Compagnie aérienne la moins chère d’Europe : Wizz Air devance easyJet et Ryanair

Deux voyageurs peuvent parcourir la même distance en Europe et payer du simple au septuple. Une étude AirAdvisor a passé au crible 23 transporteurs européens pour établir ce que coûte réellement un kilomètre parcouru, frais de bagages compris.

Avion de ligne en embarquement sur le tarmac d'un aéroport européen

Deux voyageurs peuvent parcourir la même distance en Europe et payer du simple au septuple. Une étude du service d’indemnisation AirAdvisor a passé au crible 23 transporteurs européens pour établir ce que coûte réellement un kilomètre parcouru, frais de bagages compris. Le classement bouscule quelques idées reçues sur le low cost.

Sommaire

 

Wizz Air, la compagnie aérienne la moins chère d’Europe

Avec un revenu par siège-kilomètre de 0,0433 euro, la compagnie hongroise basée à Budapest arrive en tête du classement des transporteurs les plus abordables du continent. Sur la base des distances moyennes des vols européens, préférer Wizz Air à Air France peut représenter une économie allant jusqu’à 50 euros par trajet, selon AirAdvisor.

Derrière elle, easyJet occupe la deuxième place avec 0,0521 euro, en net repli par rapport aux 0,0770 euro relevés au début de 2024. Ryanair complète ce podium inversé à 0,0556 euro, contre 0,0843 euro un an plus tôt. Les deux compagnies qui incarnent historiquement le low cost européen ne sont donc plus les moins chères au kilomètre, mais elles ont toutes deux abaissé leurs recettes unitaires de façon marquée.

Parmi les onze grandes compagnies nationales étudiées, c’est Finnair qui ressort comme la plus accessible, à 0,0622 euro. À l’autre extrémité du spectre, Widerøe, transporteur régional norvégien qui relie de petits aéroports comme Båtsfjord, Leknes ou Namsos aux grands hubs, affiche un RASK de 0,32 euro — soit plus de sept fois celui de Wizz Air.

Le RASK, un indicateur qui va au-delà du prix affiché

Le classement ne repose pas sur le prix des billets affichés sur les comparateurs, mais sur le RASK (revenue per available seat kilometre), c’est-à-dire le chiffre d’affaires passagers rapporté à chaque siège offert et à chaque kilomètre parcouru. L’indicateur est classique dans l’analyse financière du transport aérien : il permet de comparer des compagnies dont les réseaux, les distances moyennes et les tailles de flotte n’ont rien de commun.

Son intérêt pour le voyageur tient à ce qu’il englobe : le RASK intègre les recettes annexes, donc les frais de bagage en soute, le choix du siège ou l’embarquement prioritaire, et pas seulement le tarif de base. C’est précisément là que le modèle low cost se rattrape habituellement. Plus le RASK est élevé, plus la compagnie extrait de revenus de chaque siège vendu — et plus le passager paie, tous frais confondus.

La limite de l’exercice est connue : il s’agit d’une moyenne annuelle, calculée sur l’ensemble du réseau. Elle ne dit rien du prix d’un trajet précis à une date précise, où la concurrence sur la ligne, la saisonnalité et le délai de réservation pèsent bien davantage.

Le classement complet des 23 compagnies européennes

Voici le détail des recettes par siège-kilomètre relevées par AirAdvisor pour 2025, de la compagnie la plus chère à la moins chère.

Rang Compagnie RASK 2025
1 Widerøe 0,32 €
2 British Airways 0,0888 €
3 Air France 0,0850 €
3 Austrian Airlines 0,0850 €
5 Lufthansa 0,0845 €
6 Aegean Airlines 0,0839 €
7 KLM 0,0837 €
8 ITA Airways 0,0836 €
9 SWISS 0,0830 €
10 Aer Lingus 0,0807 €
11 Brussels Airlines 0,0797 €
12 Vueling 0,0790 €
13 Eurowings 0,0782 €
14 SAS 0,0758 €
15 Turkish Airlines 0,0729 €
16 Iberia 0,0708 €
17 TAP Portugal 0,0696 €
18 Norwegian Air Shuttle 0,0680 €
19 Transavia 0,0664 €
20 Finnair 0,0622 €
21 Ryanair 0,0556 €
22 easyJet 0,0521 €
23 Wizz Air 0,0433 €

Le classement fait apparaître un peloton très resserré : entre British Airways et Brussels Airlines, onze compagnies se tiennent en moins d’un centime d’euro par siège-kilomètre. L’écart significatif se joue en réalité entre ce bloc de transporteurs nationaux et le trio Ryanair – easyJet – Wizz Air, dont les recettes unitaires sont inférieures d’environ 35 à 50 %.

