Bayer résultats 2025 : perte nette de 3,6 milliards d’euros, le pharmaceutique reste le moteur

Bayer a clôturé 2025 avec un chiffre d'affaires de 45,575 milliards d'euros (+1,1% constant) mais une perte nette de 3,620 milliards d'euros, alourdie par les provisions liées aux litiges du glyphosate. La division pharmaceutique porte la croissance grâce à Nubeqa et Kerendia, tandis que le groupe vise un redressement progressif en 2026.

Un exercice 2025 sous le signe de la transition

Bayer a publié ses résultats annuels pour 2025, confirmant une trajectoire de redressement progressif malgré une perte nette de 3,620 milliards d’euros. Ce résultat, difficile en apparence, s’explique avant tout par des éléments exceptionnels : provisions liées aux litiges relatifs au glyphosate et au dicamba, ainsi que les coûts du programme de restructuration « Bayer Forward ».

Hors ces éléments, l’EBITDA avant exceptionnels ressort à 9,669 milliards d’euros, en recul de 4,5% par rapport à 2024. Le chiffre d’affaires du groupe, lui, progresse de 1,1% à taux de change constants, à 45,575 milliards d’euros — une légère érosion de -2,2% en valeur nominale, liée aux effets de change défavorables.

La pharmacie, locomotive du redressement

C’est la division pharmaceutique qui tire le groupe vers le haut. Deux molécules se distinguent nettement :

  • Nubeqa (darolutamide), traitement du cancer de la prostate : forte croissance enregistrée sur l’exercice, portée par une adoption accélérée dans les principaux marchés européens et américains.
  • Kerendia (finerenone), traitement de l’insuffisance rénale chronique : forte progression confirmant son positionnement dans une indication à fort potentiel de marché.

Ces deux traitements compensent en partie le ralentissement d’autres lignes du portefeuille pharmaceutique, fragilisées par l’arrivée à expiration de certains brevets et par les effets de la politique américaine sur les prix des médicaments.

Crop Science sous pression réglementaire

La division agrochimique Crop Science a réalisé un chiffre d’affaires de 21,622 milliards d’euros en 2025 (+1,1% à périmètre constant), principalement grâce à la performance du maïs (+13,2%, dopé par un accord de licence avec Corteva en Amérique du Nord). Mais les ventes d’insecticides ont reculé de 12,2%, notamment en raison de l’expiration de l’homologation du Movento en Europe. Le coton a chuté de 22,9%.

L’EBITDA avant exceptionnels de Crop Science s’est établi à 4,188 milliards d’euros, en recul de 3,2%. Le dossier du glyphosate continue de peser lourd : Bayer a provisionné plusieurs milliards d’euros pour faire face aux procédures judiciaires aux États-Unis liées à son herbicide Roundup. La dette financière nette du groupe s’est néanmoins réduite de 8,5%, à 29,843 milliards d’euros.

Bayer Forward : restructuration en cours, dividende minimal

Le groupe est engagé dans un vaste programme de transformation baptisé « Bayer Forward », qui comprend des rationalisations de portefeuille, des cessions d’actifs et des mesures d’efficacité dans ses trois divisions. L’objectif est d’améliorer structurellement les marges, avec un potentiel de plus d’un milliard d’euros de gains sur cinq ans pour la seule division agricole.

En attendant la matérialisation de ces gains, le dividende pour 2025 est ramené à 0,11 euro par action — un niveau symbolique qui témoigne de la priorité donnée au désendettement et à l’investissement dans le pipeline de R&D. Le flux de trésorerie disponible (free cash flow) s’est élevé à 2,084 milliards d’euros.

Perspectives 2026 : croissance modérée, investissements en hausse

Pour 2026, Bayer anticipe une croissance de ses ventes de 0% à +3% à périmètre et taux de change constants. L’EBITDA avant exceptionnels est attendu entre 9,6 et 10,1 milliards d’euros. Le flux de trésorerie libre devrait être négatif (entre -1,5 et -2,5 milliards d’euros), en raison de dépenses d’environ 5 milliards d’euros liées aux litiges.

Le groupe a annoncé le lancement de dix produits dont le chiffre d’affaires potentiel pourrait dépasser 500 millions d’euros chacun dans les dix prochaines années, en s’appuyant sur le maïs intelligent Preceon et la plateforme soja Vyconic côté agronomie, et sur son pipeline cardiovasculaire et oncologique côté pharmaceutique.


Quel est le chiffre d’affaires de Bayer en 2025 ?

Bayer a réalisé un chiffre d’affaires de 45,575 milliards d’euros en 2025, en progression de 1,1% à taux de change constants et à périmètre comparable.

Pourquoi Bayer affiche-t-il une perte nette en 2025 ?

La perte nette de 3,620 milliards d’euros s’explique principalement par des provisions exceptionnelles liées aux litiges autour du glyphosate (herbicide Roundup) et aux charges liées au programme de restructuration Bayer Forward.

Quel dividende Bayer verse-t-il pour l’exercice 2025 ?

Bayer propose un dividende de 0,11 euro par action pour 2025, un niveau très bas témoignant de la priorité donnée au désendettement et aux investissements dans la R&D.

Quelles sont les perspectives de Bayer pour 2026 ?

Bayer anticipe une croissance de ses ventes de 0% à +3% en 2026 à taux constants, avec un EBITDA avant exceptionnels compris entre 9,6 et 10,1 milliards d’euros.

L’essentiel à retenir

• En 2025, Bayer a réalisé un chiffre d’affaires de 45,575 milliards d’euros, en progression de 1,1% à périmètre et taux de change constants.
• Le résultat net s’est établi à -3,620 milliards d’euros — une perte liée aux provisions pour litiges (notamment le glyphosate) et aux charges de restructuration.
• La division pharmaceutique reste le moteur de croissance, portée par Nubeqa (cancer de la prostate) et Kerendia (insuffisance rénale), deux traitements en forte progression.
• Bayer propose un dividende de 0,11 euro par action pour 2025 et vise une stabilité de ses résultats en 2026.