Une croissance des bénéfices de 14,5 % en trompe-l’œil
La saison des résultats du deuxième trimestre s’annonce solide pour les grandes valeurs européennes. Selon les prévisions publiées le 2 juillet par London Stock Exchange Group (données I/B/E/S), les sociétés du STOXX 600 — l’indice de référence des 600 plus grandes capitalisations du continent — devraient afficher une croissance moyenne de leurs bénéfices de 14,5 % sur le trimestre. Un chiffre qui, à première vue, témoigne de la bonne santé des entreprises du Vieux Continent.
Mais la réalité est plus contrastée. En excluant le seul secteur de l’énergie, la progression attendue des profits tombe à 5,5 %, selon la même source. Autrement dit, une grande partie de la performance affichée par l’indice repose sur les résultats des groupes pétroliers et gaziers, sans lesquels la dynamique bénéficiaire européenne apparaît nettement plus modeste. Côté chiffre d’affaires, les revenus des entreprises hors énergie ne devraient croître que de 5,1 % en moyenne.
Bénéfices des entreprises européennes : l’énergie masque un marché à deux vitesses
Le déséquilibre est frappant lorsqu’on détaille la croissance par secteur. L’énergie domine très largement, avec une progression attendue des bénéfices de 109,3 %, loin devant les matériaux de base et la technologie. Ce classement illustre à quel point les perspectives de résultats du continent restent dépendantes des cours des matières premières.
| Secteur | Croissance attendue des bénéfices (T2 2026) |
|---|---|
| Énergie | +109,3 % |
| Matériaux de base | +46,3 % |
| Technologie | +14,0 % |
| Consommation cyclique | +11,5 % |
| STOXX 600 (ensemble) | +14,5 % |
| STOXX 600 hors énergie | +5,5 % |
Du choc pétrolier iranien au reflux du Brent sous 70 dollars
Cette surperformance de l’énergie est le produit d’un trimestre particulièrement agité sur le marché du brut. Sous l’effet des craintes sur l’approvisionnement liées à la guerre avec l’Iran, le baril de Brent a un temps dépassé les 100 dollars, avant de refluer autour de 70 dollars une fois la tension retombée. Cette flambée temporaire des prix a gonflé les marges des majors pétrolières sur la période, dopant mécaniquement leurs bénéfices.
La suite reste néanmoins suspendue à la géopolitique. Si les États-Unis et l’Iran ont signé en juin un accord intérimaire pour suspendre les combats, l’incertitude demeure, les négociations de paix peinant à avancer.
« Les États-Unis et l’Iran parviendront probablement à un accord, mais ce sera une rustine plutôt qu’une solution durable. »
— Mohit Kumar, économiste chez Jefferies
Un STOXX 600 déjà au niveau des objectifs de fin d’année
Malgré ces turbulences, les marchés actions européens ont fait preuve de résilience. Après avoir perdu l’essentiel de ses gains de 2026 au déclenchement du conflit, le STOXX 600 s’est depuis redressé et progresse désormais d’environ 9 % depuis le début de l’année. L’indice a même déjà atteint l’objectif de fin d’année fixé par J.P. Morgan, ce qui a conduit la banque à relever, en début de semaine, son estimation pour l’ensemble de l’exercice 2026.
Pour les investisseurs, l’enjeu des prochaines semaines sera de vérifier si les publications trimestrielles confirment ces prévisions, et surtout si la vigueur des secteurs cycliques peut prendre le relais d’une énergie dont la contribution restera, elle, tributaire de l’évolution des cours du pétrole. Un test de plus pour un marché qui reste exposé aux fragilités de l’économie mondiale.
Les bénéfices du STOXX 600 devraient croître de 14,5 % au 2e trimestre 2026 selon LSEG, mais cette hausse repose largement sur l’énergie (+109,3 %) : hors ce secteur, la croissance retombe à 5,5 %. Portée par un baril passé au-dessus de 100 dollars pendant la guerre en Iran avant de refluer vers 70 dollars, la performance reste dépendante des cours du brut. L’indice progresse d’environ 9 % depuis janvier.
FAQ — Bénéfices des entreprises européennes au 2e trimestre 2026
De combien devraient progresser les bénéfices des entreprises européennes au 2e trimestre 2026 ?
Selon les données I/B/E/S de London Stock Exchange Group publiées le 2 juillet 2026, les bénéfices des sociétés du STOXX 600 devraient croître en moyenne de 14,5 % sur le trimestre.
Pourquoi cette croissance est-elle jugée en trompe-l’œil ?
Parce qu’elle repose fortement sur le secteur de l’énergie. Hors énergie, la croissance attendue des bénéfices du STOXX 600 tombe à 5,5 %, ce qui révèle un marché à deux vitesses.
Quel rôle a joué le prix du pétrole ?
Le baril de Brent a dépassé 100 dollars pendant la guerre avec l’Iran avant de refluer autour de 70 dollars. Cette flambée temporaire a gonflé les marges des groupes pétroliers, dopant leurs bénéfices du deuxième trimestre.
Quelle est la performance du STOXX 600 en 2026 ?
Après avoir perdu ses gains au déclenchement du conflit avec l’Iran, l’indice STOXX 600 s’est redressé et affiche une hausse d’environ 9 % depuis le début de l’année 2026, atteignant l’objectif de fin d’année de J.P. Morgan.






