Six mois après avoir été valorisée 14,6 milliards de dollars, la société britannique d’infrastructure d’IA revient frapper à la porte des investisseurs — cette fois avec Nvidia dans la pièce. Le tour de table négocié à Londres tient autant du financement que du signal envoyé aux marchés avant une entrée en Bourse.
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Nscale négocie 3,5 milliards de dollars avant son entrée en Bourse
Nscale, fournisseur britannique d’infrastructure cloud dédiée à l’intelligence artificielle, discute avec des investisseurs potentiels d’une levée d’environ 3,5 milliards de dollars en financement pré-IPO, selon une source proche du dossier citée par Reuters. L’information avait d’abord été rapportée par Bloomberg.
La société, dont le siège est à Londres, est dirigée par son fondateur Josh Payne. Elle conçoit et exploite ses propres centres de données, ses processeurs graphiques et sa couche logicielle pour vendre de la puissance de calcul GPU à grande échelle — un modèle intégré verticalement qui la distingue des revendeurs de capacité.
Contactés, Nscale et Goldman Sachs se sont refusés à tout commentaire ; Third Point et Nvidia n’ont pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations de l’agence. Les discussions sur l’identité des investisseurs et le montant final restent ouvertes et peuvent encore évoluer.
Le montage : obligations convertibles et décote sur le prix d’IPO
Le tour de table se décompose en deux briques bien distinctes, qui n’engagent pas le même type d’investisseur.
| Brique du financement | Montant visé | Acteur en tête |
|---|---|---|
| Obligations convertibles | jusqu’à 1,5 Md$ | Third Point (hedge fund, New York) |
| Investissement stratégique | environ 2 Md$ | Nvidia |
| Total visé | ~3,5 Md$ | Goldman Sachs, banque conseil |
Les obligations convertibles sont proposées avec une décote à deux chiffres par rapport au futur prix d’introduction en Bourse. Le mécanisme est classique dans les tours pré-IPO : il rémunère le risque pris par un investisseur qui s’engage avant de connaître la valorisation retenue par le marché, et lui garantit d’entrer au capital à un prix inférieur à celui des souscripteurs de l’IPO.
La présence de Nvidia à hauteur de 2 milliards de dollars change en revanche la nature de l’opération. Le concepteur de puces ne se contente pas d’y placer de la trésorerie : il finance un client qui achètera ses accélérateurs. Ce type de boucle capitalistique — déjà observé lors du rachat de Hugging Face — est devenu l’une des signatures du financement de l’IA.
Le contrat Anthropic, moteur de la trajectoire
La trajectoire de valorisation de Nscale n’est pas seulement financière : elle repose sur un carnet de commandes. En mars 2026, la société avait bouclé une série C de 2 milliards de dollars sur une valorisation de 14,6 milliards de dollars.
Depuis, elle a signé un accord d’un tout autre calibre : Anthropic loue de la capacité de calcul IA sur le campus de centres de données de Nscale en Virginie-Occidentale, dans le cadre d’un contrat de six ans portant sur environ 45 milliards de dollars. Ce type d’engagement pluriannuel sécurise le remplissage des installations avant même leur montée en charge — précisément l’argument qu’un candidat à la Bourse doit pouvoir présenter à des investisseurs échaudés par le coût du capital.
Une infrastructure adossée au capital et à l’énergie nordiques
Derrière l’étiquette londonienne, une part importante du dispositif industriel est nordique. Le groupe norvégien Aker ASA est entré au capital lors des tours successifs et détient, à l’issue de la série C, plus de 20 % de la société. Les deux partenaires développent conjointement des centres de données à Narvik, dans le nord de la Norvège, et Nscale exploite également un site à Glomfjord, sur la même côte.
« L’IA remodèle l’économie mondiale et redéfinit la valeur de l’énergie renouvelable. Avec Nscale, nous soutenons une infrastructure souveraine, capable de passer à l’échelle et conçue pour accélérer cette transformation. »
— Øyvind Eriksen, président-directeur général d’Aker ASA
La logique est industrielle autant que financière. Le nord de la Norvège cumule trois avantages pour un opérateur de calcul intensif : une électricité largement hydraulique et bon marché, un climat froid qui réduit la facture de refroidissement, et un réseau capable d’absorber des charges très concentrées. C’est le même raisonnement énergétique qui structure aujourd’hui la carte européenne des centres de données — un pays dont le fonds souverain rebat par ailleurs les cartes de ses placements obligataires se retrouve ainsi au cœur de la chaîne de valeur de l’IA.
Ce que le dossier ne dit pas encore
Plusieurs inconnues subsistent. Ni la date de l’introduction en Bourse, ni la place de cotation visée, ni la valorisation cible n’ont été rendues publiques. La taille du tour et la composition finale du tour de table restent, de l’aveu même de la source citée, susceptibles de bouger.
Reste la question de fond, commune à tout le secteur : la capacité de calcul commandée aujourd’hui trouvera-t-elle preneur au prix escompté sur six ans ? Le contrat Anthropic apporte une réponse partielle, pour un client et un campus. Il ne dit rien du reste du parc, ni de la pression concurrentielle exercée par les hyperscalers américains, qui financent leurs propres capacités sans passer par les marchés.
Nscale négocie environ 3,5 milliards de dollars de financement pré-IPO : jusqu’à 1,5 milliard en obligations convertibles menées par Third Point, et près de 2 milliards apportés par Nvidia, avec Goldman Sachs en banque conseil. La société britannique, valorisée 14,6 milliards de dollars en mars après une série C de 2 milliards, s’appuie sur un contrat de six ans et quelque 45 milliards de dollars signé avec Anthropic. Point d’attention pour l’Europe : plus de 20 % du capital est détenu par le norvégien Aker ASA, et une partie des centres de données est implantée à Narvik et Glomfjord. Ni la date, ni la place, ni la valorisation de l’IPO ne sont arrêtées.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que Nscale ?
Nscale est un fournisseur d’infrastructure cloud dédiée à l’intelligence artificielle, dont le siège se trouve à Londres. Dirigée par son fondateur Josh Payne, elle possède et exploite ses propres centres de données, ses processeurs graphiques et sa couche logicielle pour fournir de la puissance de calcul GPU à grande échelle.
Combien Nscale cherche-t-elle à lever ?
Environ 3,5 milliards de dollars en financement pré-IPO : jusqu’à 1,5 milliard de dollars d’obligations convertibles, dont Third Point mènerait la souscription, et environ 2 milliards de dollars apportés par Nvidia. Goldman Sachs travaille sur l’opération.
Quel est le lien entre Nscale et Anthropic ?
Anthropic loue de la capacité de calcul IA au campus de centres de données de Nscale en Virginie-Occidentale, dans le cadre d’un accord de six ans portant sur environ 45 milliards de dollars.
Quand Nscale entrera-t-elle en Bourse ?
Aucune date n’a été annoncée. La place de cotation et la valorisation visée ne sont pas non plus publiques à ce stade. La levée en cours est présentée comme une opération pré-IPO, mais son montant et sa composition peuvent encore évoluer.






