Résultats de SAP au deuxième trimestre 2026 : le cloud accélère, le bénéfice ajusté déçoit

Le géant allemand du logiciel a dévoilé des résultats semestriels contrastés. Si le cloud et l'intelligence artificielle gonflent un carnet de commandes record, un bénéfice ajusté sous les attentes a douché l'enthousiasme des marchés.

Couloir de baies de serveurs dans un centre de donnees, illustration du cloud SAP

Un carnet de commandes cloud record au deuxième trimestre 2026

Le premier éditeur de logiciels européen a de nouveau fait la démonstration de la solidité de son virage vers le cloud. Au deuxième trimestre 2026, SAP a dégagé un chiffre d’affaires total de près de 9,9 milliards d’euros, en hausse de 9 % (11 % à taux de change constants). La dynamique tient d’abord aux abonnements : les revenus tirés du cloud ont atteint 6,3 milliards d’euros, en progression de 22 % (24 % hors effet de change).

Le groupe de Walldorf a surtout mis en avant son indicateur fétiche, le carnet de commandes cloud courant (current cloud backlog), qui reflète les engagements contractuels facturables dans les douze mois. Il s’établit à 22,9 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an (26 % à devises constantes). C’est le signal que les entreprises continuent de migrer leurs systèmes de gestion vers les solutions en ligne de l’éditeur, malgré un environnement macroéconomique décrit comme volatil.

Résultats de SAP 2026 : la suite cloud ERP en pointe

Dans le détail, la suite cloud ERP — le cœur de l’offre, qui regroupe la gestion financière, les achats, la chaîne d’approvisionnement et les ressources humaines — reste le moteur de la croissance, avec une hausse de 25 % (27 % à taux de change constants). Cette brique concentre l’essentiel des migrations engagées par les grands comptes depuis le lancement du programme « RISE with SAP ».

La rentabilité a suivi. Le bénéfice opérationnel en normes IFRS ressort à environ 2,6 milliards d’euros, en hausse de 8 %, tandis que le résultat opérationnel hors éléments exceptionnels progresse de 9 %, à quelque 2,7 milliards d’euros. Autrement dit, SAP parvient à faire croître ses marges tout en investissant massivement dans ses plateformes d’intelligence artificielle.

« Nos clients choisissent SAP pour obtenir des résultats d’intelligence artificielle précis et conformes. »

— Christian Klein, directeur général de SAP

Indicateur (T2 2026) Montant Variation sur un an
Chiffre d’affaires total ~9,9 Md€ +9 % (+11 % à devises constantes)
Revenus cloud 6,3 Md€ +22 % (+24 % à devises constantes)
Suite cloud ERP +25 % (+27 % à devises constantes)
Carnet de commandes cloud courant 22,9 Md€ +27 % (+26 % à devises constantes)
Bénéfice opérationnel (IFRS) ~2,6 Md€ +8 %

Pourquoi le bénéfice ajusté a déçu les marchés

Malgré ces chiffres flatteurs, l’accueil des investisseurs est resté prudent. En cause : le bénéfice par action ajusté est ressorti sous le consensus des analystes, alors que le marché attendait davantage d’un groupe valorisé comme une valeur de croissance technologique. La croissance du cloud, très forte, marque par ailleurs un léger tassement par rapport aux rythmes à trois chiffres des années précédentes, à mesure que la base de comparaison grossit.

Le contexte de change pèse également : la vigueur de l’euro face au dollar rabote la conversion des revenus réalisés hors de la zone euro, d’où l’écart systématique entre la croissance publiée et la croissance « à devises constantes ». Sur ce trimestre, cet effet retire environ deux points de croissance aux revenus cloud.

Dremio et Prior Labs : SAP muscle son offre d’IA d’entreprise

Le groupe a confirmé deux opérations destinées à renforcer son arsenal d’intelligence artificielle et de données : l’acquisition, désormais bouclée, de Dremio, spécialiste de l’analyse de données, et un accord contraignant pour le rachat de Prior Labs. SAP a prévenu que ces deux opérations auront un effet dilutif sur ses perspectives de bénéfice non-IFRS pour l’exercice 2026, ce qui explique l’ajustement de ses prévisions annuelles.

Ces acquisitions s’inscrivent dans la stratégie « Business AI » de l’éditeur, qui irrigue désormais ses applications de finance, d’achats, de logistique et de ressources humaines, avec pour vitrine l’assistant conversationnel Joule. Si la contribution directe de l’IA au chiffre d’affaires reste encore modeste, SAP la présente comme le principal argument de vente pour convaincre ses clients de basculer dans le cloud — un pari qui, à en juger par le carnet de commandes, commence à payer.

L’essentiel à retenir

Au deuxième trimestre 2026, SAP affiche un chiffre d’affaires cloud de 6,3 milliards d’euros (+22 %) et un carnet de commandes cloud record de 22,9 milliards d’euros (+27 %), porté par la migration des grands comptes et la demande d’IA d’entreprise. Le bénéfice opérationnel IFRS progresse de 8 %. Mais un bénéfice ajusté sous les attentes et un effet de change défavorable ont tempéré l’enthousiasme boursier. Les acquisitions de Dremio et Prior Labs pèseront sur les perspectives 2026.

 

Questions fréquentes

Quels sont les résultats de SAP au deuxième trimestre 2026 ?

SAP a publié un chiffre d’affaires total de près de 9,9 milliards d’euros (+9 %), dont 6,3 milliards de revenus cloud (+22 %), et un bénéfice opérationnel IFRS d’environ 2,6 milliards d’euros (+8 %). Le carnet de commandes cloud courant atteint 22,9 milliards d’euros (+27 %).

Pourquoi l’action SAP n’a-t-elle pas fortement progressé ?

Malgré une croissance solide du cloud, le bénéfice par action ajusté est ressorti sous le consensus des analystes. Un effet de change défavorable et un léger tassement du rythme de croissance du cloud ont également pesé sur la réaction des marchés.

Quelle est la stratégie d’intelligence artificielle de SAP ?

SAP déploie son offre « Business AI » dans ses applications de gestion, avec l’assistant Joule comme vitrine. Le groupe vient de boucler l’acquisition de Dremio et a signé un accord pour racheter Prior Labs afin de renforcer ses capacités en données et en IA.