Un plan d’1,1 milliard d’euros pour viser 1 GW en France
C’est l’une des annonces les plus structurantes de la 9ᵉ édition du sommet Choose France, organisée le 1ᵉʳ juin 2026 au château de Versailles. Le groupe allemand Enertrag s’est engagé à investir 1,1 milliard d’euros en France d’ici 2030. L’objectif affiché est limpide : porter à 1 gigawatt la capacité installée du développeur dans l’Hexagone à l’horizon 2030.
Pour y parvenir, l’entreprise prévoit de mettre en service au moins 100 mégawatts de nouvelles capacités chaque année jusqu’en 2030, en combinant production renouvelable et stockage par batteries. Une cadence régulière qui tranche avec la logique des grands projets ponctuels et traduit une stratégie d’industrialisation du déploiement.
Enertrag en France : des hubs éoliens couplés au stockage
La singularité du plan ne tient pas tant au montant qu’à son architecture. Enertrag mise sur des hubs énergétiques hybrides, qui associent sur un même site la production éolienne, le stockage par batteries et des outils de pilotage du réseau. L’idée : ne plus se contenter d’injecter de l’électricité quand le vent souffle, mais lisser et orienter cette production pour la rendre compatible avec les besoins du réseau.
Selon la presse spécialisée, deux premiers hubs régionaux sont à l’étude, dans les Hauts-de-France et en Nouvelle-Aquitaine, chacun de l’ordre d’une centaine de mégawatts et combinant plusieurs parcs éoliens à une capacité de stockage. Les premières mises en service sont attendues à partir de 2027.
| Indicateur | Engagement Enertrag en France |
|---|---|
| Montant investi | 1,1 milliard d’euros d’ici 2030 |
| Objectif de capacité | 1 GW installé à l’horizon 2030 |
| Rythme de déploiement | au moins 100 MW par an |
| Technologie clé | hubs éoliens couplés au stockage par batteries |
| Présence en France | plus de 25 ans |
« Le développement des renouvelables entre dans une nouvelle phase, dans laquelle notre capacité à intégrer intelligemment la production au réseau devient centrale. »
— Vincent Masureel, directeur général d’Enertrag France
Pourquoi le stockage devient le nerf de la guerre
L’orientation prise par Enertrag illustre un basculement de fond du secteur. À mesure que la part de l’éolien et du solaire augmente, le défi n’est plus seulement de produire des mégawattheures décarbonés, mais de les injecter au bon moment. Sans capacité de stockage ni pilotage, un parc renouvelable peut être contraint de réduire sa production lorsque le réseau est saturé, ou produire alors que la demande est faible.
Le couplage avec des batteries répond précisément à cette équation : stocker l’électricité aux heures creuses, la restituer aux heures de pointe, et offrir au gestionnaire de réseau des services de flexibilité de plus en plus valorisés. C’est cette controllabilité — la capacité à moduler la production — qui devient un actif économique à part entière, au-delà du seul mégawatt installé.
Dr. Gunar Hering, président d’Enertrag SE, a rappelé que la France figure parmi les marchés stratégiques clés du groupe. Société allemande active dans neuf pays, Enertrag revendique un portefeuille de projets dépassant 30 GW et plus de 1 300 salariés à l’échelle mondiale. Présent sur le marché français depuis plus de vingt-cinq ans, le développeur y produit déjà de l’électricité éolienne et solaire.
Un signal pour l’attractivité industrielle française
L’engagement d’Enertrag s’inscrit dans une édition record de Choose France : 71 annonces d’investissements étrangers, pour un montant total de 93 milliards d’euros et plus de 15 600 emplois à la clé. L’énergie et l’industrie ont concentré une large part de ces engagements, confirmant l’attractivité du pays pour les capitaux de la transition énergétique.
Pour la France, qui ambitionne d’accélérer le déploiement des renouvelables tout en sécurisant son réseau, l’arrivée de capacités couplant production et stockage répond à un besoin concret. Reste à transformer l’annonce en mégawatts effectivement raccordés : entre obtention des autorisations, raccordement et mise en service, le calendrier d’ici 2030 laisse peu de marge.
Enertrag investit 1,1 milliard d’euros en France d’ici 2030 pour atteindre 1 GW de capacité installée, au rythme d’au moins 100 MW par an. Le groupe allemand mise sur des hubs combinant éolien et stockage par batteries pour répondre aux enjeux de flexibilité du réseau. Annoncé au sommet Choose France du 1ᵉʳ juin 2026, ce plan illustre la nouvelle priorité du secteur : intégrer mieux plutôt que produire plus.
Questions fréquentes
Combien Enertrag investit-il en France ?
Enertrag a annoncé un programme d’investissement de 1,1 milliard d’euros en France d’ici 2030, dévoilé au sommet Choose France du 1ᵉʳ juin 2026 à Versailles.
Quel est l’objectif de capacité d’Enertrag en France ?
Le groupe vise 1 gigawatt de capacité installée dans l’Hexagone à l’horizon 2030, avec la mise en service d’au moins 100 MW de nouvelles capacités chaque année.
En quoi consistent les hubs énergétiques d’Enertrag ?
Ce sont des sites combinant production éolienne, stockage par batteries et pilotage du réseau, afin d’intégrer l’électricité renouvelable de façon plus flexible et de répondre aux pics de demande.
Qui dirige Enertrag ?
Le groupe Enertrag SE est présidé par le Dr Gunar Hering. Sa filiale française, Enertrag France, est dirigée par Vincent Masureel.






