Résultats de TotalEnergies : 11,2 milliards de dollars de bénéfice au premier semestre 2026

Un baril à plus de 100 dollars a suffi à effacer les 210 000 barils quotidiens perdus au Moyen-Orient. TotalEnergies sort du premier semestre avec 11,2 milliards de dollars de bénéfice — et un arbitrage clair en faveur du désendettement et des actionnaires.

Raffinerie petroliere et bacs de stockage au crepuscule
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Résultats de TotalEnergies : ce que disent les comptes du premier semestre 2026

Le conseil d’administration de TotalEnergies, réuni le 22 juillet 2026 sous la présidence de Patrick Pouyanné, a arrêté des comptes semestriels que peu d’entreprises européennes peuvent afficher cette année. Sur six mois, le résultat net part du groupe atteint 11,2 milliards de dollars, en progression de 72 % par rapport au premier semestre 2025.

L’indicateur suivi par les analystes, le résultat net ajusté, s’établit pour sa part à 11,4 milliards de dollars sur le semestre, en hausse de 47 %. La marge brute d’autofinancement grimpe à 18,4 milliards de dollars (+35 %) et l’EBITDA ajusté à 25,7 milliards (+27 %).

Le deuxième trimestre pris isolément raconte une histoire légèrement différente. Le résultat net trimestriel ressort à 5,4 milliards de dollars, soit le double des 2,7 milliards enregistrés un an plus tôt — mais en repli de 6 % par rapport au premier trimestre 2026, déjà exceptionnel. Le résultat net ajusté, lui, progresse de 12 % sur le trimestre, à 6 milliards de dollars.

Indicateur T2 2026 S1 2026 Variation S1 / S1 2025
Résultat net (part TotalEnergies) 5,4 G$ 11,2 G$ +72 %
Résultat net ajusté 6,0 G$ 11,4 G$ +47 %
Marge brute d’autofinancement (CFFO) 9,8 G$ 18,4 G$ +35 %
EBITDA ajusté 13,2 G$ 25,7 G$ +27 %
Investissements nets 3,4 G$ 7,9 G$ guidance annuelle : 15 G$

Un baril à plus de 100 dollars qui compense les volumes perdus

La performance tient d’abord à l’environnement de prix. Le Brent s’est établi en moyenne à 103,8 dollars le baril au deuxième trimestre selon les données publiées par la compagnie, un niveau directement lié au conflit au Moyen-Orient. Le prix moyen de vente des liquides du groupe progresse de 24 % sur un an, à 91,6 dollars le baril.

Cette envolée des cours du brut masque une réalité industrielle plus contrariée. La production d’hydrocarbures s’établit à 2,395 millions de barils équivalent pétrole par jour. La croissance organique dépasse 4 % sur un an, portée par la montée en puissance de projets démarrés depuis un an — Mero 4 et Lapa SW au Brésil, Ballymore aux États-Unis, Mabruk en Libye — mais elle n’a compensé qu’en partie des pertes de production au Moyen-Orient estimées à environ 210 000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne sur le trimestre.

S’y ajoutent les difficultés d’accès au détroit d’Ormuz, qui ont limité les enlèvements. Malgré cela, l’Exploration-Production affiche un résultat opérationnel net ajusté de 3,2 milliards de dollars et un cash-flow de 5,8 milliards, en croissance de plus de 25 % sur le trimestre. Les coûts opératoires restent tenus à 5 dollars le baril.

Un baril à 104 dollars a rapporté davantage à TotalEnergies que 210 000 barils quotidiens perdus au Moyen-Orient ne lui ont coûté.

Le raffinage et le négoce, moteurs discrets du trimestre

Le modèle intégré revendiqué par la direction se lit dans le détail des branches. L’Aval — raffinage, chimie, distribution — dégage un cash-flow de 2,9 milliards de dollars, en forte hausse de 35 % sur le trimestre, et un résultat opérationnel net ajusté de 2,3 milliards (+24 %). Le secteur a pleinement capté la remontée des marges de raffinage et de pétrochimie, avec en appui de très bons résultats du négoce de brut et de produits pétroliers et de l’activité Marketing & Services.

Toutes les branches ne suivent pas. L’Integrated LNG décroche nettement, avec un résultat opérationnel net ajusté et un cash-flow limités à 0,8 milliard de dollars, pénalisés par une contre-performance du négoce de gaz sur un marché européen atone, voire baissier — alors que cette même activité avait surperformé au premier trimestre.

L’Integrated Power, enfin, génère 700 millions de dollars de cash-flow, en croissance de 25 %, grâce à la contribution depuis début mai des actifs de production électrique flexible rachetés à EPH au Royaume-Uni, en Italie, aux Pays-Bas et en France. Le résultat opérationnel net ajusté de la branche reste, lui, stable.

