Le chassé-croisé du 15 août est le pic de trafic de l’été pour les compagnies à bas coûts. C’est précisément le week-end qu’ont choisi les hôtesses et stewards d’easyJet France pour cesser le travail, après un an de bras de fer sur les plannings. Une quarantaine de vols passent à la trappe samedi, et sans doute autant dimanche.
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Grève easyJet : ce qui saute les 15 et 16 août
L’intersyndicale des personnels navigants commerciaux (PNC) d’easyJet France a appelé à la grève samedi 15 et dimanche 16 août 2026, de 00h01 à 23h59. Le mouvement réunit trois organisations représentatives : l’UNAC-CFE-CGC, le SNPNC-FO et l’UNPNC-CFDT.
Selon le SNPNC-FO, cité par l’AFP, une quarantaine de vols au départ de la France ont été annulés pour la seule journée de samedi. Le syndicat anticipait « probablement autant » d’annulations dimanche, tout en précisant jeudi soir ne pas disposer d’une visibilité complète : les navigants avaient jusqu’au vendredi minuit pour se déclarer grévistes.
Le communiqué de l’intersyndicale indique que l’appel concerne 1 074 PNC répartis sur les six bases françaises de la compagnie : Orly, Roissy-Charles-de-Gaulle, Lyon, Nice, Nantes et Bordeaux. Le préavis, déposé le 4 août, couvre une période large — du 7 août au 2 septembre 2026 —, ce qui laisse la porte ouverte à d’autres journées d’action d’ici la rentrée.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Dates de grève | Samedi 15 et dimanche 16 août 2026, 00h01 – 23h59 |
| Syndicats | UNAC-CFE-CGC, SNPNC-FO, UNPNC-CFDT |
| Effectif concerné | 1 074 PNC (selon l’intersyndicale) |
| Bases françaises | Orly, Roissy-CDG, Lyon, Nice, Nantes, Bordeaux |
| Vols annulés samedi | Une quarantaine (source SNPNC-FO) |
| Préavis | Déposé le 4 août, couvre du 7 août au 2 septembre |
L’instabilité des plannings au cœur du conflit
Le conflit ne porte pas sur les salaires. Il porte sur le temps de travail et, plus précisément, sur la prévisibilité des plannings. L’intersyndicale dénonce « une instabilité des plannings devenue chronique depuis près d’un an, sans qu’aucune mesure concrète n’ait été prise ».
Les griefs listés par les syndicats sont détaillés : changements de dernière minute, « trippings » imposés — l’enchaînement de vols sur plusieurs jours consécutifs —, rotations jugées particulièrement pénalisantes et absence de mesures protectrices. Le résultat, selon le communiqué, est « un épuisement physique et mental généralisé et l’impossibilité d’organiser toute vie personnelle ».
Cette revendication est caractéristique du modèle low cost court et moyen-courrier, qui repose sur une rotation intensive des appareils et des équipages. Chaque heure d’immobilisation au sol pèse sur la rentabilité, ce qui pousse les compagnies à optimiser les plannings au plus près — parfois au détriment de leur stabilité pour les navigants.
Le troisième mouvement social depuis janvier
Ce n’est pas un premier avertissement. L’intersyndicale rappelle qu’un premier appel à la grève avait été lancé par l’UNAC en janvier 2026, suivi d’un second mouvement le 6 avril 2026 sur les bases françaises. « Depuis, aucune mesure structurelle n’a été prise », affirme le communiqué.
Le calendrier du mouvement d’août n’est pas neutre. L’intersyndicale a formalisé son appel mercredi, après l’échec des discussions du même jour avec la direction sur l’amélioration des conditions de travail. Le passage à l’acte sur le week-end du 15 août constitue donc une escalade assumée, à un moment où le rapport de force est maximal.
La direction dénonce une « action opportuniste »
La réponse de la compagnie britannique a été immédiate. easyJet s’est dite « déçue » et a appelé les syndicats « à renoncer à cette action opportuniste à une période aussi importante de l’année ».
La direction affirme avoir soumis des « propositions d’ajustements » destinées à répondre aux demandes syndicales, et souligne que des négociations sont prévues en septembre. Elle estime en conséquence que le mouvement intervient « en dehors de tout processus formel de négociation ».
Le désaccord est donc autant sur le fond que sur la méthode : les syndicats considèrent qu’un an de discussions sans résultat justifie la grève, la direction qu’un calendrier de négociation existe et qu’il fallait l’attendre.
Ce que peuvent réclamer les passagers
Les voyageurs dont le vol est annulé au départ ou à l’arrivée d’un aéroport de l’Union européenne relèvent du règlement européen 261/2004. Celui-ci impose au transporteur deux obligations distinctes.
