Troisième recul consécutif pour le bénéfice du pneumaticien clermontois
Michelin a publié ses résultats annuels 2025 le 11 février 2026. Le tableau est difficile : le groupe clermontois enregistre son troisième recul consécutif du bénéfice net, après -1,3 % en 2023 et -4,7 % en 2024. Sur l’exercice écoulé, le bénéfice net ressort à 1,7 milliard d’euros, en baisse de 12 %.
Le chiffre d’affaires s’établit à 26 milliards d’euros, en recul de 4,4 %. Le résultat opérationnel des secteurs, indicateur de référence chez Michelin, chute de 14,7 % à 2,9 milliards d’euros, ramenant la marge opérationnelle de 12,4 % à 10,9 % à taux de change constants — le niveau le plus bas depuis plusieurs exercices.
| Indicateur | 2025 | Évolution |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 26 Mds€ | -4,4 % |
| Bénéfice net | 1,7 Mds€ | -12 % |
| Résultat opérationnel des secteurs | 2,9 Mds€ | -14,7 % |
| Marge opérationnelle | 10,9 % | vs 12,4 % en 2024 |
| Dividende | 1,38 €/action | Stable |
| Programme de rachat d’actions | 2 Mds€ | Nouveau programme |
Des volumes de pneus plombés par la première monte et la concurrence
Le principal facteur de recul est la chute des volumes de pneumatiques de 4,7 %, dont plus de 80 % est imputable au segment de la première monte — les pneus livrés directement aux constructeurs automobiles pour équiper les véhicules neufs. Le secteur des poids lourds et de l’agriculture en Amérique du Nord a été particulièrement touché par le ralentissement de la production industrielle et par une concurrence accrue de la part de fabricants à bas coûts.
« En 2025, plusieurs marchés de Michelin ont été fortement affectés par une concurrence exacerbée, par de nouvelles politiques douanières particulièrement instables et par un environnement réglementaire pénalisant, ce qui a pesé sur nos volumes. »
— Florent Menegaux, PDG de Michelin
Le directeur financier Yves Chapot a détaillé les difficultés rencontrées pour répercuter les hausses de coûts : « Au troisième trimestre, on avait cherché à répercuter ces surcoûts. Le marché ne l’avait pas accepté. On a dû pédaler en retrait pour réajuster notre compétitivité. »
L’effet tarifs douaniers américains et la pression du dollar
Michelin réalise environ un tiers de son chiffre d’affaires aux États-Unis. L’instauration — puis la fluctuation — des droits de douane américains en 2025 a créé un environnement d’incertitude majeur pour le groupe. L’impact total sur l’exercice est estimé à 230 millions d’euros. S’y ajoute un effet de change négatif de 200 millions d’euros, dont une bonne moitié est imputable à la dépréciation du dollar face à l’euro.
Pour 2026, Michelin anticipe une charge supplémentaire de 120 millions d’euros liée aux droits de douane américains — en amélioration notable par rapport à 2025, notamment grâce aux clarifications apportées par l’accord commercial transatlantique. Le groupe a par ailleurs annoncé dès octobre 2025 une révision à la baisse de ses perspectives, signalant aux marchés la dégradation en cours.
Dividende stable et programme de rachat : un signal positif vers les actionnaires
Face à la dégradation des résultats, le conseil d’administration a choisi de maintenir le dividende à 1,38 euro par action — identique à 2024 — plutôt que de le réduire. Ce maintien constitue un signal fort adressé aux actionnaires sur la solidité du modèle économique de Michelin à long terme et sur la confiance de la direction dans un rebond.
Parallèlement, Michelin annonce un programme de rachat d’actions de 2 milliards d’euros, renforçant le rendement total pour les investisseurs malgré la pression sur les résultats. Le groupe table sur un rebond des bénéfices en 2026, porté par la stabilisation attendue du marché du pneumatique, un impact moindre des droits de douane (120 millions contre 230 en 2025) et la montée en puissance des activités hors-pneus — matériaux hautes performances, solutions de mobilité — qui constituent la prochaine étape de la diversification stratégique du groupe.
Michelin a réalisé un chiffre d’affaires de 26 milliards d’euros en 2025, en recul de 4,4 %. Le bénéfice net ressort à 1,7 milliard d’euros (-12 %), troisième baisse consécutive. Les volumes de pneus ont chuté de 4,7 %, pénalisés par la première monte poids lourds et agricole. Les droits de douane américains ont coûté 230 millions d’euros sur l’exercice. Le dividende est maintenu à 1,38 euro par action, et un programme de rachat d’actions de 2 milliards d’euros est lancé.
Questions fréquentes sur les résultats Michelin 2025
Pourquoi le bénéfice de Michelin a-t-il baissé en 2025 ?
Le bénéfice de Michelin a reculé de 12 % en 2025 sous l’effet conjugué d’une chute des volumes de pneus (-4,7 %), de droits de douane américains (coût de 230 millions d’euros), d’un effet de change défavorable (-200 millions d’euros) et d’une concurrence accrue notamment des fabricants à bas coûts. C’est la troisième baisse consécutive du bénéfice net après 2023 et 2024.
Quel est le chiffre d’affaires de Michelin en 2025 ?
Michelin a réalisé un chiffre d’affaires de 26 milliards d’euros en 2025, en baisse de 4,4 % par rapport à 2024.
Michelin verse-t-il un dividende pour l’exercice 2025 ?
Oui. Michelin maintient son dividende à 1,38 euro par action pour l’exercice 2025, identique à 2024. Le groupe a par ailleurs annoncé un programme de rachat d’actions de 2 milliards d’euros.
Quelles sont les perspectives de Michelin pour 2026 ?
Michelin anticipe un rebond des bénéfices en 2026, grâce à la stabilisation du marché du pneumatique et à un impact moindre des droits de douane américains (120 millions d’euros attendus contre 230 millions en 2025). Le groupe continue de développer ses activités hors-pneus pour diversifier ses revenus.






