Prix du pétrole : le Brent repasse sous 74 dollars, au plus bas depuis février 2026

Le baril de Brent est repassé sous 74 dollars le 24 juin 2026, au plus bas depuis février. En dix jours, la fin de la guerre Iran-Israël a effacé toute la prime de risque. L'Europe respire.

Pétrolier en mer, illustration de la baisse du prix du pétrole

Le Brent sous 74 dollars : la plus forte chute du pétrole depuis février

Le baril de Brent de la mer du Nord a franchi à la baisse le seuil des 74 dollars mercredi 24 juin 2026, une première depuis le 27 février. Vers 16 heures (heure de Londres), le contrat de référence pour livraison en août cédait environ 4 %, à 73,94 dollars le baril, tandis que son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), reculait de 3,8 % à 70,43 dollars. En moins de dix jours, la totalité de la prime de risque accumulée pendant la guerre entre l’Iran et Israël a été effacée.

Le mouvement confirme un retournement spectaculaire. Le 15 juin encore, au lendemain de l’annonce d’un accord de cessez-le-feu, le Brent valait 83,45 dollars. La détente diplomatique au Moyen-Orient et la réouverture progressive du détroit d’Ormuz ont depuis suffi à inverser la dynamique des cours.

La prime de risque géopolitique s’est évaporée

Au plus fort de la crise, les opérateurs craignaient une fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial consommé chaque jour. Cette menace avait propulsé le Brent au-delà de 90 dollars et nourri les inquiétudes d’un nouveau choc pétrolier. La confirmation de la levée du blocus naval et la reprise du trafic de pétroliers ont fait fondre cette surprime en quelques séances.

Le marché est ainsi passé d’une logique de pénurie anticipée à une logique d’abondance retrouvée. Le retour des cargaisons en provenance du Golfe, conjugué à une demande mondiale jugée atone, a rétabli un équilibre offre-demande nettement plus favorable aux acheteurs. Pour l’Europe, importatrice nette d’hydrocarbures, le reflux des cours constitue une bouffée d’oxygène, après des mois où l’énergie a pesé sur la facture des entreprises et sur l’inflation.

En moins de dix jours, le marché du pétrole est passé de la peur de la pénurie à l’anticipation d’un excédent durable.

Le détroit d’Ormuz rouvre, l’offre revient

La normalisation des flux maritimes est le principal moteur de la baisse. Selon les données de trafic, le nombre de pétroliers empruntant le détroit d’Ormuz est reparti à la hausse, signe que les armateurs jugent de nouveau la zone sûre. Cette reprise s’ajoute à une offre déjà bien orientée : l’OPEP+ a maintenu sa trajectoire de hausse graduelle de production, et plusieurs membres du cartel poussent pour défendre leurs parts de marché plutôt que les prix.

La reconstitution complète des volumes pourrait toutefois prendre plusieurs mois, les installations et les routes commerciales ne se remettant pas instantanément d’une période de tension. Mais la direction est désormais claire pour les marchés : celle d’un reflux des cours.

Référence 15 juin 2026 24 juin 2026 Variation
Brent (mer du Nord) 83,45 $ 73,94 $ −11,4 %
WTI (États-Unis) 80,62 $ 70,43 $ −12,6 %

Cours du baril pour livraison à un mois. Sources : places de cotation ICE et NYMEX.

Quelles perspectives pour le prix du pétrole en 2026 ?

La plupart des analystes anticipent désormais une orientation baissière à moyen terme. La banque Citi table dans son scénario central sur une normalisation durable des flux et un basculement du marché vers un excédent, avec des cours susceptibles de glisser entre 60 et 65 dollars le baril d’ici le premier trimestre 2027. Une telle trajectoire contraste fortement avec les projections d’avril, lorsque l’hypothèse dominante tablait sur des prix de l’énergie durablement élevés en Europe après la première trêve iranienne.

Reste une inconnue de taille : la discipline de l’OPEP+. Si le cartel et ses alliés décidaient de freiner leurs hausses de production pour soutenir les prix, le reflux pourrait s’interrompre. Les tensions internes au sein de l’alliance, illustrées par les débats récents autour de la stratégie des Émirats arabes unis, rendent toutefois la coordination plus incertaine que par le passé.

L’essentiel à retenir

Le prix du pétrole a effacé toute la prime liée à la guerre Iran-Israël : le Brent est repassé sous 74 dollars le 24 juin 2026, au plus bas depuis le 27 février, en baisse de plus de 11 % en dix jours. La réouverture du détroit d’Ormuz et le retour de l’offre font basculer le marché vers un possible excédent, Citi visant 60 à 65 dollars début 2027. Pour l’Europe importatrice, c’est un soulagement sur l’inflation — sous réserve de la discipline de l’OPEP+.

 

FAQ — Prix du pétrole

Pourquoi le prix du pétrole baisse-t-il en juin 2026 ?

La baisse s’explique par la fin de la guerre entre l’Iran et Israël et la réouverture du détroit d’Ormuz. La prime de risque géopolitique qui avait fait grimper les cours s’est dissipée, tandis que l’offre est revenue sur le marché.

À combien est le baril de Brent aujourd’hui ?

Le 24 juin 2026, le baril de Brent pour livraison en août s’échangeait autour de 73,94 dollars, en baisse d’environ 4 % sur la séance, son plus bas niveau depuis le 27 février 2026.

Quelles perspectives pour les cours du pétrole en 2026 et 2027 ?

Plusieurs analystes, dont la banque Citi, anticipent un marché en excédent et des cours évoluant entre 60 et 65 dollars le baril d’ici début 2027. Cette trajectoire dépendra toutefois de la politique de production de l’OPEP+.