Le 20 octobre, Orange éteindra la 2G sur la quasi-totalité de la métropole. Rien de spectaculaire pour l’immense majorité des abonnés — mais dans les gaines d’ascenseurs, les locaux techniques et les boîtiers de téléassistance, deux millions de cartes SIM continuent de parler une langue que le réseau s’apprête à ne plus comprendre. Et cette panne-là ne se signalera pas.
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Fin de la 2G : un calendrier resserré sur l’automne
La fermeture est nationale, mais elle s’échelonne opérateur par opérateur. Orange a ouvert le bal dès mars dans le Pays basque, puis étendu la coupure aux Landes et aux Pyrénées-Atlantiques en mai, avant sept départements supplémentaires du Sud-Ouest en juin. Le gros de la manœuvre tient en trois semaines d’automne.
| Opérateur | Échéance | Périmètre |
|---|---|---|
| Orange | 22 septembre 2026 | Ville de Nice |
| Orange | 6 octobre 2026 | 44 départements (Bretagne, Corse, portions du Grand Est, d’Île-de-France, d’Occitanie et de PACA) |
| Orange | 20 octobre 2026 | Les 43 départements métropolitains restants |
| Orange | 1er au 15 décembre 2026 | Zones blanches réglementaires |
| SFR et Bouygues Telecom | Mi-novembre, puis 1er-15 décembre 2026 | Premières coupures, puis généralisation |
Le cas de Free Mobile prête régulièrement à confusion. L’opérateur n’exploite pas de réseau 2G en propre : il s’appuie sur celui d’Orange en itinérance, dans le cadre d’un contrat sur les réseaux en fin de vie validé par l’Arcep jusqu’à fin 2028. Ses abonnés suivent donc mécaniquement le calendrier d’Orange, sans annonce distincte — ce qui explique qu’ils reçoivent peu d’alertes propres.
Deux millions de cartes SIM encore accrochées au vieux réseau
Le régulateur publie depuis un an un observatoire trimestriel consacré à cette migration. Le dernier en date, arrêté à fin mars 2026, décrit une accélération réelle mais insuffisante : 688 000 cartes SIM logées dans des terminaux uniquement 2G ou 3G ont basculé vers la 4G au premier trimestre, contre 394 000 au trimestre précédent. Un quasi-doublement — pour un parc résiduel encore estimé à 4,5 millions de cartes, 2G et 3G confondues.
Dans le détail, les usages grand public — voix, SMS, internet mobile — représentaient 2,13 millions de cartes actives dans des terminaux 2G ou 3G/2G à fin mars, soit 2,6 % du parc total. Les appareils strictement 2G reculent de 14 %, à 1,22 million d’unités ; les terminaux 3G/2G décrochent plus lentement, de 7,4 %, à 910 000 cartes.
La meilleure nouvelle vient des objets connectés. Le parc dit Machine to Machine — les puces embarquées dans les ascenseurs, les alarmes et les équipements industriels — a chuté de 21,5 % en un seul trimestre, contre 9,2 % au dernier trimestre 2025. Il reste tout de même 780 000 puces M2M à migrer. Additionnées aux 1,22 million de terminaux purement 2G, on arrive aux deux millions de cartes SIM directement exposées à la coupure d’octobre.
Ascenseurs et téléassistance : la panne qui ne se voit pas
C’est ce qui distingue cette extinction d’une banale obsolescence de téléphone. Un vieux mobile privé de réseau se signale tout de suite : son propriétaire ne peut plus appeler. Un équipement connecté, lui, ne dit rien.
Les transmetteurs d’alarme, les boîtiers de téléassistance et les téléalarmes d’ascenseur passent l’essentiel de leur existence silencieux. Ils ne se manifestent qu’au moment de l’incident. Tant qu’aucune alerte n’a besoin de partir, rien ne révèle que la carte SIM du transmetteur a cessé de fonctionner : la défaillance se découvre le jour de l’effraction, de la chute ou de la panne de cabine.
Les volumes concernés sortent de l’anecdote. La fédération professionnelle des ascensoristes recense 232 000 systèmes de téléalarme en 2G et 58 000 en 3G à remplacer, soit près de la moitié du parc français d’ascenseurs. La téléassistance des personnes âgées ou dépendantes constitue le deuxième point sensible, avec 120 000 dispositifs sur 2G et 180 000 sur 3G. Viennent ensuite les alarmes domestiques et la télésurveillance, les interphones et vidéophones connectés, les terminaux de paiement, les capteurs industriels et les boîtiers de télématique embarquée.
