Résultats de LVMH au premier semestre 2026 : le luxe retrouve un peu d’air avec 38,6 milliards d’euros de ventes

Le numéro un mondial du luxe a publié ses comptes semestriels le 27 juillet. Les ventes reculent en données publiées mais repartent en organique, et la marge tient bon. Derrière ces chiffres se joue la question qui obsède tout le secteur : la reprise est-elle enfin là ?

Artisane travaillant le cuir dans un atelier de maroquinerie
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Des ventes à 38,6 milliards d’euros et une croissance organique de 2 %

Le numéro un mondial du luxe a publié le 27 juillet ses comptes du premier semestre 2026. Le chiffre d’affaires du groupe s’établit à 38,6 milliards d’euros, en repli de 3 % en données publiées mais en hausse de 2 % à périmètre et taux de change constants. L’écart entre les deux lectures résume à lui seul l’exercice : l’activité progresse, la conversion en euros la rabote.

Le point saillant du semestre tient moins au niveau qu’à la pente. La croissance organique est passée de l’étale au premier trimestre à 3 % au deuxième. Après plusieurs trimestres de décélération, cette accélération séquentielle est le signal que les investisseurs attendaient. L’action LVMH a d’ailleurs progressé de 1,1 % après la publication, tout en restant nettement en dessous de son plus haut des douze derniers mois.

La demande a été portée par la joaillerie, avec des performances notables de Tiffany et Bvlgari, par la bonne tenue de Sephora et par certains segments de la mode. Ces moteurs ont compensé la pression des devises et le ralentissement observé dans plusieurs régions.

Une marge opérationnelle tenue à 22,5 % malgré le change

Le résultat opérationnel courant du semestre atteint 8,7 milliards d’euros, en baisse de 4 %. La marge opérationnelle se maintient à 22,5 %, un niveau qui reste très au-dessus de la moyenne du secteur et qui traduit une gestion serrée des coûts dans un semestre sans relais de croissance évident.

Le résultat net part du groupe ressort à 5,7 milliards d’euros, stable par rapport au premier semestre 2025. Le groupe affiche par ailleurs un flux de trésorerie disponible de 4,1 milliards d’euros, indicateur suivi de près par le marché à un moment où l’ensemble du secteur du luxe a ralenti ses investissements.

Une marge de 22,5 % dans un semestre où le chiffre d’affaires publié recule de 3 % : c’est là, plus que dans la croissance, que se lit la puissance de feu de LVMH.

Mode et maroquinerie : le poids lourd du groupe recule

Première division du groupe et principal contributeur à ses profits, la Mode et Maroquinerie affiche un chiffre d’affaires semestriel de 18 146 millions d’euros, en recul de 1 %. Son résultat opérationnel courant s’établit à 6 195 millions d’euros, en baisse de 7 %, un repli que le groupe attribue à l’évolution défavorable des devises. La marge de la division reste néanmoins à un niveau très élevé.

Le second trimestre marque toutefois un tournant : les ventes de la division sont revenues en croissance organique, avec une accélération marquée aux États-Unis. Cette dynamique américaine constitue le contrepoint d’un premier trimestre pénalisé par le conflit au Moyen-Orient, dont le groupe reconnaît l’impact sur son activité.

Le détail par division au premier semestre 2026

Division Ventes S1 2026 Variation organique Résultat opérationnel courant
Mode et Maroquinerie 18 146 M€ −1 % (publié) 6 195 M€ (−7 %)
Montres et Joaillerie 5 225 M€ +9 % Marge en progression
Parfums et Cosmétiques 3 914 M€ Stable Marge en légère hausse
Vins et Spiritueux 2 598 M€ +5 % 582 M€ (+11 %)
Groupe LVMH 38,6 Md€ +2 % 8,7 Md€ (−4 %)

 

Montres et joaillerie, la division qui accélère

C’est la vraie surprise du semestre. Les Montres et Joaillerie réalisent 5 225 millions d’euros de ventes, en croissance organique de 9 % sur le semestre et de 11 % au seul deuxième trimestre. La division accélère donc quand le reste du groupe se stabilise, et sa marge opérationnelle progresse sur la période. Tiffany et Bvlgari sont explicitement citées parmi les moteurs de cette performance.

