Sommaire
- Un bilan 2025 en deux temps : solidité opérationnelle et choc Nissan
- Les résultats Renault 2025 en chiffres : chiffre d’affaires et marge
- Nissan : la dépréciation à 9,3 milliards qui fausse la lecture
- Le virage électrique : 14 % des ventes mondiales, des marges encore sous pression
- Perspectives 2026 : prudence affichée face aux incertitudes
Un bilan 2025 en deux temps : solidité opérationnelle et choc Nissan
La lecture des résultats annuels 2025 de Renault Group exige une distinction que le groupe lui-même souligne : d’un côté, une performance commerciale et opérationnelle en progression ; de l’autre, un résultat comptable plombé par un événement exceptionnel sans lien avec l’activité courante.
Avec 2 336 807 véhicules vendus en 2025 (+3,2 % au niveau mondial), dont une hausse de 5,9 % en Europe, Renault confirme son rebond commercial entamé en 2024 sous la houlette de Luca de Meo. Le groupe progresse sur tous ses marchés clés, porté notamment par la bonne tenue de Dacia — dont la Sandero reste le véhicule particulier le plus vendu en Europe — et par les premières livraisons en volume de la Renault 5 E-Tech Electric.
Les résultats Renault 2025 en chiffres : chiffre d’affaires et marge opérationnelle
Le chiffre d’affaires 2025 s’établit à 57,9 milliards d’euros, en hausse de 3 % en données publiées et de 4,5 % à taux de change constants. Il s’agit du quatrième exercice consécutif de croissance organique pour Renault, un signal que la transformation engagée depuis 2021 porte ses fruits sur le plan commercial.
| Indicateur | 2025 | Variation |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 57,9 Md€ | +3,0 % |
| Résultat opérationnel (ROG) | 3,63 Md€ | marge 6,3 % |
| Free cash-flow automobile | +1,5 Md€ | dans les objectifs |
| Position nette financière auto | +7,4 Md€ | record historique |
| Ventes mondiales | 2 337 000 véhicules | +3,2 % |
La marge opérationnelle de 6,3 % marque un recul par rapport aux 7,6 % de 2024. Renault explique cet écart par un effet prix/mix négatif de 733 millions d’euros — les constructeurs subissent de plein fouet la compétition sur les prix dans le segment électrique — mais aussi par des effets de change défavorables (−282 millions) et la déconsolidation partielle de l’activité motorisations thermiques via la filiale Horse (−279 millions).
Le free cash-flow automobile ressort à +1,5 milliard d’euros, dans la fourchette basse des objectifs annoncés, incluant 300 millions de dividendes versés par Mobilize. La position nette financière atteint un record historique de 7,4 milliards d’euros, témoignant de la solidité du bilan.
Nissan : la dépréciation à 9,3 milliards qui fausse la lecture
Le résultat net part du groupe s’établit à −10,9 milliards d’euros, un chiffre qui, sorti de son contexte, semblerait catastrophique. En réalité, il reflète avant tout une dépréciation comptable non cash de 9,3 milliards d’euros sur la valeur de la participation dans Nissan, à laquelle s’ajoute une contribution négative des associés de 2,3 milliards.
Hors impact Nissan, le résultat net ressort à +715 millions d’euros, positif pour le troisième exercice consécutif. Cette précision est essentielle : la dépréciation de Nissan ne traduit aucun décaissement effectif et ne remet pas en cause la trajectoire financière du groupe. Elle reflète la révision à la baisse des perspectives du constructeur japonais dans un marché mondial de l’automobile sous tension — comme l’illustre également la restructuration de Volkswagen, qui a annoncé 50 000 suppressions de postes en Allemagne.
Le virage électrique : 14 % des ventes mondiales, des marges encore sous pression
Renault est l’un des constructeurs européens les plus avancés dans la transition vers l’électrique. En 2025, les véhicules électriques représentent 14 % des ventes mondiales du groupe et 20 % de celles de la marque Renault seule. Un taux qui progresse mais qui pèse encore sur la rentabilité : les marges par véhicule électrique restent inférieures à celles des motorisations thermiques, dans un contexte de pression commerciale intense — notamment face aux imports chinois qui commencent à s’implanter en Europe.
Le succès de la Renault 5 E-Tech, saluée par la presse spécialisée et récompensée comme voiture de l’année 2025, constitue un atout commercial majeur. Les ventes hybrides ont progressé de 25 % au troisième trimestre, signe que la stratégie multi-technologie du groupe (électrique pur + hybride) répond à la demande des clients européens encore hésitants face au tout-électrique. On peut comparer cette trajectoire à celle de Stellantis, qui a accusé une perte record de 22,3 milliards d’euros en 2025, en partie à cause d’un réajustement brutal de sa stratégie électrique.
Perspectives 2026 : prudence affichée face aux incertitudes
Pour 2026, Renault Group vise une marge opérationnelle d’environ 5,5 % et un free cash-flow automobile d’environ 1 milliard d’euros (incluant 350 millions de dividendes attendus de Mobilize). Ces objectifs, en retrait par rapport à 2025, reflètent un environnement automobile incertain : hausse des coûts de production, déploiement électrique coûteux, et concurrence accrue des marques chinoises sur le segment des véhicules compacts.
À moyen terme, le groupe se donne pour objectif de maintenir une marge entre 5 % et 7 %, supérieure à sa moyenne historique de 3,9 % sur la période 2005-2025. Un seuil qui, s’il était atteint durablement, représenterait une rupture structurelle dans la profitabilité de Renault.
Renault Group a publié ses résultats 2025 le 19 février 2026 : le chiffre d’affaires atteint 57,9 milliards d’euros (+3 %), avec une marge opérationnelle de 6,3 %. La perte nette de 10,9 milliards d’euros résulte quasi-exclusivement d’une dépréciation non cash de 9,3 milliards liée à Nissan — hors cet effet, le résultat net ressort à +715 millions. Pour 2026, le groupe vise une marge d’environ 5,5 %, dans un contexte automobile sous pression.
FAQ — Résultats Renault 2025
Quel est le chiffre d’affaires de Renault en 2025 ?
Renault Group a réalisé un chiffre d’affaires de 57,9 milliards d’euros en 2025, en progression de 3 % par rapport à 2024 (+4,5 % à taux de change constants). C’est le quatrième exercice consécutif de croissance pour le groupe.
Pourquoi Renault affiche-t-il une perte nette de 10,9 milliards d’euros en 2025 ?
Cette perte résulte quasi-exclusivement d’une dépréciation comptable non cash de 9,3 milliards d’euros sur la valeur de la participation dans Nissan. Hors cet effet exceptionnel, le résultat net du groupe est positif (+715 millions d’euros). La dépréciation ne correspond à aucun décaissement.
Quels sont les objectifs de Renault pour 2026 ?
Le groupe vise une marge opérationnelle d’environ 5,5 % et un free cash-flow automobile d’environ 1 milliard d’euros en 2026. Ces objectifs sont prudents, dans un contexte de compétition accrue dans le segment électrique et d’incertitudes sur les marchés automobiles européens.






