Sommaire
- Une visite d’État qui scelle des contrats à plusieurs milliards
- EDF décroche la première station de pompage-turbinage du sultanat
- Suez signe l’un des plus gros contrats d’eau de son histoire
- CMA CGM, Airbus : la logistique et le spatial complètent le tableau
- France et Oman : les ressorts d’un rapprochement économique
- Questions fréquentes
Une visite d’État qui scelle des contrats à plusieurs milliards
La scène est rare. Pour la première visite d’État d’un sultan d’Oman en France, Emmanuel Macron a reçu Haïtham ben Tariq le 29 juin 2026, et la diplomatie a cédé la place aux affaires. Dans le sillage de cette visite officielle, une série de contrats a été officialisée entre le sultanat et plusieurs fleurons tricolores, dans l’énergie, l’eau, la logistique portuaire et le spatial.
Pour Paris, l’enjeu dépasse la simple signature : il s’agit d’ancrer durablement les groupes français dans une économie du Golfe en pleine diversification, alors qu’Oman tente de réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Pour les entreprises concernées — au premier rang desquelles EDF et Suez —, ces accords représentent des relais de croissance à l’international qui se chiffrent en milliards.
EDF décroche la première station de pompage-turbinage du sultanat
Le contrat le plus lourd revient à EDF. L’électricien français a été retenu pour développer et exploiter une station de transfert d’énergie par pompage (STEP) adossée au barrage de Wadi Daysat, à une centaine de kilomètres au sud de Mascate. Le montant atteint 3 milliards de dollars, pour une installation capable de stocker l’équivalent de 2 gigawatts d’électricité.
Ce sera la première STEP du pays. Le principe est éprouvé : pomper de l’eau vers un bassin supérieur quand l’électricité est abondante et bon marché, puis la turbiner pour produire de l’énergie aux heures de pointe. Une technologie clé pour un sultanat qui mise sur le solaire et l’éolien et a besoin de lisser une production renouvelable par nature intermittente. Le projet s’inscrit dans un cadre plus large de coopération entre EDF et Oman sur les capacités de pompage-turbinage du pays.
Suez signe l’un des plus gros contrats d’eau de son histoire
Côté Suez, l’accord a une portée presque historique pour le groupe. Le spécialiste français de l’eau et des déchets a décroché un contrat de 2 milliards d’euros sur quinze ans pour gérer les services d’eau potable et d’assainissement de Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sud.
Le périmètre est considérable : 2,3 millions d’habitants desservis, soit 43 % de la population omanaise, à travers un réseau de quelque 10 700 kilomètres de canalisations, 240 puits, quatre usines de dessalement à moderniser et 22 stations d’épuration. Au total, près de 470 000 mètres cubes d’eau distribués chaque jour. Suez s’engage notamment à ramener le taux de fuites du réseau de 34 % à 11 % d’ici 2040 et vise à terme une main-d’œuvre omanaise à plus de 80 %.
« Ce contrat figure dans le top 3 de l’histoire de Suez. »
— Xavier Girre, directeur général de Suez
Pour le groupe dirigé par Xavier Girre depuis l’été 2025, ce succès confirme une stratégie de reconquête à l’international, après des années marquées par le démantèlement puis la reconstruction du périmètre de Suez.
CMA CGM, Airbus : la logistique et le spatial complètent le tableau
Au-delà du duo EDF-Suez, la visite a permis d’officialiser d’autres rapprochements. L’armateur marseillais CMA CGM a scellé un partenariat avec Asyad Group, le bras logistique du sultanat, pour étendre et intégrer ses réseaux autour des ports omanais — une position stratégique à l’entrée du golfe d’Oman, à l’écart du détroit d’Ormuz.
Dans un tout autre registre, Airbus accompagnera Oman dans la construction de son premier satellite, marquant l’entrée du sultanat dans le club restreint des nations dotées d’un programme spatial. La visite a également donné lieu à un accord de coopération technique entre les autorités de l’aviation civile des deux pays, ainsi qu’à plusieurs protocoles dans les transports urbains et la défense.
| Groupe français | Secteur | Objet du contrat | Montant |
|---|---|---|---|
| EDF | Énergie | Station de pompage-turbinage (Wadi Daysat), 2 GW | 3 Md$ |
| Suez | Eau | Eau potable et assainissement de Mascate (15 ans) | 2 Md€ |
| CMA CGM | Logistique | Partenariat portuaire avec Asyad Group | n.c. |
| Airbus | Spatial | Premier satellite d’Oman | n.c. |
France et Oman : les ressorts d’un rapprochement économique
Les relations entre la France et Oman ne datent pas d’hier — Paris et Mascate font remonter leur lien à 1894. Mais le contexte régional leur donne une acuité nouvelle. Confronté à la perspective de l’épuisement de ses réserves de pétrole, le sultanat a engagé un vaste plan de diversification, baptisé « Vision 2040 », qui ouvre des marchés dans les infrastructures, l’eau, les énergies bas-carbone et la logistique.
Oman cultive par ailleurs une réputation de neutralité diplomatique dans une région sous tension, ce qui en fait un partenaire prisé. Pour les groupes français, le sultanat représente à la fois un débouché commercial et une tête de pont vers l’ensemble de la péninsule arabique. La moisson de contrats de cette visite d’État illustre une diplomatie économique assumée, où les déplacements officiels se doublent désormais d’une mission de promotion des exportations tricolores.
La visite d’État du sultan d’Oman en France, le 29 juin 2026, s’est traduite par une vague de contrats pour les groupes français. EDF remporte la première station de pompage-turbinage du pays pour 3 milliards de dollars, tandis que Suez décroche la gestion de l’eau de Mascate pour 2 milliards d’euros sur quinze ans, desservant 43 % de la population. CMA CGM (ports) et Airbus (satellite) complètent une moisson qui illustre la diplomatie économique de Paris dans le Golfe.
Questions fréquentes
Quels contrats la France et Oman ont-ils signés en juin 2026 ?
Lors de la visite d’État du sultan Haïtham ben Tariq le 29 juin 2026, EDF a remporté une station de pompage-turbinage de 3 milliards de dollars, Suez un contrat de gestion de l’eau de 2 milliards d’euros sur quinze ans, CMA CGM un partenariat portuaire avec Asyad Group, et Airbus la construction du premier satellite d’Oman.
En quoi consiste le contrat d’EDF à Oman ?
EDF développera et exploitera la première station de transfert d’énergie par pompage (STEP) du sultanat, adossée au barrage de Wadi Daysat, au sud de Mascate. D’une capacité de stockage de 2 gigawatts, elle permettra de stocker l’électricité renouvelable et de la restituer aux heures de pointe. Le contrat est évalué à 3 milliards de dollars.
Quelle est l’ampleur du contrat de Suez dans l’eau ?
Suez gérera pendant quinze ans l’eau potable et l’assainissement de Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sud, soit 2,3 millions d’habitants (43 % de la population). Le contrat, d’un montant de 2 milliards d’euros, porte sur un réseau de 10 700 km et l’objectif de réduire les fuites de 34 % à 11 % d’ici 2040.
Pourquoi la France et Oman renforcent-ils leur coopération ?
Oman a engagé un plan de diversification de son économie, baptisé « Vision 2040 », pour réduire sa dépendance au pétrole. Le sultanat ouvre ainsi des marchés dans les infrastructures, l’eau et l’énergie. Sa neutralité diplomatique dans une région instable en fait un partenaire recherché pour les entreprises françaises, qui y voient une porte d’entrée vers la péninsule arabique.