Désendettement, dividende, rachats d’actions : l’arbitrage du conseil

Face à cette manne, le conseil d’administration a tranché en faveur de deux priorités affichées : le désendettement et le dividende. Le ratio d’endettement tombe à 13,1 % à fin juin, en amélioration de 2,4 points sur le trimestre, après une réduction de 3,3 milliards de dollars de la dette nette.

Le deuxième acompte sur dividende au titre de 2026 est porté à 0,90 euro par action, en hausse de 5,9 % par rapport à 2025. Le conseil a par ailleurs autorisé la poursuite des rachats d’actions à hauteur de 1,5 milliard de dollars pour le troisième trimestre. Les investissements nets, eux, restent calés sur une enveloppe annuelle de 15 milliards de dollars.

Autrement dit : la rente pétrolière de 2026 est prioritairement affectée au bilan et aux actionnaires, pas à une accélération de l’effort d’investissement.

Des résultats de TotalEnergies qui relancent le débat sur les super-profits

Le calendrier politique est le même qu’au printemps. Le premier trimestre 2026, déjà, avait affiché un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars (+51 % sur un an) et ravivé les appels à taxer les « super-profits » des majors pétrolières.

La compagnie met en avant plusieurs gestes : le maintien du plafonnement des prix à la pompe consenti au printemps, avec un plafonnement des prix de l’essence et du diesel en France pendant la durée du conflit au Moyen-Orient, et l’allocation d’une prime carburant de 200 dollars (200 euros en Europe) à ses 100 000 salariés dans le monde pour compenser la hausse des prix de l’énergie.

Ces mesures pèsent peu au regard des 11,2 milliards de dollars engrangés en six mois. Elles suffiront difficilement à désamorcer la controverse, d’autant que la hausse des profits provient d’un conflit dont les conséquences pèsent sur le pouvoir d’achat des mêmes consommateurs.

Ce qu’il faut surveiller au second semestre

Trois variables détermineront la suite. La première est le prix du baril : la rente semestrielle disparaîtrait aussi vite qu’elle est apparue en cas de normalisation au Moyen-Orient. La deuxième est le redressement du négoce de gaz, dont la contre-performance a coûté cher au deuxième trimestre.

La troisième tient à la montée en puissance des nouveaux actifs. L’usine ECA LNG, sur la côte pacifique du Mexique, a démarré début juillet et oriente le portefeuille GNL vers l’Asie, appuyée par de nouveaux contrats long terme indexés sur le pétrole avec Chugoku au Japon et Hangzhou Gas en Chine. Côté électricité, la décision finale d’investissement sur le parc éolien terrestre géant de Mirrny au Kazakhstan (1 GW, couplé à 600 MWh de batteries) et le lancement d’une centrale solaire de 440 MWc aux Philippines dessinent la trajectoire de l’Integrated Power — pendant que le groupe cède l’ensemble de ses actifs solaires distribués dans sept pays européens.

L’essentiel à retenir

TotalEnergies a dégagé 11,2 milliards de dollars de résultat net au premier semestre 2026, en hausse de 72 %, porté par un Brent à 103,8 dollars en moyenne au deuxième trimestre. Le groupe a choisi d’affecter cette manne au désendettement — ratio ramené à 13,1 % fin juin — et aux actionnaires, avec un deuxième acompte sur dividende relevé à 0,90 euro par action (+5,9 %) et jusqu’à 1,5 milliard de dollars de rachats d’actions au troisième trimestre. Les investissements nets restent, eux, calés sur 15 milliards de dollars pour l’année.

 

Questions fréquentes sur les résultats de TotalEnergies

Quel bénéfice TotalEnergies a-t-il réalisé au premier semestre 2026 ?

Le résultat net part du groupe atteint 11,2 milliards de dollars sur les six premiers mois de 2026, en hausse de 72 % sur un an. Le résultat net ajusté, indicateur suivi par les analystes, s’établit à 11,4 milliards de dollars, en progression de 47 %.

Pourquoi les résultats de TotalEnergies progressent-ils autant ?

Essentiellement grâce au prix du baril. Le Brent s’est établi à 103,8 dollars en moyenne au deuxième trimestre 2026, en lien avec le conflit au Moyen-Orient, et le prix moyen de vente des liquides du groupe a progressé de 24 % sur un an. Le raffinage et le négoce ont également profité de marges élevées.

Quel dividende TotalEnergies verse-t-il en 2026 ?

Le conseil d’administration a décidé un deuxième acompte sur dividende de 0,90 euro par action au titre de l’exercice 2026, en hausse de 5,9 % par rapport à 2025. Il a également autorisé jusqu’à 1,5 milliard de dollars de rachats d’actions au troisième trimestre.

Le conflit au Moyen-Orient a-t-il pénalisé la production du groupe ?

Oui. TotalEnergies chiffre les pertes de production au Moyen-Orient à environ 210 000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne sur le deuxième trimestre, auxquelles s’ajoutent des difficultés d’enlèvement liées à l’accès au détroit d’Ormuz. La production totale ressort à 2,395 millions de barils équivalent pétrole par jour.