Ce que la migration coûte vraiment aux entreprises
Pour un opérateur, éteindre la 2G est une opération d’assainissement : le réseau historique mobilise des fréquences, des équipements et des équipes de maintenance pour un trafic devenu marginal. Réaffecter ce spectre à la 4G et à la 5G améliore mécaniquement le rendement du réseau, dans un contexte où la bataille que se livrent les opérateurs européens sur les fréquences se durcit.
Pour les entreprises équipées, l’arithmétique est inverse. Le coût ne tient pas à la carte SIM mais au déplacement : chaque transmetteur d’alarme, chaque téléalarme de cabine, chaque terminal de paiement suppose une intervention sur site, parfois dans des locaux techniques d’accès contraint. Les ascensoristes, longtemps à la traîne, ont accéléré au premier semestre — ce que traduit la chute de 21,5 % du parc M2M.
La vérification, elle, est à la portée de tous. Sur un téléphone, il suffit de regarder l’indicateur de réseau : les mentions 2G, E, EDGE ou GSM signalent un appareil qui ne sait fonctionner qu’en 2G. Si les réglages proposent la 3G, la 4G ou la 5G, l’appareil survivra à la coupure. Chaque opérateur met par ailleurs en ligne un outil de test de compatibilité, et certains prévoient un accompagnement, parfois financier, pour les professionnels.
La 3G suivra, mais pas avant 2028
La seconde échéance est déjà posée, avec un décalage substantiel : la 3G s’éteindra avant la fin 2028 chez Orange et SFR, et fin 2029 chez Bouygues Telecom. Elle concernera une autre population d’équipements — notamment les téléphones dépourvus de la fonction d’appel en 4G, dite VoLTE, qui basculent aujourd’hui automatiquement sur la 3G pour passer un appel.
Au total, en additionnant les deux vagues, le parc à migrer d’ici 2029 est estimé entre six et huit millions d’appareils. Le calendrier de 2026 sert donc autant de coupure que de répétition générale : il indique aux filières concernées — sécurité, santé à domicile, monétique, industrie — à quelle vitesse elles savent réellement renouveler leur parc embarqué.
Orange éteint sa 2G le 20 octobre 2026 sur les 43 derniers départements métropolitains, après Nice le 22 septembre et 44 départements le 6 octobre ; SFR et Bouygues Telecom suivent à la mi-novembre. À fin mars, l’Arcep comptait encore 4,5 millions de cartes SIM à migrer, dont environ 2 millions strictement dépendantes de la 2G. Le point critique n’est pas le téléphone mais l’objet connecté : 232 000 téléalarmes d’ascenseur et 120 000 dispositifs de téléassistance fonctionnent encore en 2G, et leur défaillance ne se découvrira que le jour de l’incident. La 3G suivra avant fin 2028 chez Orange et SFR.
Questions fréquentes
Quand la 2G s’arrête-t-elle définitivement en France ?
Orange coupe son réseau 2G métropolitain le 20 octobre 2026, après une extinction à Nice le 22 septembre et dans 44 départements le 6 octobre ; les zones blanches réglementaires suivent entre le 1er et le 15 décembre. SFR et Bouygues Telecom engagent leurs premières coupures à la mi-novembre, avec une généralisation entre le 1er et le 15 décembre 2026.
Comment savoir si mon téléphone est concerné par la fin de la 2G ?
Regardez l’indicateur de réseau en haut de l’écran : les mentions 2G, E, EDGE ou GSM signalent un appareil limité à la 2G. Si les réglages réseau proposent la 3G, la 4G ou la 5G, l’appareil continuera de fonctionner. Chaque opérateur propose également un outil de vérification en ligne.
Les abonnés Free Mobile sont-ils concernés ?
Oui. Free n’exploite pas de réseau 2G en propre : il utilise celui d’Orange en itinérance, dans le cadre d’un contrat validé par l’Arcep jusqu’à fin 2028. Ses abonnés suivent donc le calendrier d’Orange, sans annonce distincte.
Quels objets connectés risquent de cesser de fonctionner ?
Les téléalarmes d’ascenseur (232 000 unités en 2G), les dispositifs de téléassistance pour personnes âgées (120 000 en 2G), les transmetteurs d’alarme et de télésurveillance, les interphones et vidéophones connectés, les terminaux de paiement, les capteurs industriels et les boîtiers de télématique embarquée.
Quand la 3G sera-t-elle arrêtée à son tour ?
Avant la fin 2028 chez Orange et SFR, et fin 2029 chez Bouygues Telecom. Cette seconde échéance touchera notamment les téléphones dépourvus de la fonction d’appel en 4G (VoLTE).






