H&M : bénéfice opérationnel en hausse de 26 % au premier trimestre 2026, la maîtrise des coûts compense le recul des ventes

H&M publie des résultats T1 2026 supérieurs aux attentes : bénéfice opérationnel de 1,512 milliard SEK (+26 %), marge brute à 50,7 % (+160 bps). Les ventes reculent de 1 % en monnaies locales. Le PDG Daniel Ervér met en avant la maîtrise des coûts dans un environnement de consommation prudente.

Intérieur d'une boutique de mode avec des rayons de vêtements bien organisés, illustrant les résultats trimestriels de H&M

Un premier trimestre meilleur qu’attendu malgré des ventes en léger recul

Le groupe H&M a publié jeudi 26 mars 2026 ses résultats pour le premier trimestre de son exercice fiscal (décembre 2025 – février 2026). Le bénéfice opérationnel ressort à 1,512 milliard de SEK, soit +26 % par rapport aux 1,203 milliard de SEK enregistrés au premier trimestre 2025. Ce chiffre dépasse sensiblement les attentes du consensus, qui tablait sur 1,39 à 1,43 milliard de SEK.

Le chiffre d’affaires s’est établi à 49,6 milliards de SEK (environ 4,6 milliards d’euros), en recul de 10 % en couronnes suédoises mais de seulement 1 % en monnaies locales, traduisant un fort effet de change défavorable. Ce dernier s’explique principalement par l’appréciation de l’euro face à la couronne, ainsi que par les difficultés des devises de marchés émergents où le groupe est présent.

La maîtrise des coûts, pilier de la performance

La vraie bonne nouvelle du trimestre réside dans l’amélioration de la profitabilité. La marge brute est montée à 50,7 %, contre 49,1 % un an plus tôt, soit un gain de 160 points de base. Cette progression reflète des achats mieux calibrés, une réduction du déstockage en promotion et une amélioration du mix produit en faveur des articles à plus forte valeur ajoutée.

La marge opérationnelle s’élève à 3,0 %, contre 2,2 % au T1 2025. Le bénéfice net progresse quant à lui de 23 % à 724 millions de SEK.

Le PDG Daniel Ervér a commenté : « Une bonne maîtrise des coûts et une marge brute en hausse ont contribué à renforcer la rentabilité au cours d’un trimestre marqué par une consommation prudente et d’importants effets de change. » Cette formulation signale que H&M navigue dans un contexte de consommateur européen sous pression — inflation, pouvoir d’achat rogné par les hausses énergétiques — tout en maintenant le cap sur la rentabilité.

Un réseau de magasins en rationalisation

À fin février 2026, H&M compte 4 050 magasins dans le monde, contre 4 213 un an plus tôt. La réduction de 163 points de vente reflète principalement la fermeture des 48 magasins de la chaîne Monki, dont le repositionnement avait été décidé en 2025, ainsi que les fermetures programmées dans des marchés à faible rentabilité. Cette rationalisation contribue directement à l’amélioration des marges.

Moyen-Orient, supply chain et perspectives de printemps

Sur la question du conflit au Moyen-Orient, H&M a adopté un ton rassurant. La direction souligne que le groupe bénéficie d’une chaîne d’approvisionnement flexible, avec une part limitée du fret aérien dans ses coûts logistiques, et que ses principaux fournisseurs en Asie (Bangladesh, Inde, Chine, Turquie) ne sont pas directement affectés par les perturbations maritimes liées au détroit d’Ormuz.

Pour le début du deuxième trimestre, H&M anticipe une progression des ventes de 1 % en monnaies locales en mars 2026 — un signal modeste mais positif, dans un environnement de consommation européenne encore tendue.

Indicateur T1 2026 T1 2025 Variation
Chiffre d’affaires (Mds SEK) 49,6 55,1 −10 % (−1 % en ML)
Bénéfice opérationnel (Mds SEK) 1,512 1,203 +26 %
Marge brute 50,7 % 49,1 % +160 bps
Marge opérationnelle 3,0 % 2,2 % +0,8 pt
Bénéfice net (Mds SEK) 0,724 0,590 +23 %
Nombre de magasins 4 050 4 213 −163

H&M face à ses concurrents européens : un rééquilibrage en cours

Dans un secteur textile sous pression depuis la normalisation post-Covid, les résultats de H&M contrastent avec ceux d’Inditex, propriétaire de Zara, qui a publié un bénéfice annuel record à 6,22 milliards d’euros en 2025 avec une marge brute nettement supérieure. L’écart reste significatif, mais la trajectoire de progression de H&M témoigne d’une convergence progressive. Plus globalement, dans un secteur du luxe aussi en normalisation — comme l’illustrent les résultats annuels de LVMH publiés ce mois — les enseignes de milieu de gamme comme H&M jouent la carte de la rentabilité plutôt que celle de la croissance des volumes.

H&M se négocie à une valorisation sensiblement inférieure à celle d’Inditex, ce qui reflète l’écart de rentabilité encore important entre les deux groupes. Mais les investisseurs commencent à réévaluer le potentiel de rattrapage du groupe suédois, à mesure que ses efforts de rationalisation portent leurs fruits sur les marges.


Questions fréquentes

L’essentiel à retenir

H&M a publié le 26 mars 2026 ses résultats du premier trimestre (décembre 2025 – février 2026). Le bénéfice opérationnel progresse de 26 % à 1,51 milliard de couronnes suédoises (SEK), surpassant les attentes des analystes. La marge brute s’établit à 50,7 % (+160 points de base), tirée par une maîtrise rigoureuse des coûts. Les ventes sont en léger recul de 1 % en monnaies locales, pénalisées par d’importants effets de change. Le groupe suédois prévoit une hausse de 1 % des ventes en mars 2026 et rassure sur son exposition au conflit au Moyen-Orient.

 

Pourquoi les ventes de H&M reculent-elles alors que le bénéfice monte ?

Le recul des ventes est principalement dû à d’importants effets de change défavorables : en monnaies locales, les ventes ne baissent que de 1 %. La hausse du bénéfice s’explique par une amélioration des marges brutes (achats plus efficaces, moins de déstockage en promotion) et un meilleur contrôle des charges opérationnelles — une combinaison classique de restructuration réussie.

Que représente une marge brute de 50,7 % pour une enseigne de fast fashion ?

C’est un niveau solide, en progression de 160 points de base sur un an. La marge brute mesure la différence entre le prix de vente et le coût d’achat des marchandises. Pour H&M, progresser à 50,7 % signifie que le groupe récupère davantage sur chaque article vendu, soit en négociant mieux avec ses fournisseurs, soit en vendant moins à prix cassé. Inditex affiche une marge brute sensiblement plus élevée, ce qui reste l’objectif de long terme pour H&M.

H&M est-il exposé aux tensions commerciales liées aux droits de douane Trump ?

Indirectement. Une partie de la production de H&M est réalisée en Asie du Sud-Est, où les droits de douane américains pourraient renchérir les coûts si la chaîne d’approvisionnement est réorientée. Toutefois, la part des ventes de H&M aux États-Unis représente environ 10 % du total, ce qui limite l’exposition directe. Le groupe a indiqué surveiller de près l’évolution des règles douanières.