- Altice France a annoncé le 17 avril 2026 l’ouverture de négociations exclusives pour la cession de SFR
- L’offre acceptée s’élève à 20,35 milliards d’euros de valeur d’entreprise
- Bouygues Telecom (42 %), Free (31 %) et Orange (27 %) se répartissent les actifs
- La période d’exclusivité court jusqu’au 15 mai 2026
- L’opération reste conditionnée aux autorisations antitrust — aucune certitude de finalisation
Une offre à 20,35 milliards d’euros acceptée après un premier rejet en octobre 2025
Le 17 avril 2026, Altice France a officialisé l’entrée en négociations exclusives avec Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange pour la cession de SFR, valorisée à 20,35 milliards d’euros de valeur d’entreprise. Cette annonce constitue un tournant décisif dans un dossier porté depuis plusieurs années par l’endettement colossal de Patrick Drahi, estimé à 24 milliards d’euros pour l’ensemble d’Altice France.
La transaction n’a pas été simple à mettre sur pied. Le consortium Bouygues-Free-Orange avait soumis une première offre de 17 milliards d’euros en octobre 2025, rejetée par Altice. Le relèvement à 20,35 milliards, fruit de plusieurs mois de due diligence impliquant près de 200 experts financiers et juridiques, a finalement emporté l’adhésion. Le tribunal des activités économiques avait de son côté autorisé la vente dès 2025, levant un obstacle juridique préalable.
Si elle aboutit, cette transaction serait l’une des plus importantes jamais réalisées dans le secteur des télécommunications en France, mettant fin à l’aventure SFR de Patrick Drahi, qui avait racheté l’opérateur en 2014 pour en faire le fer de lance de son empire Altice.
Vente SFR : comment les actifs sont répartis entre les trois acquéreurs
L’accord prévoit une répartition précise des actifs selon la part de chaque opérateur dans le consortium :
| Opérateur | Part | Actifs acquis |
|---|---|---|
| Bouygues Telecom | 42 % | Clientèle B2B intégrale, réseau mobile zones non denses, part B2C et fréquences |
| Free-Groupe Iliad | 31 % | Part clientèle B2C, infrastructures et fréquences |
| Orange | 27 % | Part clientèle B2C, infrastructures et fréquences |
Plusieurs actifs stratégiques sont exclus du périmètre de la cession : XP Fibre (réseau fibre optique), UltraEdge, ACS/Intelcia (centres de relation client), Altice Technical Services, ainsi que les activités d’Altice France dans les départements et régions d’outre-mer. Ces entités resteront dans le giron d’Altice, permettant au groupe de conserver un ancrage dans les infrastructures numériques françaises.
L’antitrust, principal obstacle à la vente de SFR
La période d’exclusivité court jusqu’au 15 mai 2026, date limite pour finaliser la documentation juridique et financière de la transaction. Mais la vraie épreuve reste à venir : l’obtention des autorisations réglementaires.
L’opération implique en effet le rachat d’un opérateur national majeur par ses trois principaux concurrents directs — une concentration inédite qui fera passer le marché de quatre opérateurs d’envergure nationale à trois. L’Autorité de la concurrence française et potentiellement l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) devront se prononcer sur la compatibilité du deal avec les règles antitrust.
Ce schéma n’est pas sans précédent en Europe : l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie ont chacune connu des consolidations similaires, avec des effets contrastés sur les prix et la qualité de service. Les autorités françaises examineront notamment les engagements des acquéreurs sur le maintien de la concurrence et les investissements dans les réseaux.
En parallèle, les instances représentatives du personnel de SFR devront être consultées préalablement à la signature définitive, conformément au droit du travail français.
Ce que le rachat de SFR va changer pour les abonnés
Pour les millions d’abonnés SFR — entreprises et particuliers —, la transition se voudra transparente dans un premier temps. Les contrats en cours ne seront pas interrompus ; les clients basculeront progressivement vers l’un des trois opérateurs acquéreurs selon la répartition convenue. Bouygues Telecom hériterait de l’ensemble de la clientèle professionnelle (B2B), tandis que les particuliers seraient distribués entre les trois opérateurs.
Toute modification contractuelle introduite par le repreneur après le rachat — notamment une hausse tarifaire — donnera droit à une résiliation sans frais. Mais à plus long terme, le passage de quatre à trois opérateurs d’envergure nationale soulève des interrogations légitimes sur l’intensité concurrentielle du marché et l’évolution des prix pour les consommateurs.
Europe Business News avait suivi l’émergence de ce dossier dès mars 2026, lorsque la valorisation de 20 milliards était encore au stade de négociation informelle.
