Des résultats Carnival record, portés par l’appétit de croisières
Le numéro un mondial de la croisière a publié, le 23 juin, les comptes de son deuxième trimestre fiscal, clos le 31 mai 2026. Et ils battent des records. Carnival Corporation a engrangé un chiffre d’affaires de 6,7 milliards de dollars, son meilleur jamais enregistré pour un deuxième trimestre, accompagné d’un excédent brut d’exploitation (EBITDA ajusté) de 1,6 milliard de dollars, lui aussi historique.
La rentabilité a suivi : le bénéfice net ressort à 537 millions de dollars, et le bénéfice net ajusté à 569 millions de dollars, en hausse de plus de 20 % sur un an. Le bénéfice ajusté par action atteint 0,41 dollar, plus du double du consensus des analystes (0,19 dollar). De quoi confirmer que la croisière, longtemps donnée pour sinistrée après la pandémie, est devenue l’un des segments les plus dynamiques du tourisme mondial.
| Carnival — 2e trimestre fiscal 2026 | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 6,7 Md$ (record) |
| EBITDA ajusté | 1,6 Md$ (record) |
| Bénéfice net ajusté | 569 M$ (+20 % sur un an) |
| Bénéfice ajusté par action | 0,41 $ (consensus : 0,19 $) |
| Dépôts clients (réservations payées d’avance) | 9,0 Md$ (plus haut historique) |
| Rendement net (à devises constantes) | +2,2 % — 12e trimestre record d’affilée |
La Méditerranée, talon d’Achille européen du croisiériste
Derrière ces chiffres flatteurs, la conjoncture géopolitique laisse des traces. Le groupe, qui exploite en Europe des marques comme l’italien Costa et l’allemand AIDA, reconnaît que le conflit au Moyen-Orient a perturbé ses itinéraires en Méditerranée, principal théâtre de la croisière européenne en été. Conséquence : des réservations momentanément freinées sur ces escales et une logistique renchérie pour contourner les zones sensibles.
Le poste le plus douloureux reste le carburant. La facture a bondi de près de 30 % sur un an, le coût de la tonne de fioul marin grimpant à 793 dollars contre 614 un an plus tôt — répercussion directe de la flambée des cours du pétrole liée aux tensions de la région. Carnival a partiellement amorti le choc en améliorant de 5,6 % sa consommation de carburant par capacité offerte, fruit d’une flotte plus récente et plus sobre.
« Nous avons réalisé un nouveau trimestre de résultats record, notre douzième trimestre consécutif de rendements nets historiques, en livrant plus de 20 % de bénéfice supplémentaire — malgré des vents contraires géopolitiques extrêmes et une facture de carburant en hausse de près de 30 %. »
— Josh Weinstein, directeur général de Carnival Corporation
Une demande qui ne faiblit pas, des marchés pourtant prudents
Le meilleur indicateur de la santé du secteur n’est pas le passé mais l’avenir : les dépôts clients, c’est-à-dire les réservations déjà payées pour de futures croisières, atteignent un sommet absolu de 9 milliards de dollars, soit 450 millions de plus que le précédent record. Cette réserve de carnet de commandes témoigne d’une demande qui ne se dément pas, malgré l’inflation et les incertitudes internationales.
Carnival a d’ailleurs relevé légèrement ses perspectives annuelles, tablant désormais sur un rendement net en hausse d’environ 3,2 % sur l’ensemble de l’exercice 2026 et un bénéfice net ajusté de l’ordre de 3,07 milliards de dollars. Pourtant, l’action a reculé après la publication : les investisseurs ont jugé les prévisions pour l’été un brin prudentes, signe qu’après deux ans de rattrapage spectaculaire, le marché attend désormais des croisiéristes des promesses plus ambitieuses que de simples records.
Pourquoi ces résultats comptent pour le tourisme européen
Au-delà du seul cas Carnival, ces comptes dessinent l’état d’un secteur stratégique pour l’économie touristique du Vieux Continent. La Méditerranée concentre une part majeure des escales mondiales, et les ports de Barcelone, Civitavecchia (Rome), Marseille ou Le Pirée vivent en partie de ce trafic. Un croisiériste qui réoriente ses navires loin des côtes proches du Moyen-Orient, ce sont des retombées qui se déplacent d’un port européen à l’autre.
La leçon de ce trimestre est double : la croisière a retrouvé une vigueur insolente, mais elle reste exposée, plus que tout autre tourisme, à la géographie des conflits et au prix de l’énergie. Pour les ports et les économies côtières européennes, la prospérité du secteur est une bonne nouvelle — à condition que la carte des tensions internationales ne vienne pas, saison après saison, en rebattre les itinéraires.
Carnival a publié le 23 juin un deuxième trimestre record : 6,7 milliards de dollars de revenus, un bénéfice ajusté par action de 0,41 dollar (plus du double du consensus) et des dépôts clients au plus haut historique à 9 milliards. Mais le conflit au Moyen-Orient a perturbé les itinéraires en Méditerranée et la facture de carburant a bondi de près de 30 %. Malgré une demande solide et des perspectives relevées (+3,2 % de rendement net attendu en 2026), l’action a reculé, les marchés jugeant les prévisions estivales trop prudentes.
Questions fréquentes
Quels sont les résultats de Carnival au 2e trimestre 2026 ?
Pour son deuxième trimestre fiscal clos le 31 mai 2026, Carnival a annoncé un chiffre d’affaires record de 6,7 milliards de dollars, un EBITDA ajusté de 1,6 milliard, un bénéfice net ajusté de 569 millions (+20 % sur un an) et un bénéfice ajusté par action de 0,41 dollar, plus du double du consensus de 0,19 dollar.
Pourquoi l’action Carnival a-t-elle baissé malgré des résultats record ?
Les investisseurs ont jugé les prévisions du groupe pour l’été un peu prudentes. Après deux ans de fort rebond post-pandémie, le marché attend des croisiéristes des perspectives plus ambitieuses, ce qui a pesé sur le titre malgré la publication de chiffres historiques.
En quoi le conflit au Moyen-Orient affecte-t-il Carnival ?
Le conflit a perturbé les itinéraires en Méditerranée, cœur de la croisière européenne en été, en freinant les réservations sur certaines escales et en renchérissant la logistique. Il a aussi contribué à la hausse de près de 30 % de la facture de carburant du groupe sur un an.
Que signifient les 9 milliards de dollars de dépôts clients ?
Il s’agit des réservations déjà payées d’avance pour de futures croisières. À 9 milliards de dollars, soit un record historique (450 millions de plus que le précédent), ils traduisent une demande très solide et offrent une bonne visibilité sur l’activité à venir.






