Rémunération du PDG de Société Générale : Slawomir Krupa obtient une hausse de 45 % validée par 73 % des actionnaires

Réunis en assemblée générale le 27 mai 2026, les actionnaires de Société Générale ont approuvé une hausse de 45 % de la rémunération fixe de Slawomir Krupa, portée de 1,65 à 2,4 millions d'euros par an. Un vote serré — 73,17 % des suffrages — qui consacre la stratégie de redressement engagée depuis 2023, mais fait bondir les syndicats.

Société Générale rémunération PDG : un vote serré mais favorable

L’assemblée générale des actionnaires de Société Générale, réunie le mardi 27 mai 2026, a validé la résolution la plus sensible de l’ordre du jour : la rémunération fixe du directeur général Slawomir Krupa passe de 1,65 à 2,4 millions d’euros par an, soit une hausse de 45 %. Le vote n’a été acquis qu’à 73,17 % des suffrages exprimés — un score considéré comme étroit pour ce type de résolution, qui requiert traditionnellement plus de 90 % d’adhésion dans les groupes du CAC 40.

Le conseil d’administration de la banque justifie cette revalorisation par « une performance exceptionnelle du groupe depuis son arrivée » à la tête de l’établissement en mai 2023. Au-delà du fixe, c’est l’ensemble du package qui mécanique : la part variable annuelle pouvant atteindre 140 % du fixe, la rémunération totale potentielle de Slawomir Krupa pourra grimper jusqu’à 7,2 millions d’euros par an, contre environ 5 millions versés en 2024 selon Le Figaro.

Une justification appuyée sur le redressement du cours et la rentabilité

Depuis l’arrivée de Slawomir Krupa, Société Générale a engagé un plan de transformation drastique : cession de filiales secondaires, sortie progressive de la banque de financement aux États-Unis, montée en puissance d’Ayvens (ex-ALD Automotive) après l’absorption de LeasePlan, recentrage sur la banque de détail française et la banque privée. La direction met également en avant l’amélioration sensible du ratio CET1 et le rebond du cours de l’action, longtemps décoté par rapport à BNP Paribas et Crédit Agricole.

Le conseil d’administration argue qu’un alignement avec les standards européens était devenu indispensable pour conserver son dirigeant. Le précédent fixe — 1,65 million d’euros — plaçait le PDG de SocGen nettement en dessous de ses homologues de BNP Paribas, Crédit Agricole SA, Deutsche Bank ou UniCredit. La banque se prévaut donc d’un effet de rattrapage compétitif autant que d’une récompense de performance.

Avec 26,83 % de votes contre une résolution validée par le conseil d’administration, la fronde actionnariale chez Société Générale dépasse largement le seuil traditionnel d’alerte des grandes assemblées du CAC 40.

Vent debout : la fronde des syndicats et des minoritaires

Le quart des actionnaires qui a voté contre — soit près de 27 % des suffrages — illustre la sensibilité du sujet. La Tribune rapporte que les organisations syndicales sont « vent debout » contre cette hausse, qu’elles estiment difficile à expliquer aux salariés dans un contexte de plans de productivité et de digitalisation des agences. La temporalité est particulièrement délicate : l’AG s’est tenue moins de deux semaines après l’annonce d’un plan d’économies supplémentaires sur les frais généraux.

Les fonds passifs et les gestionnaires d’actifs européens (Amundi, Axa IM, Carmignac, BlackRock Europe) ont historiquement été plus accommodants que les institutionnels américains sur les questions de rémunération bancaire. La hausse a néanmoins été davantage contestée que prévu, signe que les recommandations des agences de conseil en vote (proxy advisors) ont pesé, même si leur position publique n’a pas été détaillée dans les comptes rendus d’AG.

Société Générale rémunération PDG : ce que dit la mécanique du package 2026

Le tableau ci-dessous récapitule la structure de rémunération désormais en vigueur à compter de l’exercice 2026, selon les éléments validés par l’AG du 27 mai :

Composante Avant 2026 À partir de 2026 Évolution
Rémunération fixe annuelle 1,65 M€ 2,40 M€ +45 %
Variable max (140 % du fixe) ~2,31 M€ ~3,36 M€ +45 %
Rémunération totale potentielle ~5,0 M€ (2024) jusqu’à 7,2 M€ +44 %
Vote AG en faveur 73,17 %

L’épisode s’inscrit dans une recomposition plus large du paysage bancaire européen — consolidation transfrontalière, course à la taille critique, retour des banques sur les marchés européens — qui pousse les conseils d’administration à muscler les packages de leurs dirigeants. Reste qu’avec un score de 73,17 %, le conseil d’administration de Société Générale est prévenu : la prochaine résolution similaire devra être nettement plus argumentée pour franchir le seuil symbolique des 80 % de soutien.

L’essentiel à retenir

L’assemblée générale de Société Générale a approuvé le 27 mai 2026 une hausse de 45 % de la rémunération fixe du PDG Slawomir Krupa, portée de 1,65 à 2,4 millions d’euros par an. Le vote n’a recueilli que 73,17 % des suffrages, un score étroit qui traduit la fronde des minoritaires et des syndicats. La rémunération totale potentielle peut désormais atteindre 7,2 millions d’euros, contre 5 millions versés en 2024.

 

Questions fréquentes

De combien augmente la rémunération de Slawomir Krupa, PDG de Société Générale ?

La rémunération fixe annuelle de Slawomir Krupa passe de 1,65 à 2,40 millions d’euros, soit une hausse de 45 %, à compter de l’exercice 2026. La rémunération totale potentielle (fixe + variable maximum à 140 % du fixe) peut atteindre 7,2 millions d’euros, contre environ 5 millions versés en 2024.

Quand le vote sur la rémunération du PDG de Société Générale a-t-il eu lieu ?

Le vote s’est tenu lors de l’assemblée générale du 27 mai 2026. La résolution a été adoptée avec 73,17 % des suffrages exprimés.

Pourquoi cette hausse de salaire est-elle contestée ?

Près de 27 % des actionnaires ont voté contre, un score significativement élevé pour une résolution validée par le conseil d’administration. La Tribune rapporte que les organisations syndicales sont « vent debout », estimant la hausse difficile à expliquer aux salariés dans un contexte de plans de productivité et de digitalisation des agences.

Comment se justifie le conseil d’administration de Société Générale ?

Le conseil invoque une « performance exceptionnelle du groupe depuis l’arrivée » de Slawomir Krupa en mai 2023, avec un plan de transformation drastique (cession de filiales, recentrage stratégique, montée en puissance d’Ayvens). Il met également en avant la nécessité d’un alignement compétitif avec les standards de rémunération des grandes banques européennes (BNP Paribas, Crédit Agricole, Deutsche Bank, UniCredit).