et le commerce (21,3 %). Une double prédominance qui reflète l’exposition particulière de ces filières aux aléas de l’inflation, du crédit immobilier et de la consommation des ménages.

À nuancer toutefois : dans ces deux secteurs précisément, les procédures sont en repli — de 3 % dans la construction, de 1,8 % dans le commerce. C’est dans tous les autres secteurs que la tendance s’est alourdie, parfois fortement. Services, hôtellerie-restauration, transport, santé : l’ensemble de l’économie est touché, pas seulement les secteurs traditionnellement fragiles.

Secteur Part des liquidations 2025 Évolution vs 2024
Construction 25,2 % -3 %
Commerce 21,3 % -1,8 %
Ensemble des autres secteurs 53,5 % En hausse (variable)

Des dirigeants de plus en plus jeunes, de moins en moins protégés par l’ancienneté

L’une des tendances les plus frappantes de cette édition est le rajeunissement des dirigeants concernés. L’âge médian recule de 46,3 à 45,8 ans. Une statistique qui cache une réalité plus préoccupante : les jeunes entrepreneurs de moins de 26 ans sont de plus en plus représentés parmi les victimes des défaillances.

La tranche des 41-50 ans reste la plus exposée, représentant 28,4 % des suppressions d’emplois de dirigeants. Ce que souligne l’Observatoire est particulièrement révélateur : beaucoup d’entre eux étaient à la tête d’entreprises de plus de dix ans d’existence. L’ancienneté n’offre plus de protection face à l’instabilité économique actuelle.

À l’autre extrémité de la pyramide des âges, les entrepreneurs de plus de 50 ans ont mieux résisté : -4,6 % pour les 51-60 ans, et -8,2 % pour les plus de 60 ans. L’expérience — et sans doute les réserves financières qui l’accompagnent — continue de jouer un rôle protecteur.

«Les mentalités sur l’échec entrepreneurial évoluent lentement, pourtant le droit à la seconde chance constitue un enjeu essentiel.»

— Thierry Millon, directeur des études, Altares

La Banque de France alerte sur une réaccélération des défaillances en janvier 2026

Au-delà du bilan 2025, les indicateurs avancés donnent peu de raisons d’espérer une amélioration rapide. La Banque de France a recensé 68 961 redressements et liquidations sur les douze mois achevés fin janvier 2026. Le rythme d’augmentation avait semblé décélérer ces derniers mois — mais il est reparti à la hausse en janvier 2026, à +4,1 %.

Pour Thierry Millon, directeur des études chez Altares, cinq années d’instabilité économique successive — Covid, inflation, hausse des taux, ralentissement de la demande — ont «épuisé les ressources morales et financières de nombreux dirigeants». Le stock d’entreprises fragilisées accumulé depuis 2020 n’a pas encore achevé sa purge.

Dans ce contexte, les dispositifs de soutien aux chefs d’entreprise en difficulté — dont la GSC elle-même — sont appelés à monter en charge. La question de la seconde chance entrepreneuriale — droit à l’échec, délais de traitement, accompagnement post-liquidation — revient avec force dans le débat économique français.

L’essentiel à retenir

61 459 dirigeants ont dû cesser leur activité en France en 2025, selon l’Observatoire GSC-Altares — un record absolu. La hausse n’est que de +1 % par rapport à 2024, mais survient après trois années d’explosion (+34 %, +33 %, +18 %). La construction représente 25,2 % des liquidations judiciaires de dirigeants, le commerce 21,3 %. La Banque de France recense 68 961 redressements et liquidations sur les douze mois achevés fin janvier 2026, avec une réaccélération de +4,1 % en janvier.

 

Questions fréquentes sur les faillites d’entreprises en France

Combien de dirigeants ont perdu leur emploi en France en 2025 ?

Selon l’Observatoire GSC-Altares, 61 459 dirigeants ont cessé leur activité en France en 2025, soit un record absolu. Ce chiffre est en hausse de 1 % par rapport à 2024, après trois années de forte progression.

Quels secteurs sont les plus touchés par les liquidations judiciaires de dirigeants ?

La construction représente 25,2 % des liquidations judiciaires de dirigeants en 2025, le commerce 21,3 %. Ces deux secteurs sont en légère baisse, mais tous les autres secteurs enregistrent une hausse des défaillances.

Quel est le profil type du dirigeant concerné par une défaillance en 2025 ?

La tranche 41-50 ans est la plus représentée (28,4 % des suppressions d’emplois de dirigeants). Beaucoup étaient à la tête d’entreprises de plus de dix ans, ce qui montre que l’ancienneté ne protège plus dans le contexte économique actuel. L’âge médian est de 45,8 ans.

Qu’est-ce que la GSC (Garantie Sociale du Chef d’Entreprise) ?

La GSC est une assurance-chômage destinée aux chefs d’entreprise, administrée par les organisations patronales (Medef, CPME, U2P). Elle publie chaque année l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs en partenariat avec Altares.