Pourquoi Nippon Paint et Sherwin-Williams ont renoncé au rachat d’AkzoNobel
Le 3 juin 2026, le japonais Nippon Paint Group et l’américain Sherwin-Williams ont annoncé conjointement qu’ils abandonnaient leur projet de rachat du néerlandais AkzoNobel, propriétaire de la marque de peinture grand public Dulux. Les deux groupes tiraient ainsi un trait sur une offensive lancée au printemps, après le refus répété de leur cible.
Le tandem avait formulé deux propositions successives au mois d’avril, valorisant AkzoNobel autour de 12,5 milliards d’euros — soit une prime d’environ 39 % sur le cours de Bourse — dans le cadre d’une offre entièrement en numéraire. Les deux ont été rejetées par le conseil d’administration du fabricant d’Amsterdam, qui a jugé le prix insuffisant.
Au-delà de la valorisation, AkzoNobel a opposé deux objections de fond. D’abord, l’incertitude réglementaire : un rapprochement entre trois des plus grands acteurs mondiaux de la peinture aurait suscité un examen approfondi des autorités de la concurrence en Europe, aux États-Unis et en Asie, sans garantie d’aboutir. Ensuite, la structure même de l’opération : le projet prévoyait de démanteler le groupe entre les deux prétendants.
Selon les contours rapportés par la presse spécialisée, Nippon Paint aurait conservé les activités de peintures décoratives et de revêtements industriels, tandis que Sherwin-Williams aurait récupéré les revêtements automobiles et spécialisés, les revêtements marins et de protection, ainsi que les peintures en poudre. Une découpe à laquelle le conseil d’AkzoNobel a préféré une autre voie.
En refusant une prime de près de 40 % en numéraire, AkzoNobel a fait un pari clair : son indépendance, adossée à la fusion avec Axalta, vaut davantage qu’un chèque immédiat.
Fusion AkzoNobel-Axalta : les contours d’un géant mondial des revêtements
Si AkzoNobel a éconduit ses prétendants, ce n’est pas pour rester seul. Le groupe poursuit son projet de fusion avec l’américain Axalta Coating Systems, annoncé en amont et destiné à donner naissance à un champion mondial de la peinture et des revêtements d’une valeur d’entreprise estimée à 25 milliards de dollars.
L’opération se présente sous la forme d’une fusion entre égaux déséquilibrée : les actionnaires d’AkzoNobel détiendraient 55 % du nouvel ensemble, contre 45 % pour ceux d’Axalta, sur la base d’une parité d’échange de 0,6539 action AkzoNobel pour chaque action Axalta. Pour sceller l’accord, AkzoNobel prévoit de verser un dividende exceptionnel de 2,5 milliards d’euros à ses actionnaires, net des dividendes ordinaires de l’exercice 2026.
La gouvernance a déjà été esquissée. Grégoire Poux-Guillaume, l’actuel directeur général d’AkzoNobel, prendrait la tête de la nouvelle entité, tandis que la présidence du conseil d’administration unique reviendrait à Rakesh Sachdev, aujourd’hui président du conseil d’Axalta. Les votes des actionnaires des deux sociétés sont attendus à la mi-2026, pour une clôture envisagée entre la fin 2026 et le début 2027, sous réserve des feux verts réglementaires.
Ce projet s’inscrit dans une vague de consolidation des champions industriels qui traverse l’Europe, où les grands groupes cherchent la taille critique face à la concurrence asiatique et américaine.
Un titre sous pression et des actionnaires divisés
La sanction des marchés a été immédiate. À l’annonce du retrait de Nippon Paint et de Sherwin-Williams, l’action AkzoNobel a chuté de près de 19 % à la Bourse d’Amsterdam, pour clôturer autour de 54 euros. Le titre a ainsi effacé la prime spéculative accumulée depuis les premières approches du printemps : les investisseurs qui pariaient sur une surenchère ont été pris à revers.
La direction d’AkzoNobel n’en démord pas pour autant. Le groupe a réaffirmé sa détermination à mener à bien le rapprochement avec Axalta, qu’il présente comme la création de valeur la plus solide à long terme. Reste que la fusion ne fait pas l’unanimité : plusieurs actionnaires de poids ont exprimé leur opposition, jugeant la parité d’échange trop favorable à Axalta ou regrettant le rejet d’une offre en cash assortie d’une prime confortable.
Le secteur des revêtements, longtemps fragmenté, est entré dans une phase de recomposition accélérée. Entre l’échec de la méga-opération orchestrée par Nippon Paint et Sherwin-Williams et le projet AkzoNobel-Axalta, c’est toute la hiérarchie mondiale de la peinture qui pourrait être redessinée dans les prochains trimestres.
Nippon Paint et Sherwin-Williams ont renoncé le 3 juin 2026 à racheter AkzoNobel, après le rejet d’une offre en numéraire valorisant le propriétaire de Dulux à 12,5 milliards d’euros. Le groupe néerlandais privilégie sa fusion avec Axalta, qui donnerait naissance à un champion mondial des revêtements de 25 milliards de dollars dirigé par Grégoire Poux-Guillaume. Le titre a dévissé de près de 19 % et les actionnaires restent divisés à l’approche des votes prévus mi-2026.
FAQ — Fusion AkzoNobel-Axalta et rachat avorté
Pourquoi AkzoNobel a-t-il refusé l’offre de Nippon Paint et Sherwin-Williams ?
Le conseil d’administration d’AkzoNobel a jugé l’offre, qui valorisait le groupe à environ 12,5 milliards d’euros, insuffisante. Il a également pointé l’incertitude des autorisations réglementaires et le fait que le projet aurait démantelé l’entreprise entre les deux acquéreurs.
Que prévoit la fusion entre AkzoNobel et Axalta ?
La fusion vise à créer un géant mondial des revêtements d’une valeur d’entreprise d’environ 25 milliards de dollars. Les actionnaires d’AkzoNobel détiendraient 55 % du nouvel ensemble contre 45 % pour ceux d’Axalta, et AkzoNobel verserait un dividende exceptionnel de 2,5 milliards d’euros.
Qui dirigera la nouvelle entité ?
Grégoire Poux-Guillaume, actuel directeur général d’AkzoNobel, prendrait la tête du groupe fusionné. La présidence du conseil d’administration reviendrait à Rakesh Sachdev, actuel président du conseil d’Axalta.
Quand la fusion AkzoNobel-Axalta sera-t-elle finalisée ?
Les votes des actionnaires des deux sociétés sont attendus à la mi-2026. La clôture de l’opération est envisagée entre la fin 2026 et le début 2027, sous réserve des approbations des autorités de la concurrence.






