Roche : des ventes de 30,4 milliards de francs suisses au premier semestre 2026
Le groupe pharmaceutique bâlois a publié, le 23 juillet, des comptes semestriels solides sur le plan opérationnel, mais brouillés par les effets de change. Sur les six premiers mois de 2026, Roche a réalisé des ventes de 30,4 milliards de francs suisses, en hausse de 6 % à taux de change constants. Exprimée en francs, la performance ressort en revanche en repli de 2 %, conséquence directe de l’appréciation continue de la devise helvétique face au dollar et à l’euro.
Cette double lecture — une croissance réelle de l’activité contrariée par la conversion monétaire — est devenue la signature des grands groupes suisses exportateurs. Chez Roche, elle n’a pas empêché la rentabilité de progresser nettement : le résultat opérationnel de base grimpe de 10 % à changes constants, à 11,9 milliards de francs, la marge dépassant les attentes des analystes grâce à un mix produits favorable et à une bonne maîtrise des coûts.
Résultats de Roche 2026 : le portefeuille de médicaments phares tire la croissance
Dans le détail, la division Pharmaceuticals, cœur de réacteur du groupe, a vu ses ventes atteindre 23,6 milliards de francs, en progression de 6 % à changes constants. La croissance a été portée par une poignée de médicaments vedettes : le Vabysmo (maladies de la rétine), l’Ocrevus (sclérose en plaques), l’Hemlibra (hémophilie), le Phesgo (cancer du sein) et le Xolair (asthme et allergies). Ce portefeuille récent compense progressivement l’érosion des anciens blockbusters d’oncologie tombés dans le domaine public.
La division Diagnostics, qui fait de Roche l’un des leaders mondiaux du diagnostic in vitro, a de son côté généré 6,7 milliards de francs de ventes, en hausse de 3 % à changes constants. Le bénéfice de base par action ressort à 10,85 francs, en progression de 9 % à changes constants.
« Notre forte dynamique s’est poursuivie au premier semestre, portée par une hausse des ventes de 6 % à taux de change constants et par des avancées significatives de notre portefeuille de recherche. »
— Thomas Schinecker, directeur général de Roche
| Indicateur (S1 2026) | Montant | Variation (changes constants) |
|---|---|---|
| Ventes du groupe | 30,4 Md CHF | +6 % (−2 % en francs) |
| Division Pharmaceuticals | 23,6 Md CHF | +6 % |
| Division Diagnostics | 6,7 Md CHF | +3 % |
| Résultat opérationnel de base | 11,9 Md CHF | +10 % |
| Bénéfice de base par action | 10,85 CHF | +9 % |
Le franc fort, principal frein aux résultats de Roche
Le grand adversaire du semestre n’est ni un concurrent ni un brevet perdu, mais la vigueur du franc suisse. Valeur refuge par excellence, la monnaie helvétique s’est appréciée face aux principales devises, si bien que chaque vente réalisée à l’étranger — soit l’immense majorité du chiffre d’affaires de Roche — se traduit par un montant plus faible une fois reconverti. C’est tout l’écart entre les 6 % de croissance « réelle » et le recul de 2 % affiché en francs.
Ce phénomène, subi de la même manière par son voisin Novartis, illustre le talon d’Achille des champions helvétiques : une base de coûts en francs et des revenus en devises étrangères. Les analystes d’Oddo BHF et de Jefferies ont d’ailleurs qualifié ces résultats de conformes aux attentes, sans mauvaise surprise, tout en maintenant une certaine prudence dans leurs recommandations.
Des perspectives 2026 confirmées et un dividende attendu en hausse
Fort de ce semestre, Roche a confirmé ses objectifs annuels : le groupe table sur une croissance de ses ventes « à un chiffre moyen » à taux de change constants sur l’ensemble de 2026, et sur une progression du bénéfice de base par action « à un chiffre élevé », toujours hors effet de change. La direction a par ailleurs réaffirmé son intention d’augmenter le dividende versé en francs suisses, fidèle à une tradition de hausse ininterrompue depuis plusieurs décennies.
Reste la question de fond : la capacité du laboratoire à transformer son abondant pipeline de recherche en futurs blockbusters, à l’heure où l’industrie pharmaceutique mondiale affronte à la fois la pression sur les prix des médicaments et l’incertitude sur les droits de douane visant les importations de produits de santé aux États-Unis, premier marché du secteur.
Au premier semestre 2026, Roche affiche des ventes de 30,4 milliards de francs suisses, en hausse de 6 % à changes constants mais en repli de 2 % en francs à cause de la force de la devise. Le résultat opérationnel de base progresse de 10 % et le bénéfice par action de 9 %. Portée par le Vabysmo et l’Ocrevus, la division Pharma grimpe de 6 %. Le groupe confirme ses objectifs 2026 et prévoit d’augmenter son dividende.
Questions fréquentes
Quels sont les résultats de Roche au premier semestre 2026 ?
Roche a réalisé 30,4 milliards de francs suisses de ventes (+6 % à changes constants, −2 % en francs), un résultat opérationnel de base de 11,9 milliards (+10 %) et un bénéfice de base par action de 10,85 francs (+9 %). La division Pharmaceuticals a progressé de 6 % et la division Diagnostics de 3 %.
Pourquoi les ventes de Roche baissent-elles en francs suisses ?
Roche réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’étranger, en dollars et en euros. L’appréciation du franc suisse réduit la valeur de ces revenus une fois reconvertis, transformant une croissance réelle de 6 % en un recul de 2 % exprimé en francs.
Quels médicaments soutiennent la croissance de Roche ?
La croissance de la division Pharmaceuticals repose sur un portefeuille de médicaments récents : le Vabysmo (rétine), l’Ocrevus (sclérose en plaques), l’Hemlibra (hémophilie), le Phesgo (cancer du sein) et le Xolair (asthme et allergies).






