Air France suspend ses vols vers le Moyen-Orient depuis le premier jour du conflit
Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, le 1er mars 2026, Air France a interrompu l’ensemble de ses liaisons commerciales avec la région. Ce qui s’annonçait comme une mesure de précaution à durée limitée s’est transformé en une série de prolongations successives, dictées par une situation sur place que la compagnie elle-même qualifie de « très évolutive ».
Vendredi 6 mars, Air France a confirmé une nouvelle extension de la suspension. La compagnie invoque deux contraintes convergentes : la persistance de la menace sécuritaire et le maintien de la fermeture des espaces aériens aux vols commerciaux dans la zone de conflit. Une équation qui ne laisse guère de marge de manœuvre aux transporteurs aériens internationaux.
Dubaï, Ryad, Tel-Aviv, Beyrouth : le calendrier des vols suspendus
Quatre destinations sont actuellement à l’arrêt. Les vols à destination et en provenance de Dubaï et Ryad sont suspendus jusqu’au mardi 10 mars inclus — avec un délai supplémentaire jusqu’au mercredi pour les rotations au départ de l’émirat. Les liaisons vers Tel-Aviv et Beyrouth restent bloquées au minimum jusqu’au 11 mars.
La compagnie précise que ces mesures ne visent que ses vols commerciaux : les rotations organisées par le ministère des Affaires étrangères pour le rapatriement de ressortissants français ne sont pas concernées par la suspension.
La reprise des opérations restera soumise à une évaluation de la situation sécuritaire sur place, qui est très évolutive.
— Air France, communiqué officiel, 6 mars 2026
Un demi-tour sous les missiles : l’incident du 5 mars
La gravité du contexte s’est illustrée de façon spectaculaire dans la soirée du 5 mars. Un avion Air France affrété par le gouvernement français pour rapatrier des ressortissants depuis les Émirats arabes unis a été contraint de faire demi-tour après des « tirs de missiles dans la zone », a annoncé Philippe Tabarot, ministre des Transports, sur le réseau social X. L’incident souligne la difficulté d’opérer, même dans le cadre d’un vol d’État, au-dessus d’un espace aérien en guerre.
Un secteur aérien européen sous pression, des répercussions économiques en cascade
Air France n’est pas la seule compagnie touchée. Depuis le déclenchement des hostilités, de nombreuses compagnies extérieures au Golfe ont pris des décisions similaires, contraintes par la fermeture de couloirs aériens désormais sous contrôle militaire. La désorganisation du trafic aérien vers le Moyen-Orient s’ajoute aux perturbations économiques plus larges engendrées par le conflit : les marchés de l’énergie, du transport maritime et des matières premières subissent également des tensions significatives dans la région.
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