Stellantis renoue avec les bénéfices avant l’Investor Day du 21 mai 2026
Trois jours avant son Investor Day du 21 mai 2026 organisé à Auburn Hills (Michigan), Stellantis a publié des résultats trimestriels qui marquent un net redressement par rapport à 2025. Le constructeur a annoncé un chiffre d’affaires de 38,1 milliards d’euros sur le premier trimestre, en hausse de 6 % sur un an, et surtout un retour au bénéfice net de 377 millions d’euros contre une perte de 387 millions un an plus tôt.
Le résultat opérationnel courant ressort à 960 millions d’euros, très au-dessus du consensus des analystes (568 millions attendus). La marge opérationnelle remonte à 2,5 % contre 0,9 % sur la même période en 2025, un signe encourageant pour un groupe qui avait clôturé l’an dernier sur une perte historique de 22,3 milliards d’euros et suspendu son dividende 2026.
Un message destiné aux investisseurs avant le rendez-vous d’Auburn Hills
Le timing n’est pas anodin. À quelques jours du premier Stellantis Investor Day piloté par Antonio Filosa, nommé directeur général en 2025 après le départ brutal de Carlos Tavares, ces chiffres sont un message envoyé aux marchés. Le nouveau patron, italien de formation et longtemps responsable des activités du groupe en Amérique du Sud, doit convaincre les investisseurs que son plan stratégique est crédible.
Antonio Filosa l’a synthétisé dans le communiqué accompagnant les résultats : « Les trois premiers mois de 2026 reflètent les premiers résultats des actions engagées pour ramener Stellantis sur la voie d’une croissance durable et profitable. » Le groupe confirme ses perspectives 2026 : croissance du chiffre d’affaires « à un chiffre, fourchette médiane », marge opérationnelle « à un chiffre, fourchette basse », et amélioration du free cash flow industriel.
Bénéfice net de 377 millions d’euros au T1 contre une perte de 387 millions un an plus tôt — une bascule de 764 millions qui se joue en partie sur la baisse des coûts de production et la remontée des volumes vendus.
Amérique du Nord en redressement, Europe sous pression sur les marges
La géographie du trimestre est contrastée. En Amérique du Nord, Stellantis a écoulé 305 902 véhicules aux États-Unis (+4 %), avec des ventes en hausse de 15 % au Canada et 19 % au Mexique. La marque Ram a tiré le segment pick-up (+20 %), le Ram 1500 progressant de 27 %. La part de marché américaine remonte à 7,9 %, gagnant 80 points de base sur un an. C’est de cette région que provient l’essentiel de l’expansion des marges.
En Europe élargie (EU30), le tableau est plus contrasté. Le groupe a livré 696 676 véhicules (+5 %) et conservé une part de marché de 17,5 % (18,1 % en intégrant Leapmotor). Mais les baisses de prix consenties en 2025 pèsent toujours sur les marges, qui sont quasiment effacées en dépit des progressions de volumes. L’Allemagne (+15,2 %), l’Italie (+6,7 %) et l’Espagne (+6,1 %) progressent ; la Pologne bondit de 18 % et l’Autriche grimpe de 31 %.
Côté marques, Fiat (+25,4 %), Lancia (+15,7 %), Citroën (+12,3 %) et Opel/Vauxhall (+10,5 %) sortent du lot. La Fiat Grande Panda à motorisation thermique et la Leapmotor T03 électrique, deux lancements récents, ont contribué à la hausse des volumes.
Le virage « multi-énergies » d’Antonio Filosa
L’autre signal envoyé par ces résultats concerne la doctrine technologique du groupe. Là où Carlos Tavares avait misé sur une électrification accélérée — quitte à brider les motorisations thermiques rentables —, Antonio Filosa assume un repositionnement « multi-énergies » : hybride léger, hybride rechargeable, électrique et essence cohabiteront dans le portefeuille selon les segments et les marchés.
Ce pragmatisme se lit dans les choix produits du trimestre : maintien d’une Fiat Grande Panda en essence pour préserver une offre d’entrée de gamme accessible, montée en charge de Leapmotor sur l’électrique. Le free cash flow industriel reste cependant déficitaire à -1,9 milliard d’euros (contre -3 milliards un an plus tôt), et le groupe n’attend pas de cash flow industriel positif avant 2027 — un point qui a refroidi les marchés.
Cours en repli malgré le beat : que vont chercher les investisseurs le 21 mai ?
Malgré des chiffres supérieurs au consensus, l’action a reculé de 6 % à l’ouverture le jour des résultats. Les analystes soulignent que la trajectoire de redressement reste lente et que la marge opérationnelle de 2,5 % demeure très inférieure à celle des concurrents allemands ou japonais. Le cours d’objectif médian retenu par les analystes ressort à 9,45 dollars contre environ 8 dollars actuellement, soit un potentiel d’à peine 18 %.
L’Investor Day du 21 mai à Auburn Hills devra donc apporter des éléments précis : feuille de route 2027-2030, point sur les pertes en Europe, mix énergétique des futurs lancements, plan d’attaque sur la Chine, et perspectives de retour à un free cash flow industriel positif. Le groupe table sur une production française de 640 000 véhicules en 2026, dans ses 12 usines, et a annoncé 10 000 créations de postes à l’échelle mondiale.
Stellantis a publié pour le T1 2026 un chiffre d’affaires de 38,1 milliards d’euros (+6 %) et un retour au bénéfice net de 377 millions d’euros, battant largement le consensus. L’Amérique du Nord porte la reprise, l’Europe reste sous pression sur les marges. L’Investor Day du 21 mai 2026 à Auburn Hills doit préciser le cap d’Antonio Filosa, qui revendique un virage « multi-énergies » et écarte le tout-électrique.
Foire aux questions
Quels sont les chiffres clés du T1 2026 de Stellantis ?
Chiffre d’affaires de 38,1 milliards d’euros (+6 % sur un an), résultat opérationnel courant de 960 millions d’euros (consensus 568 millions), bénéfice net de 377 millions d’euros (contre une perte de 387 millions un an plus tôt) et free cash flow industriel de -1,9 milliard d’euros (vs -3 milliards).
Quand et où se tient l’Investor Day Stellantis 2026 ?
L’Investor Day Stellantis 2026 est organisé le 21 mai 2026 à Auburn Hills, dans le Michigan (siège nord-américain historique du groupe). C’est le premier rendez-vous stratégique majeur d’Antonio Filosa avec les investisseurs depuis sa nomination en 2025.
Pourquoi l’action Stellantis a-t-elle chuté malgré des résultats meilleurs que prévu ?
Le cours a reculé de 6 % après les annonces car les analystes jugent la marge opérationnelle (2,5 %) encore très inférieure à celle des concurrents, et le groupe n’anticipe pas de free cash flow industriel positif avant 2027. La perte 2025 de 22,3 milliards d’euros et la suspension du dividende 2026 pèsent toujours sur la perception du titre.
Quelle est la stratégie d’Antonio Filosa pour Stellantis ?
Antonio Filosa, directeur général depuis 2025, défend une approche « multi-énergies » : hybride léger, hybride rechargeable, électrique et essence cohabitent dans le portefeuille selon les segments. Il rompt avec la stratégie tout-électrique accélérée portée par son prédécesseur Carlos Tavares, et privilégie une rentabilité à court terme avant la prochaine vague d’investissements.






