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Ce que l’OCDE projette pour l’âge de la retraite en Europe
Publié fin novembre 2025, le rapport Panorama des pensions de l’Organisation de coopération et de développement économiques compare les régimes de retraite de ses pays membres et projette leur trajectoire. Sa méthode est simple : elle confronte deux générations. D’un côté, les personnes parties à la retraite en 2024 ; de l’autre, celles qui sont entrées sur le marché du travail à 22 ans cette même année et qui, à carrière ininterrompue, liquideront leurs droits vers la fin des années 2060.
Pour le pays moyen de l’OCDE, l’écart est net : l’âge normal de départ passerait de 64,7 ans à 66,4 ans pour les hommes et de 63,9 ans à 65,9 ans pour les femmes. Deux ans de travail supplémentaires, en moyenne, pour ceux qui débutent aujourd’hui leur vie professionnelle.
Une analyse d’Euronews portant sur 32 pays européens, construite à partir des mêmes données, aboutit à des ordres de grandeur voisins à l’échelle de l’Union : environ deux ans de plus pour les hommes et 2,6 ans pour les femmes, soit un âge normal de départ proche de 66,7 ans et 66,6 ans à l’horizon 2069. Selon ce décompte, l’âge de départ des hommes augmenterait dans 21 des 32 pays étudiés, celui des femmes dans 24.
Où part-on le plus tôt, où part-on le plus tard aujourd’hui
Les écarts entre pays européens restent considérables. Sur les données arrêtées à 2024, l’âge de départ le plus élevé pour les hommes atteint 67 ans au Danemark, en Norvège, en Islande et aux Pays-Bas. À l’autre extrémité du classement, la Grèce, la Slovénie et le Luxembourg s’en tiennent à 62 ans.
Parmi les cinq plus grandes économies européennes, l’Allemagne affiche l’âge masculin le plus élevé, à 66,2 ans, quand la France présente le plus bas, à 64,3 ans. Pour les femmes, le quatuor de tête est identique — Danemark, Pays-Bas, Islande, Norvège à 67 ans — tandis que la Pologne se distingue avec un âge de départ féminin fixé à 60 ans, le plus bas de l’Union.
Ces écarts ne mesurent pas la générosité des systèmes : un âge légal bas peut aller de pair avec des pensions modestes, une durée de cotisation longue ou des décotes sévères. Ils disent en revanche quelque chose de la façon dont chaque pays a choisi de répartir l’effort entre durée de travail, niveau des cotisations et montant des prestations.
Les hausses les plus fortes attendues d’ici la fin des années 2060
C’est le Danemark qui pousse la logique le plus loin. Son âge de départ, indexé sur l’espérance de vie, atteindrait 74 ans — sept ans de plus qu’aujourd’hui. L’Estonie viserait 71 ans, tandis que l’Italie, les Pays-Bas, la Suède et Chypre convergeraient vers 70 ans.
| Pays | Âge de départ des hommes (2024) | Âge projeté (fin des années 2060) |
|---|---|---|
| Danemark | 67 ans | 74 ans |
| Estonie | — | 71 ans |
| Italie | — | 70 ans |
| Pays-Bas | 67 ans | 70 ans |
| Suède | — | 70 ans |
| Royaume-Uni | — | 68 ans |
| Finlande | — | 68 ans |
| Allemagne | 66,2 ans | 67 ans |
| France | 64,3 ans | 65 ans |
| Espagne | — | 65 ans |
| Slovénie / Luxembourg | 62 ans | 62 ans |
Du côté des femmes, les hausses les plus marquées concernent le Danemark (+7 ans), l’Estonie (+6,3), l’Italie (+6,2), la Slovaquie (+5,8), Chypre (+5), la Roumanie (+4,8) et l’Autriche (+4,5). La Suède et la Grèce gagnent quatre ans chacune. À l’inverse, l’Espagne maintiendrait l’âge féminin à 65 ans, et l’Allemagne comme la France n’enregistreraient qu’une hausse inférieure à un an.
La France ressort ainsi du lot : elle part d’un âge bas et bouge peu. À l’horizon de la fin des années 2060, l’écart avec l’Italie atteindrait cinq ans — un différentiel qui pèsera sur la comparaison des coûts du travail et sur le débat budgétaire, alors que le pays affiche déjà l’un des taux de dépense de retraite les plus élevés du continent.
