Une offre à 55 milliards pour le plus grand groupe musical mondial
Le 7 avril 2026, Pershing Square Capital Management, le fonds spéculatif dirigé par Bill Ackman, a soumis une proposition non contraignante pour acquérir Universal Music Group (UMG) via une fusion évaluée à 55,8 milliards d’euros (environ 64,4 milliards de dollars). Le prix offert est de 30,40 € par action, soit une prime de 78 % par rapport au cours de clôture d’UMG le 2 avril, qui s’établissait à 17,10 €.
La transaction, si elle aboutit, constituerait l’une des plus grandes opérations de fusions-acquisitions de l’année dans le secteur culturel mondial. Universal Music Group détient les catalogues et les contrats de certains des artistes les plus populaires au monde, dont Taylor Swift, Drake, The Beatles ou encore Lady Gaga, sous des labels comme Universal Music, Def Jam ou Republic Records.
Structure de l’opération : cash et nouvelle entité cotée au NYSE
La proposition prévoit deux composantes complémentaires. D’une part, une contrepartie en numéraire de 9,4 milliards d’euros, soit 5,05 € par action UMG. D’autre part, chaque actionnaire d’UMG recevrait 0,77 action d’une nouvelle entité baptisée « New UMG », issue de la fusion avec Pershing Square SPARC Holdings.
Cette nouvelle entité serait incorporée dans l’État du Nevada et cotée sur le New York Stock Exchange (NYSE), avec des états financiers publiés en US GAAP — une évolution structurelle majeure qui ferait passer UMG du marché d’Euronext Amsterdam vers Wall Street. New UMG disposerait alors de 1,541 milliard d’actions en circulation, après annulation de 17 % des titres existants. La notation investment grade du bilan d’UMG serait préservée.
Le financement en fonds propres est entièrement garanti par Pershing Square et ses affiliés. Les engagements de dette seraient pris lors de la signature définitive. La clôture de l’opération est visée pour fin 2026.
Pourquoi UMG se vend-il en dessous de sa valeur ?
Dans sa lettre aux actionnaires, Bill Ackman identifie six facteurs structurels qui plombent le cours d’UMG indépendamment de ses performances opérationnelles. Premier frein : l’incertitude autour de la participation de 18 % détenue par le groupe Bolloré, dont la sortie éventuelle fait planer un risque de pression vendeuse sur le titre.
Deuxième frein significatif : le report répété de la cotation américaine. UMG avait déposé confidentiellement un dossier d’introduction en bourse aux États-Unis en juillet 2025, avant de le suspendre en mars 2026. Cette hésitation a nourri l’incertitude des investisseurs. S’y ajoutent une sous-utilisation du bilan, l’absence de politique d’allocation de capital clairement articulée, et un manque de reconnaissance de la participation d’UMG dans Spotify — valorisée à 2,7 milliards d’euros mais quasi invisible dans le cours de bourse.
Pershing Square détient environ 10 % d’UMG, une participation acquise en 2021 lors de la scission d’UMG du groupe Vivendi et de son introduction sur Euronext Amsterdam — une partie de cette position ayant été cédée en 2025. Bill Ackman organisait le 7 avril un webcast destiné aux investisseurs institutionnels pour détailler les fondements de sa proposition.
Un signal fort pour le secteur de la musique enregistrée
La proposition d’Ackman intervient dans un secteur en pleine mutation. Le marché mondial de la musique enregistrée a retrouvé une forte croissance portée par le streaming, mais les grandes maisons de disques font face à des défis structurels croissants liés à l’explosion des contenus générés par l’IA et à la redistribution des revenus publicitaires. Dans ce contexte, une cotation principale à New York donnerait à New UMG un accès élargi aux capitaux américains et une visibilité accrue auprès des grands fonds d’investissement institutionnels.
La question reste entière : le conseil d’administration d’UMG, contrôlé par le groupe Vivendi et des entités Bolloré, acceptera-t-il d’ouvrir des négociations formelles ? Pour l’heure, la proposition de Pershing Square est non contraignante et les deux parties n’ont pas confirmé l’ouverture de discussions.
Le fonds américain Pershing Square, dirigé par Bill Ackman, propose de racheter Universal Music Group pour 55,8 milliards d’euros (64,4 Mds$), soit 30,40 € par action — une prime de 78 % sur le cours du 2 avril. La structure prévoit 9,4 Mds€ en cash et 0,77 action d’une nouvelle entité cotée au NYSE. Clôture visée fin 2026. L’opération impliquerait un déplacement de la cotation principale d’UMG d’Euronext Amsterdam vers Wall Street.
FAQ
Quel est le montant de l’offre de Pershing Square pour UMG ?
55,8 milliards d’euros (64,4 milliards de dollars), soit 30,40 € par action — une prime de 78 % par rapport au cours du 2 avril 2026 (17,10 €).
Que deviendrait la cotation d’UMG si l’opération aboutit ?
La cotation principale migre d’Euronext Amsterdam vers le New York Stock Exchange (NYSE), sous la forme d’une nouvelle entité baptisée New UMG, incorporée dans l’État du Nevada.
Qui est Bill Ackman et quel est son lien avec UMG ?
Bill Ackman dirige Pershing Square Capital Management, un fonds d’investissement activiste américain. Il détient environ 10 % d’UMG depuis 2021, position acquise auprès de Vivendi lors de l’introduction en bourse d’UMG sur Euronext Amsterdam.



