Stellantis : perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’exercice 2025

Stellantis a publié le 26 février 2026 une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’exercice 2025, plombé par 25,4 milliards de charges exceptionnelles liées à la surestimation de la transition électrique. Le PDG Antonio Filosa présentera sa feuille de route le 21 mai 2026.

Usine automobile européenne — Stellantis résultats 2025

Stellantis a publié le 26 février 2026 ses résultats annuels pour l’exercice 2025 — et le chiffre central mérite qu’on s’y attarde : une perte nette de 22,3 milliards d’euros, à inscrire parmi les pertes les plus importantes de l’histoire automobile en Europe. Le chiffre d’affaires recule de 2 %, à 153,5 milliards d’euros. Le résultat opérationnel courant (AOI) s’établit à -842 millions d’euros (-0,5 % de marge). Le cash-flow disponible atteint -4,5 milliards. C’est sur ces trois indicateurs que l’étendue des difficultés industrielles du groupe — pas seulement comptables — se lit le plus clairement.

Le pari électrique, facturé à 14,7 milliards

Sur les 25,4 milliards d’euros de charges exceptionnelles enregistrées dans les comptes, 14,7 milliards sont imputables à ce que le groupe désigne par l’expression « réalignement du plan produit ». La formulation est élégante. Elle recouvre une réalité plus abrupte : Stellantis avait élaboré ses plans d’investissement électrique sur des projections de demande qui ne se sont pas matérialisées. Le groupe paie aujourd’hui le coût de cet excès d’optimisme.

Ce n’est pas une singularité de Stellantis. Volkswagen, Ford, General Motors ont tous prononcé des corrections similaires sur leurs plans électriques. Ce qui distingue Stellantis, c’est l’ampleur de la note.

« Nos résultats pour l’année 2025 reflètent le coût d’une surestimation du rythme de la transition énergétique et l’impérieuse nécessité d’entreprendre un ‘reset’. »
— Antonio Filosa, PDG de Stellantis

Un plan de redressement attendu au printemps

Antonio Filosa, qui a pris la tête du groupe en 2025 après le départ précipité de Carlos Tavares en décembre 2024, n’a pas encore dévoilé le détail de son programme. La feuille de route complète sera présentée le 21 mai 2026. D’ici là, les engagements publics sont comptés : le groupe vise un retour à un cash-flow positif, mais n’anticipe pas ce résultat avant 2027.

Pour recalibrer la trajectoire, Stellantis a annoncé un investissement de 13 milliards de dollars sur quatre ans aux États-Unis, en réponse aux nouvelles contraintes commerciales imposées par Washington. Le groupe abandonne également les hybrides rechargeables sur le marché américain — une simplification de gamme qui dit assez clairement dans quelle direction les paris sont révisés.

En Europe, où Stellantis détient environ 16 % du marché, la position reste solide sur le papier. Sur le terrain, les volumes de plusieurs marques — Fiat, Citroën, Jeep — ont reculé ces derniers trimestres, les constructeurs chinois gagnent du terrain, et les nouvelles normes d’émissions 2026 maintiennent la pression sur la transition électrique.

La présentation du 21 mai sera donc observée avec soin. Il restera à voir si le « reset » promis par Antonio Filosa désigne un plan ou un vœu.

Questions fréquentes

Pourquoi Stellantis a-t-il enregistré une perte aussi importante en 2025 ?
La perte nette de 22,3 milliards d’euros résulte principalement de 25,4 milliards de charges exceptionnelles, dont 14,7 milliards liés au « réalignement du plan produit ». Stellantis avait investi massivement dans la transition électrique sur la base de projections de demande qui se sont révélées très optimistes. Le groupe a dû déprécier ces actifs en conséquence.
Quelles marques font partie du groupe Stellantis ?
Stellantis regroupe 14 marques automobiles : Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall, Fiat, Alfa Romeo, Lancia, Maserati côté européen, ainsi que Jeep, Ram, Dodge et Chrysler aux États-Unis. Le groupe emploie environ 300 000 personnes dans le monde et réalise un chiffre d’affaires dépassant 150 milliards d’euros.
L’essentiel à retenir

Stellantis a publié le 26 février 2026 une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’exercice 2025, l’une des plus importantes jamais enregistrées dans le secteur automobile européen. Des charges exceptionnelles de 25,4 milliards d’euros, dont 14,7 milliards liés à la réévaluation de la stratégie électrique, expliquent l’essentiel du résultat. Le chiffre d’affaires ressort à 153,5 milliards d’euros (-2 %), le flux de trésorerie disponible à -4,5 milliards. Le PDG Antonio Filosa présentera sa feuille de route le 21 mai 2026 ; un retour à la trésorerie positive n’est attendu qu’en 2027 au plus tôt.

 

Quand Stellantis prévoit-il de redevenir rentable ?
Le groupe vise un retour à un cash-flow disponible positif au plus tôt en 2027. Le plan stratégique complet, qui doit préciser la feuille de route de redressement, sera présenté le 21 mai 2026 par le PDG Antonio Filosa.