La première est le choix, laissé au passager, entre le remboursement intégral du billet sous sept jours et un réacheminement vers la destination finale dans des conditions comparables. La seconde est une obligation de prise en charge : rafraîchissements, restauration proportionnée au temps d’attente, et hébergement avec transfert si une nuit sur place devient nécessaire.
La question de l’indemnisation forfaitaire — de 250 à 600 euros selon la distance — est plus disputée. Une compagnie peut s’en exonérer en invoquant des « circonstances extraordinaires ». Mais la Cour de justice de l’Union européenne a jugé, dans son arrêt Airhelp du 23 mars 2021, qu’une grève déclenchée par les syndicats du personnel de la compagnie elle-même relève en principe de la gestion normale de l’entreprise, et n’entre donc pas dans cette catégorie. Un conflit interne comme celui d’easyJet ouvre, à ce titre, un droit à indemnisation que les passagers peuvent faire valoir.
Un été social tendu pour l’aérien européen
easyJet occupe une place importante dans le ciel français : selon l’AFP, il s’agit de la deuxième compagnie aérienne en France en nombre de passagers, derrière Air France, avec une présence concentrée sur le court et moyen-courrier. Une grève de ses navigants sur un week-end de pointe se répercute donc largement au-delà de son propre réseau, sur des aéroports déjà saturés.
Le conflit s’ajoute à une série de tensions sur les coûts et les modèles économiques du transport aérien en Europe, alors que les redevances aéroportuaires parisiennes font elles aussi l’objet d’un bras de fer entre gestionnaires et compagnies. Pour easyJet, dont le capital a par ailleurs suscité plusieurs approches de fonds d’investissement, la maîtrise des coûts d’exploitation reste un point de vigilance permanent — et les plannings des navigants en sont l’une des variables les plus sensibles.
Avec un préavis courant jusqu’au 2 septembre, le mouvement pourrait se prolonger. La rentrée de septembre, marquée par la reprise annoncée des négociations, dira si la direction consent à des engagements écrits sur la stabilité des plannings.
Les PNC d’easyJet France font grève les 15 et 16 août 2026, à l’appel de l’UNAC-CFE-CGC, du SNPNC-FO et de l’UNPNC-CFDT. Une quarantaine de vols ont été annulés samedi selon le SNPNC-FO, avec un volume comparable attendu dimanche. Le conflit porte sur l’instabilité chronique des plannings, après deux mouvements en janvier et en avril restés sans effet structurel. Les passagers concernés peuvent exiger remboursement ou réacheminement, et la jurisprudence européenne leur ouvre en principe un droit à indemnisation dans le cas d’une grève interne à la compagnie. Le préavis courant jusqu’au 2 septembre, d’autres journées d’action restent possibles.
Questions fréquentes
Quels jours dure la grève easyJet du mois d’août 2026 ?
Le mouvement porte sur le samedi 15 et le dimanche 16 août 2026, de 00h01 à 23h59. Il s’inscrit dans un préavis déposé le 4 août qui couvre la période du 7 août au 2 septembre 2026, ce qui rend possibles d’autres journées d’action jusqu’à la rentrée.
Combien de vols easyJet sont annulés ?
Selon le syndicat SNPNC-FO, une quarantaine de vols au départ de la France ont été annulés pour la journée du samedi 15 août. Le syndicat anticipait un volume comparable le dimanche, sans disposer d’un chiffre définitif, les navigants ayant jusqu’au vendredi minuit pour se déclarer grévistes.
Quelles bases easyJet sont concernées par la grève ?
Les six bases françaises de la compagnie sont concernées : Orly, Roissy-Charles-de-Gaulle, Lyon, Nice, Nantes et Bordeaux. L’intersyndicale indique que l’appel s’adresse aux 1 074 personnels navigants commerciaux répartis sur ces sites.
Pourquoi les hôtesses et stewards d’easyJet font-ils grève ?
Le conflit porte sur l’instabilité des plannings, dénoncée comme chronique depuis près d’un an : changements de dernière minute, enchaînements de vols sur plusieurs jours imposés et rotations jugées pénalisantes. Les syndicats évoquent un épuisement physique et mental généralisé et l’impossibilité d’organiser une vie personnelle.
Ai-je droit à une indemnisation si mon vol easyJet est annulé ?
Le règlement européen 261/2004 vous ouvre le choix entre le remboursement intégral du billet sous sept jours et un réacheminement, ainsi qu’une prise en charge sur place. Concernant l’indemnisation forfaitaire de 250 à 600 euros selon la distance, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé en mars 2021 qu’une grève des propres salariés d’une compagnie ne constitue pas en principe une circonstance extraordinaire exonératoire.