Relever l’âge de départ à la retraite demeure une stratégie courante pour améliorer la viabilité financière des systèmes de retraite sans réduire les montants des pensions.
— Rapport « Panorama des pensions 2025 », OCDE
Pourquoi relever l’âge légal reste le levier privilégié
Le raisonnement des gouvernements tient en trois options, et trois seulement. Pour équilibrer un régime de retraite, on peut augmenter les cotisations, réduire les pensions, ou allonger la durée de travail. Les deux premières frappent immédiatement des populations identifiables — actifs d’un côté, retraités de l’autre. La troisième étale son effet sur des décennies et ne touche à plein régime que des générations qui n’ont pas encore voté sur le sujet.
C’est ce décalage temporel qui explique la préférence quasi universelle pour le relèvement de l’âge. L’OCDE le formule sans détour dans son rapport : la mesure préserve le montant des pensions, là où les alternatives le rognent ou alourdissent le coût du travail.
Reste que cette arithmétique suppose que l’on puisse effectivement travailler jusqu’à l’âge fixé. Le taux d’emploi des seniors, la pénibilité des métiers et l’état du marché du travail des dernières années de carrière déterminent si un âge légal relevé se traduit par des années cotisées supplémentaires ou par un allongement des périodes de chômage et d’invalidité avant liquidation.
Le vieillissement démographique change l’équation
La pression qui pousse ces réformes est mesurable. Dans la zone OCDE, le nombre de personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes âgées de 20 à 64 ans est passé de 22 en 2000 à 33 en 2025, et devrait atteindre 52 en 2050. En un demi-siècle, le rapport entre retraités et actifs aura plus que doublé.
Ce basculement rejoint les projections publiées cette année par la Commission européenne sur le vieillissement de la population européenne, qui situent le pic démographique de l’Union à la fin de cette décennie avant une décrue continue de la population active.
Une nuance, toutefois : ces trajectoires ne sont pas gravées dans le marbre. Le Danemark, dont l’âge de départ suit mécaniquement l’espérance de vie, pourrait assouplir ce lien automatique — auquel cas l’âge projeté descendrait sous les 74 ans. Les projections décrivent la législation actuelle prolongée, pas une fatalité.
Selon le rapport Panorama des pensions 2025 de l’OCDE, l’âge normal de départ à la retraite passerait, dans le pays moyen de l’organisation, de 64,7 à 66,4 ans pour les hommes et de 63,9 à 65,9 ans pour les femmes entre la génération partie en 2024 et celle entrée sur le marché du travail la même année. Le Danemark vise l’âge le plus élevé d’Europe, jusqu’à 74 ans ; la France et l’Allemagne ne bougeraient que de moins d’un an. Moteur de ces réformes : un ratio de dépendance qui passe de 33 seniors pour 100 actifs en 2025 à 52 en 2050.
Questions fréquentes
Quel est l’âge moyen de départ à la retraite en Europe aujourd’hui ?
Pour le pays moyen de l’OCDE, l’âge normal de départ des personnes parties à la retraite en 2024 s’établit à 64,7 ans pour les hommes et 63,9 ans pour les femmes. Les écarts entre pays européens restent importants, de 62 ans en Slovénie et au Luxembourg à 67 ans au Danemark, en Norvège, en Islande et aux Pays-Bas.
Quel pays européen aura l’âge de la retraite le plus élevé ?
Le Danemark, dont l’âge de départ est indexé sur l’espérance de vie, projette jusqu’à 74 ans pour ceux qui sont entrés sur le marché du travail à 22 ans en 2024. Le pays pourrait toutefois assouplir cette indexation automatique, ce qui abaisserait la projection.
L’âge de la retraite va-t-il augmenter en France ?
Selon les projections fondées sur la législation actuelle, l’âge normal de départ en France passerait de 64,3 ans pour les hommes partis en 2024 à environ 65 ans pour la génération entrée sur le marché du travail à 22 ans la même année, soit une hausse inférieure à un an. La France resterait parmi les âges de départ les plus bas d’Europe occidentale.
Pourquoi les États relèvent-ils l’âge de la retraite plutôt que les cotisations ?
L’OCDE relève que le relèvement de l’âge légal permet d’améliorer la viabilité financière des régimes sans réduire le montant des pensions. Les deux autres leviers — hausse des cotisations ou baisse des prestations — pèsent immédiatement sur les actifs ou sur les retraités.






