Un marché automobile encore convalescent
Le marché automobile français a renoué avec une légère croissance en mai 2026, avec 128 484 immatriculations, soit une hausse de 3,7 % sur un an. Mais le rebond est en trompe-l’œil : la comparaison s’effectue avec mai 2025, l’un des pires mois de la décennie. Sur les cinq premiers mois de l’année, le marché reste quasi à l’équilibre (-0,6 %, avec 668 379 véhicules) et, surtout, il demeure inférieur de 34 % à son niveau d’avant la pandémie de Covid-19, selon la Plateforme automobile (PFA).
Dans ce paysage atone, un segment tire toute la dynamique : la voiture électrique. Ses ventes ont bondi de 92,8 % en mai, au point de représenter près d’une immatriculation neuve sur trois. Le leasing social, la fiscalité avantageuse des flottes d’entreprise et l’offensive commerciale de Tesla expliquent l’essentiel de cette accélération. La Tesla Model Y est restée le modèle électrique le plus vendu du mois, avec 3 874 unités.
Voitures électriques chinoises : BYD et XPeng en embuscade
C’est sur ce terrain de l’électrique que les voitures électriques chinoises avancent le plus vite. En mai 2026, BYD a écoulé 2 585 véhicules en France, une progression spectaculaire de 175,6 % sur un an. Le constructeur de Shenzhen dépasse désormais des marques historiques comme Opel (2 560 immatriculations, -2,8 %) et talonne MG, autre enseigne d’origine chinoise, qui pointe à la 12e place du classement toutes marques avec 2 682 unités.
La poussée ne se limite pas à ces deux noms. XPeng a immatriculé 682 véhicules (+167,5 %), Leapmotor 604 unités, tandis que Jaecoo, arrivée il y a seulement deux mois sur le marché français, affiche déjà 901 immatriculations, dont 802 auprès de particuliers. Ces volumes restent modestes en valeur absolue, mais leur rythme de croissance et la proximité des écarts avec les constructeurs établis montrent que la bataille européenne de l’électrique est désormais frontale.
En mai 2026, près d’une voiture neuve sur trois vendue en France était électrique — et les marques chinoises captent une part croissante de cette vague.
Renault et Stellantis sous pression
Le revers de la médaille est porté par les constructeurs nationaux. Les groupes Renault et Stellantis, au coude-à-coude, reculent respectivement de 7,6 % et 7,7 %, à 31 873 et 31 787 immatriculations. Chez Renault, toutes les marques sont orientées à la baisse ; chez Stellantis, seules Fiat (2 496 unités, +71 %) et Jeep (865, +14,7 %) tirent leur épingle du jeu, quand Citroën cède 7,6 % à 8 458 unités. Ces chiffres prolongent les difficultés commerciales déjà mises en évidence dans les résultats du premier trimestre 2026 de Renault.
Les marques asiatiques et américaines ne sont pas épargnées : Hyundai chute de 17,2 % (4 559), Ford s’effondre de 36 % (1 999) et passe sous la barre symbolique des 2 % de part de marché, Suzuki recule de 18,9 % (1 065). À rebours de cette tendance, le groupe Volkswagen reprend des couleurs (+1,6 %, 20 037 unités), porté par Skoda (+13,5 %) et Audi (+7,4 %) — une dynamique cohérente avec le redressement amorcé lors des résultats trimestriels du constructeur allemand. Les premium allemands BMW (+41 %) et Mercedes-Benz (+19,6 %) signent également de fortes hausses.
Un classement de plus en plus disputé
Le tableau ci-dessous illustre la recomposition en cours sur le marché français en mai 2026, entre constructeurs établis en repli et nouveaux entrants chinois en forte croissance.
| Marque | Immatriculations (mai 2026) | Variation sur un an |
|---|---|---|
| Volkswagen (marque) | 8 825 | +0,1 % |
| Citroën | 8 458 | -7,6 % |
| BMW | 7 930 | +41 % |
| MG (Chine) | 2 682 | +4,1 % |
| BYD (Chine) | 2 585 | +175,6 % |
| Opel | 2 560 | -2,8 % |
| Jaecoo (Chine) | 901 | nouvelle entrée |
| XPeng (Chine) | 682 | +167,5 % |
Pour les marques chinoises, l’électrique constitue un cheval de Troie idéal : il leur permet de contourner les positions installées des constructeurs thermiques et d’attaquer un marché en pleine transition technologique. Pour les groupes européens, l’enjeu est double : défendre leurs volumes domestiques tout en accélérant leur propre montée en gamme électrique, sous la contrainte des objectifs d’émissions de l’Union européenne.
En mai 2026, le marché automobile français progresse de 3,7 % mais reste 34 % sous son niveau d’avant-Covid. La voiture électrique, en hausse de 92,8 %, représente près d’une vente sur trois. Les marques chinoises accélèrent fortement — BYD +175,6 %, XPeng +167,5 % — tandis que Renault et Stellantis reculent d’environ 7,7 %. La bataille européenne de l’électrique entre dans une phase décisive.
Questions fréquentes
Quelle est la part de marché de la voiture électrique en France en mai 2026 ?
Les voitures électriques ont représenté près d’une immatriculation neuve sur trois en mai 2026 en France, après une progression de leurs ventes de 92,8 % sur un an, portée par le leasing social, la fiscalité des flottes d’entreprise et l’offensive de Tesla.
Quelles marques chinoises progressent le plus sur le marché français ?
BYD a vu ses immatriculations bondir de 175,6 % en mai 2026 (2 585 unités) et XPeng de 167,5 % (682 unités). MG dépasse les 2 600 unités et figure dans le top 12 toutes marques, tandis que Jaecoo et Leapmotor poursuivent leur déploiement.
Comment se portent Renault et Stellantis ?
Les deux groupes français reculent en mai 2026, de 7,6 % pour Renault (31 873 unités) et de 7,7 % pour Stellantis (31 787 unités). Chez Stellantis, seules Fiat et Jeep progressent, alors que la quasi-totalité des marques Renault sont en baisse.






