La gouvernance du groupe Dolce & Gabbana se transforme
Fondée à Milan en 1985 par Domenico Dolce et Stefano Gabbana, la maison de prêt-à-porter de luxe éponyme traverse une période de transition à la fois sur le plan de la gouvernance et sur le plan financier. Stefano Gabbana, l’un des deux cofondateurs, a officiellement quitté son poste de président du groupe le 1er janvier 2026, après avoir informé la société de sa décision en décembre 2025, selon les documents officiels déposés par le groupe.
C’est Alfonso Dolce, frère de Domenico et directeur général (CEO) du groupe, qui a repris la présidence à compter du 1er janvier 2026. Le groupe a qualifié ce changement de direction d’« évolution naturelle de sa structure organisationnelle et de sa gouvernance ».
Stefano Gabbana, âgé de 63 ans, conserve quant à lui son rôle de directeur artistique aux côtés de Domenico Dolce, continuant à concevoir les collections et à incarner l’identité visuelle de la marque. La rupture entre gouvernance et création artistique est ainsi consommée.
Une dette de 450 millions d’euros et des négociations bancaires en cours
La transition de gouvernance intervient dans un contexte financier difficile. Selon les données issues des comptes de l’exercice clos au 31 mars 2025, la position financière nette du groupe est négative de 453 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 1,9 milliard d’euros selon les dernières données disponibles.
En mars 2026, le groupe a nommé un conseiller financier et engagé des discussions avec ses créanciers. Pour lever des liquidités, D&G envisage notamment des cessions d’actifs immobiliers et le renouvellement de licences — parfums, lunettes et accessoires étant des pôles de revenus significatifs pour les maisons de mode de ce calibre.
Le groupe a déclaré ne faire « aucune annonce » sur sa situation d’endettement, précisant que « les négociations avec les banques sont encore en cours ».
Les marchés sous pression : le luxe souffre, surtout en Chine
Le timing de cette crise financière n’est pas anodin. Le secteur du luxe européen traverse une période de contraction significative, tirée notamment par le ralentissement de la consommation en Chine, marché qui représente une part déterminante des ventes pour la plupart des grandes maisons. Chez Dolce & Gabbana, les marchés d’Europe et d’Italie — son premier marché domestique — ont également reculé sur l’exercice 2025. La croissance est venue du Moyen-Orient, d’Amérique du Sud et d’Afrique du Sud, marchés émergents mais encore insuffisants pour compenser les contractions ailleurs.
Ce ralentissement affecte l’ensemble du secteur. Kering, maison mère de Gucci, a publié début avril des résultats annuels en forte baisse, avec un chiffre d’affaires de 14,7 milliards d’euros et des marges sous pression. La consolidation et les restructurations se multiplient dans la mode de luxe européenne.
Dolce & Gabbana face à ses choix stratégiques
Pour l’experte en mode Priya Raj, interrogée par la BBC, le problème de D&G est « clairement dans la gestion financière de l’entreprise, pas dans le design ». La marque a réussi à traverser plusieurs crises médiatiques — controverses liées à l’image et manque de diversité dans ses défilés — sans perdre son identité. Son univers sicilien sensuel et baroque reste une proposition forte sur un marché du luxe friand de différenciation.
Reste à construire l’avenir capitalistique. Stefano Gabbana détient environ 40 % du capital du groupe, et la question de l’avenir de sa participation est ouverte. Plusieurs pistes sont évoquées : l’entrée d’un investisseur minoritaire, un partenariat stratégique, voire une introduction en Bourse à terme. Aucune n’est confirmée à ce stade.
La maison s’est en parallèle lancée dans de nouvelles catégories — hôtellerie et ameublement de luxe — pour diversifier ses sources de revenus au-delà du prêt-à-porter.
Stefano Gabbana, cofondateur et président du groupe Dolce & Gabbana, a quitté ses fonctions de président le 1er janvier 2026. Il a été remplacé par Alfonso Dolce, frère de Domenico Dolce et directeur général du groupe. La maison de mode milanaise fait face à une dette de 450 millions d’euros, et des négociations sont en cours avec ses créanciers dans un contexte de ralentissement du marché du luxe, notamment en Chine. Gabbana conserve son rôle créatif et sa participation d’environ 40 % au capital du groupe.
FAQ — Dolce & Gabbana et la restructuration financière
Pourquoi Stefano Gabbana a-t-il quitté la présidence de Dolce & Gabbana ?
Le groupe a présenté ce départ comme une « évolution naturelle de sa structure organisationnelle et de sa gouvernance ». Stefano Gabbana a informé la société de sa décision en décembre 2025, avec prise d’effet au 1er janvier 2026. Le changement intervient dans un contexte de difficultés financières et de ralentissement du marché du luxe.
Qui dirige maintenant Dolce & Gabbana ?
Alfonso Dolce, frère de Domenico Dolce, est désormais à la fois président et directeur général du groupe. Domenico Dolce et Stefano Gabbana conservent tous deux leurs rôles de directeurs artistiques.
Quelle est la dette de Dolce & Gabbana ?
La position financière nette du groupe était négative de 453 millions d’euros à la clôture de l’exercice fiscal au 31 mars 2025. Les créanciers auraient demandé une injection de 150 millions d’euros de fonds frais lors des négociations engagées en mars 2026.
Dolce & Gabbana va-t-il être vendu ou entrer en Bourse ?
Aucune décision n’a été annoncée. Des options comme l’entrée d’un investisseur minoritaire ou un partenariat stratégique sont évoquées par des experts du secteur. Stefano Gabbana détient environ 40 % du capital, et l’avenir de sa participation n’est pas encore défini.



