Kering change de cap : Luca de Meo aux commandes
Le 10 février 2026, Kering a publié ses résultats annuels 2025 dans un contexte de transformation managériale majeure. Depuis le 15 septembre 2025, c’est Luca de Meo qui occupe le poste de directeur général (DG), après une dissociation des fonctions de président et de directeur général approuvée à 98,97 % par les actionnaires en juin 2025. L’ex-patron de Renault prend donc les rênes du premier groupe français de luxe au moment où celui-ci traverse l’une de ses périodes les plus difficiles de la dernière décennie.
François-Henri Pinault, fils du fondateur du groupe et figure emblématique du secteur, conserve la présidence du conseil d’administration et le contrôle familial via le groupe Artémis. Luca de Meo précise que les résultats 2025 « ne reflètent pas le potentiel réel du groupe » et annonce une feuille de route détaillée au Capital Markets Day prévu le 16 avril 2026.
Un chiffre d’affaires en recul de 13 %
Le chiffre d’affaires consolidé de Kering s’établit à 14,7 milliards d’euros pour l’exercice 2025, en baisse de 13 % en données publiées et de 10 % en données comparables. Au quatrième trimestre 2025, le recul s’est légèrement atténué : -9 % en publié, -3 % en comparable — un signe possible de stabilisation.
Pour replacer cette performance dans son contexte : en 2022, Kering dépassait les 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires, porté par la domination commerciale de Gucci sur le marché mondial du luxe. Trois années de correction ont ramené le groupe à son niveau de 2018-2019, effaçant la plus grande partie des gains réalisés depuis la pandémie.
La marge opérationnelle sous pression
Le résultat opérationnel courant (ROC) s’élève à 1,631 milliard d’euros, en repli de 33 % par rapport à l’exercice précédent. La marge opérationnelle courante tombe à 11,1 %, contre 14,5 % en 2024. C’est le niveau le plus bas du groupe depuis de nombreuses années, loin des marges de 25 à 30 % qui ont fait de Kering un modèle de l’industrie du luxe.
Cette érosion de la rentabilité s’explique par une combinaison de facteurs : la chute des volumes de vente chez Gucci, les coûts fixes maintenus malgré la restructuration, et des charges exceptionnelles liées à la transformation stratégique engagée depuis 2024. La direction a confirmé ses efforts de désendettement via des cessions sélectives et une gestion plus disciplinée du capital, dans l’objectif de renforcer la solidité financière du groupe.
Gucci : le repositionnement douloureux de la locomotive
Gucci reste de loin la principale marque du groupe en termes de revenus, mais le repositionnement entrepris sous la direction artistique de Sabato De Sarno n’a pas encore produit les résultats commerciaux attendus. Le groupe a rationalisé son réseau de distribution, fermant plusieurs boutiques Gucci pour renforcer la sélectivité et la désirabilité de la marque.
Ce repositionnement vers un positionnement encore plus exclusif s’inspire du modèle Hermès, qui affiche de son côté une marge opérationnelle de 41 % et un chiffre d’affaires en croissance de 5,5 % à 16 milliards d’euros en 2025. La comparaison est parlante : Kering possède théoriquement les marques et le savoir-faire pour viser ces niveaux, mais le chemin reste long.
Le Capital Markets Day du 16 avril, rendez-vous décisif
Le marché et les investisseurs attendent désormais le 16 avril 2026 avec une attention particulière. Luca de Meo doit y présenter sa vision stratégique pour Kering sur les prochaines années : cibles financières, priorités par marque, ambitions d’acquisition éventuelle, et feuille de route vers une restauration des marges.
L’action Kering avait perdu plus de 60 % de sa valeur entre son pic de 2021 et fin 2025. Pour les analystes, les prévisions de chiffre d’affaires 2026 s’établissent autour d’un recul de 2 % supplémentaires, avant une stabilisation potentielle. La crédibilité de Luca de Meo — qui avait réussi à redresser Renault — sera mise à l’épreuve.
Questions fréquentes
Kering a publié le 10 février 2026 ses résultats annuels 2025 : le chiffre d’affaires recule de 13 % à 14,7 milliards d’euros, et la marge opérationnelle courante chute à 11,1 % (contre 14,5 % en 2024). C’est le nouveau directeur général Luca de Meo, arrivé en septembre 2025, qui doit présenter sa feuille de route au Capital Markets Day du 16 avril 2026. François-Henri Pinault reste président du groupe.
Qui est Luca de Meo, le nouveau DG de Kering ?
Luca de Meo est un manager italo-français qui a dirigé Renault de 2020 à 2025, transformant profondément le groupe automobile. Sa nomination comme directeur général de Kering en juin 2025 (prise de fonctions le 15 septembre 2025) illustre la volonté du groupe de s’appuyer sur un profil à forte expérience de la gestion de marque internationale.
Quand Kering publiera-t-il ses prochains résultats ?
Kering organisera un Capital Markets Day le 16 avril 2026, occasion pour Luca de Meo de présenter sa feuille de route stratégique. La publication du chiffre d’affaires du premier semestre 2026 est prévue pour le 29 juillet 2026.
Quelles sont les autres marques du groupe Kering ?
Outre Gucci (principale marque en revenus), Kering possède Yves Saint Laurent, Balenciaga, Bottega Veneta, Alexander McQueen, Brioni, Pomellato et Ginori 1735. Ces marques de luxe couvrent la mode, la maroquinerie, la joaillerie et la décoration.