Les Vins et Spiritueux signent également un rebond notable, avec des ventes en hausse organique de 5 % à 2 598 millions d’euros et un résultat opérationnel courant en progression de 11 %, à 582 millions d’euros. Après deux années difficiles pour le champagne et le cognac, la division retrouve de la marge de manœuvre.

Les Parfums et Cosmétiques, enfin, restent stables en organique à 3 914 millions d’euros, avec une marge opérationnelle en légère hausse. Le groupe met en avant le maintien d’une distribution sélective et d’un rythme d’innovation soutenu.

Ce que ces résultats LVMH disent de la reprise du luxe

LVMH ouvre traditionnellement la saison des publications du luxe européen. Le message envoyé à ses concurrents est nuancé : le marché n’est pas reparti à la hausse, mais il a cessé de se dégrader. La séquence organique — étale au premier trimestre, +3 % au deuxième — dessine une trajectoire de sortie de creux plutôt qu’un rebond franc.

Deux points de vigilance demeurent pour le second semestre. Le premier est monétaire : l’écart de cinq points entre croissance publiée et croissance organique montre que le change reste le principal facteur de dilution des résultats. Le second est géopolitique : le groupe cite explicitement le conflit au Moyen-Orient parmi les éléments ayant pesé sur son activité, un facteur sur lequel il n’a aucune prise.

Le contraste avec les résultats du premier trimestre 2026 est net : les moteurs identifiés en avril — joaillerie et Sephora — se sont confirmés et amplifiés, tandis que la maroquinerie, longtemps locomotive, joue désormais un rôle de stabilisateur.

L’essentiel à retenir

LVMH publie 38,6 milliards d’euros de ventes au premier semestre 2026, en recul de 3 % en publié mais en hausse de 2 % en organique, avec une accélération à 3 % au deuxième trimestre. La marge opérationnelle tient à 22,5 % et le bénéfice net reste stable à 5,7 milliards d’euros. La joaillerie (+9 %) et les vins et spiritueux (+5 %) tirent le groupe, tandis que la mode et maroquinerie recule de 1 %. Le prochain rendez-vous à surveiller sera la publication du chiffre d’affaires du troisième trimestre, qui dira si la reprise amorcée au printemps se confirme.

 

Questions fréquentes sur les résultats de LVMH

Quel est le chiffre d’affaires de LVMH au premier semestre 2026 ?

LVMH a réalisé 38,6 milliards d’euros de ventes au premier semestre 2026, en baisse de 3 % en données publiées et en hausse de 2 % à taux de change et périmètre constants.

Quel bénéfice net LVMH a-t-il dégagé au premier semestre 2026 ?

Le résultat net part du groupe s’élève à 5,7 milliards d’euros, stable par rapport au premier semestre 2025. Le résultat opérationnel courant atteint 8,7 milliards d’euros, en baisse de 4 %.

Quelle division de LVMH progresse le plus ?

Les Montres et Joaillerie affichent la plus forte progression, avec une croissance organique de 9 % sur le semestre et de 11 % au deuxième trimestre, à 5 225 millions d’euros de ventes.

Pourquoi le chiffre d’affaires publié baisse-t-il alors que la croissance organique est positive ?

L’écart s’explique principalement par l’évolution défavorable des devises. Converties en euros, les ventes réalisées hors zone euro pèsent moins lourd, ce qui transforme une croissance organique de 2 % en un recul publié de 3 %.

Quelle est la marge opérationnelle de LVMH au premier semestre 2026 ?

La marge opérationnelle du groupe se maintient à 22,5 % au premier semestre 2026, un niveau quasiment inchangé par rapport à l’année précédente.