Sentinel-1 NG : Airbus et Thales Alenia Space décrochent le contrat des futurs satellites radar de Copernicus

Au salon de Berlin, l'Europe a confié à Thales Alenia Space et Airbus la construction des deux prochains satellites radar Sentinel-1 NG. Un contrat de 700 millions d'euros qui sécurise l'observation autonome de la Terre par Copernicus jusque dans les années 2040.

Satellite radar Sentinel-1 NG en salle blanche, technicien en combinaison

Sentinel-1 NG : un contrat scellé au salon aéronautique de Berlin

La relève des satellites radar européens est lancée. À l’occasion du salon aéronautique ILA Berlin, l’Agence spatiale européenne (ESA) a confirmé, le 10 juin 2026, l’attribution du contrat de construction des deux premiers satellites Sentinel-1 Next Generation (NG) du programme européen d’observation de la Terre Copernicus. Une étape qui engage durablement l’industrie spatiale du continent.

Le marché, d’un montant total d’environ 700 millions d’euros (810 millions de dollars), revient à Thales Alenia Space, la coentreprise de Thales et Leonardo, désignée maître d’œuvre industriel. Dans la foulée, le constructeur a confié à Airbus Defence and Space un contrat de 345 millions d’euros, signé pour le compte de l’ESA, portant sur l’instrument central des deux satellites : leur radar.

Airbus aux commandes du radar, Thales Alenia Space maître d’œuvre

La répartition des rôles illustre la coopération industrielle qui structure le spatial européen. Thales Alenia Space assure la maîtrise d’œuvre globale et l’assemblage des deux satellites, avec l’appui de sa filiale italienne pour les modules et l’électronique. Airbus, de son côté, développe et produit à Friedrichshafen, en Allemagne, le cœur de la mission : un radar à synthèse d’ouverture (SAR) en bande C, capable de cartographier la surface terrestre de jour comme de nuit et à travers les nuages.

Chaque satellite embarquera également une charge utile secondaire dédiée au système d’identification automatique des navires (AIS), destinée à renforcer la surveillance maritime, le suivi du trafic et le contrôle des zones sensibles. Le premier lancement de la constellation est attendu en 2034, pour assurer la continuité des données jusque dans les années 2040.

Avec une fauchée portée à 400 kilomètres et une résolution multipliée par quatre, la nouvelle génération de Sentinel-1 promet de voir la Terre deux fois plus nettement.

Des satellites radar bien plus précis que leurs aînés

Le saut technologique est substantiel. Grâce à une architecture baptisée MAPS (Multiple Aperture Processing Scheme), la largeur de la bande observée à chaque passage — la « fauchée » — passe de 250 à 400 kilomètres, tandis que la résolution géométrique est multipliée par quatre : les images atteindront 5 mètres sur 5, contre 5 mètres sur 20 aujourd’hui. La couverture s’étend en outre jusqu’aux régions polaires.

Ces performances accrues servent des usages très concrets : suivi de la fonte des glaces, détection des marées noires, surveillance des déformations du sol après un séisme, cartographie des inondations ou veille sur les cultures agricoles. Lancés entre 2014 et 2025, les Sentinel-1 de première génération sont devenus une référence mondiale de l’observation radar ; leur successeur vise à préserver cette avance.

Sentinel-1 NG Caractéristique
Maître d’œuvre Thales Alenia Space
Instrument radar Airbus Defence and Space (345 M€)
Montant total ≈ 700 M€
Nombre de satellites 2
Fauchée 400 km (contre 250 km)
Résolution 5 × 5 m (contre 5 × 20 m)
Premier lancement 2034

Copernicus, pilier de la souveraineté spatiale européenne

Au-delà de la prouesse technique, le contrat conforte l’un des actifs stratégiques de l’Union européenne. Financé par la Commission européenne et piloté avec l’ESA, Copernicus est le plus vaste programme d’observation de la Terre au monde et fournit gratuitement des données utilisées par les services publics, les chercheurs et les entreprises. En garantissant la continuité de la composante radar, Bruxelles sécurise une capacité d’observation autonome, sans dépendance à l’égard d’opérateurs étrangers.

L’enjeu de cette souveraineté spatiale n’a jamais été aussi vif, alors que la concurrence privée s’intensifie, notamment depuis la spectaculaire introduction en Bourse de SpaceX, et que l’Europe cherche à défendre ses positions, y compris sur les fréquences satellitaires face à Starlink. En misant sur Sentinel-1 NG, le continent réaffirme que l’observation de la Terre restera un domaine maîtrisé de bout en bout.

L’essentiel à retenir

L’ESA a attribué le 10 juin 2026, au salon ILA Berlin, le contrat des deux satellites Sentinel-1 NG de Copernicus. Thales Alenia Space en est le maître d’œuvre pour un montant d’environ 700 millions d’euros ; Airbus fournira le radar central pour 345 millions d’euros. Plus puissants que leurs aînés — fauchée de 400 km et résolution multipliée par quatre — ces satellites doivent voler à partir de 2034 et garantir à l’Europe une observation radar autonome jusque dans les années 2040.

 

Questions fréquentes sur les satellites Sentinel-1 NG

Qu’est-ce que Sentinel-1 NG ?

Sentinel-1 Next Generation est la future génération de satellites radar du programme européen d’observation de la Terre Copernicus. Deux satellites seront construits pour succéder aux Sentinel-1 lancés entre 2014 et 2025, avec un premier lancement prévu en 2034.

Combien vaut le contrat et qui sont les industriels ?

Le contrat global, d’environ 700 millions d’euros, a été attribué par l’ESA à Thales Alenia Space comme maître d’œuvre. Airbus Defence and Space a obtenu un contrat de 345 millions d’euros pour fournir l’instrument radar à synthèse d’ouverture en bande C.

En quoi ces satellites sont-ils plus performants ?

La largeur de couverture passe de 250 à 400 kilomètres et la résolution géométrique est multipliée par quatre (5 × 5 mètres contre 5 × 20 mètres). Les satellites couvriront aussi les régions polaires et embarqueront une charge utile de surveillance maritime (AIS).

Pourquoi ce contrat est-il stratégique pour l’Europe ?

Copernicus est le plus grand programme d’observation de la Terre au monde, financé par la Commission européenne. Garantir la continuité de sa composante radar permet à l’Union de conserver une capacité d’observation autonome, sans dépendre d’opérateurs étrangers.