Pourquoi les petits transporteurs régionaux coûtent le plus cher

La position de Widerøe en tête n’a rien d’une anomalie. AirAdvisor souligne que les compagnies de petite taille supportent des coûts d’exploitation par passager plus élevés, pour trois raisons cumulatives : elles desservent moins de lignes, exploitent des flottes réduites et relient souvent des destinations éloignées ou peu demandées.

« Avec moins de sièges à vendre et une concurrence plus limitée sur de nombreuses routes, les prix des billets sont souvent plus élevés », explique la société dans son étude. La mécanique est celle de toute activité à forte intensité capitalistique : les coûts fixes d’un appareil et d’une escale se répartissent sur un nombre de passagers bien plus faible, ce qui pousse mécaniquement la recette unitaire vers le haut.

Cette logique de densité explique aussi le classement inverse. Les compagnies à très bas coûts alignent des flottes homogènes de plusieurs centaines d’appareils, remplissent des cabines mono-classe à haute densité et concentrent leur réseau sur des liaisons à fort trafic. AirAdvisor précise toutefois que la règle souffre des exceptions et invite les voyageurs à comparer route par route.

Neuf compagnies sur quatorze ont baissé leurs recettes unitaires

Le mouvement d’ensemble est peut-être l’enseignement le plus notable de l’étude. Sur les quatorze compagnies pour lesquelles AirAdvisor a pu réunir des données comparables entre 2024 et 2025, neuf affichent un RASK en recul et cinq seulement une progression. Autrement dit, la majorité des transporteurs européens tirent aujourd’hui moins de revenus de chaque siège offert qu’un an plus tôt.

British Airways fait partie des exceptions, avec une hausse de 0,0038 euro qui la porte à 0,0888 euro et lui vaut le titre de compagnie nationale la plus chère d’Europe. À l’inverse, les reculs les plus spectaculaires viennent du segment low cost : easyJet et Ryanair ont chacune abaissé leur recette unitaire de plus de trois centimes en un an.

Ce repli intervient dans un secteur par ailleurs sous tension sociale et financière. En France, le mouvement de grève chez easyJet a entraîné l’annulation d’une quarantaine de vols pour le week-end du 15 août, tandis que la compagnie britannique fait l’objet d’une bataille boursière entre fonds d’investissement, Apollo ayant déposé une offre de 5,7 milliards de livres. Pour les compagnies, la baisse du RASK signifie une pression accrue sur les marges, qu’il faut compenser par du remplissage ou de la productivité.

L’essentiel à retenir

Selon l’étude AirAdvisor portant sur 23 transporteurs européens, Wizz Air est la compagnie aérienne la moins chère d’Europe avec un revenu par siège-kilomètre de 0,0433 euro, devant easyJet (0,0521 €) et Ryanair (0,0556 €). À l’opposé, le régional norvégien Widerøe atteint 0,32 euro, et British Airways s’impose comme la compagnie nationale la plus chère à 0,0888 euro. Le RASK intégrant les frais de bagage et de choix de siège, il reflète le coût réel du voyage mieux que le tarif affiché — mais il s’agit d’une moyenne annuelle : sur une liaison donnée, la concurrence et la date de réservation restent déterminantes.

 

Questions fréquentes

Quelle est la compagnie aérienne la moins chère d’Europe ?

D’après l’étude AirAdvisor portant sur 23 transporteurs européens, Wizz Air affiche le revenu par siège-kilomètre le plus bas du continent, à 0,0433 euro. Elle devance easyJet (0,0521 €) et Ryanair (0,0556 €).

Que mesure le RASK exactement ?

Le RASK, ou revenue per available seat kilometre, correspond au chiffre d’affaires passagers rapporté à chaque siège offert et à chaque kilomètre parcouru. Il intègre les recettes annexes comme les bagages en soute ou le choix du siège, et pas seulement le prix du billet affiché.

Pourquoi les petites compagnies régionales sont-elles plus chères ?

Elles desservent moins de lignes, exploitent des flottes réduites et relient souvent des destinations éloignées ou peu demandées. Leurs coûts d’exploitation par passager sont donc plus élevés et la concurrence plus faible sur leurs routes, ce qui pousse les tarifs vers le haut.

Quelle est la compagnie nationale européenne la plus chère ?

British Airways, avec un RASK de 0,0888 euro en 2025, en hausse de 0,0038 euro sur un an. Air France et Austrian Airlines suivent à 0,0850 euro, puis Lufthansa à 0,0845 euro.

Les prix du transport aérien européen baissent-ils ?

Sur les quatorze compagnies aux données comparables entre 2024 et 2025, neuf ont vu leur RASK reculer et cinq progresser. La recette moyenne par siège offert diminue donc chez une majorité de transporteurs européens.