Action Volkswagen : une perte nette de 5,8 milliards d’euros au troisième trimestre
Le plus grand constructeur automobile européen a publié, jeudi 29 octobre 2026, un résultat net après impôts de moins 5,8 milliards d’euros pour le troisième trimestre, contre une perte de 1,1 milliard un an plus tôt. Le chiffre d’affaires trimestriel recule de 6,3 % à 75,3 milliards d’euros, et le résultat opérationnel plonge à moins 5,9 milliards. Pour quiconque suit l’action Volkswagen, le message est double : la photographie du trimestre est très sombre, mais elle est largement alourdie par des charges ponctuelles.
Le groupe aux dix marques, qui réunit notamment Audi, Seat et Skoda, avait déjà prévenu le mois dernier que son bénéfice annuel serait amputé d’environ 10 milliards d’euros, principalement à cause de la valeur de sa participation dans Porsche. Les résultats confirment donc une trajectoire annoncée, mais en révèlent l’ampleur.
Porsche et la Chine, deux coups durs pour le constructeur
Au troisième trimestre, Volkswagen a comptabilisé environ 8 milliards d’euros d’éléments exceptionnels. Le premier poste est une dépréciation de 6,4 milliards d’euros sur la valeur de sa participation dans Porsche, filiale de voitures de luxe elle-même en difficulté en Chine. Cette charge n’implique aucune sortie de trésorerie, mais elle pèse directement sur le résultat publié.
Le second est la chute du marché chinois. Les livraisons de Volkswagen en Chine reculent de 38,5 % sur le trimestre, à environ 406 000 véhicules, et le groupe a passé près d’un milliard d’euros de dépréciations sur des actifs de ses filiales locales. Premier marché automobile mondial, la Chine fut longtemps un centre de profit pour l’Allemand ; il y affronte désormais une concurrence locale féroce sur les prix.
À ces vents contraires s’ajoutent les droits de douane américains et la part croissante des modèles électriques, qui rapportent moins par véhicule que les thermiques. À l’échelle mondiale, les livraisons du groupe baissent d’environ 14 % au trimestre, à 1,89 million de véhicules. Autre exemple : Mercedes-Benz, lui aussi pénalisé par la Chine, et la fragilité du secteur ne se limite pas à Wolfsburg.
« Nous ne pouvons pas perdre de temps et devons agir vite et avec détermination. »
— Arno Antlitz, directeur financier de Volkswagen, communiqué du 29 octobre 2026 (cité par Euronews/AFP)
Un cœur de métier qui reste rentable, hors charges exceptionnelles
Le tableau n’est pourtant pas uniformément noir. Sur les neuf premiers mois de 2026, le résultat opérationnel publié ne dépasse pas 0,1 milliard d’euros, contre 5,4 milliards un an plus tôt. Mais hors éléments exceptionnels, il atteint 8,8 milliards d’euros, soit une marge de 3,8 %. Autrement dit, l’activité courante dégage toujours des profits ; ce sont les dépréciations, en premier lieu celle de Porsche, qui creusent le trou.
| Indicateur (T3 2026) | Valeur |
|---|---|
| Résultat net après impôts | moins 5,8 Md€ (contre moins 1,1 Md€ en 2025) |
| Chiffre d’affaires | 75,3 Md€ (moins 6,3 %) |
| Dépréciation Porsche | 6,4 Md€ |
| Livraisons en Chine | environ 406 000 (moins 38,5 %) |
| Livraisons mondiales | environ 1,89 million (moins 14 %) |
Restructuration : 31 milliards d’euros pour redresser Volkswagen
Face à ces résultats, Volkswagen mise sur un vaste plan de transformation, dont le coût de restructuration s’élève à environ 31 milliards d’euros. Il prévoit des suppressions de postes massives dans le groupe d’ici 2030 (les médias avancent des chiffres allant jusqu’à 100 000 emplois selon l’Associated Press, 120 000 selon l’AFP), avec pour objectif de réduire les coûts et de rendre les usines plus efficaces. Pour la direction, l’exécution rapide du plan est désormais la priorité.
Pour les actionnaires comme pour les salariés et les sous-traitants, l’enjeu des prochains trimestres sera de savoir si la Chine se stabilise et si la dépréciation de Porsche reste un événement isolé.
Volkswagen affiche une perte nette de 5,8 milliards d’euros au troisième trimestre 2026, tirée par une dépréciation de 6,4 milliards sur Porsche et par un effondrement des livraisons en Chine (moins 38,5 %). Hors éléments exceptionnels, le résultat opérationnel des neuf premiers mois reste de 8,8 milliards d’euros. Le plan de restructuration, à 31 milliards d’euros, est la clé de la suite.
Questions fréquentes sur les résultats de Volkswagen
Pourquoi Volkswagen a-t-il perdu 5,8 milliards d’euros au troisième trimestre 2026 ?
Principalement à cause d’une dépréciation de 6,4 milliards d’euros sur sa participation dans Porsche, d’environ un milliard de dépréciations en Chine et d’un recul des livraisons dans ce pays.
Que représente le résultat hors éléments exceptionnels ?
Sur neuf mois, le résultat opérationnel hors éléments exceptionnels atteint 8,8 milliards d’euros, soit une marge de 3,8 %.
Combien coûte la restructuration de Volkswagen ?
Environ 31 milliards d’euros, selon le groupe, avec des suppressions de postes d’ici 2030.






