Action Netflix : une chute qui en dit long sur la confiance des investisseurs
L’action Netflix a nettement reculé mardi 20 octobre 2026, au lendemain de la publication des résultats du troisième trimestre. Pourtant, les chiffres bruts étaient solides : le géant du streaming a dégagé un chiffre d’affaires de 12,87 milliards de dollars (environ 11,09 milliards d’euros) et un bénéfice net d’environ 3,7 milliards de dollars, au-dessus des attentes du cabinet FactSet.
Alors pourquoi la sanction en Bourse ? Parce que les marchés ne regardent plus seulement ce que Netflix gagne, mais la vitesse à laquelle l’entreprise continue de croître. Dans sa lettre aux actionnaires, le groupe reconnaît lui-même que « certains investisseurs s’inquiètent de la croissance de nos heures de visionnage », tout en se disant confiant dans sa capacité à l’accélérer.
Résultats Netflix du troisième trimestre : ce que disent les chiffres
Le groupe californien n’a pas communiqué de chiffre global d’heures de visionnage pour le trimestre. Il a simplement indiqué qu’en Inde, cet indicateur avait progressé de 24 % sur un an. Un signal positif, mais très localisé.
Le dernier repère mondial date de juillet : les abonnés avaient cumulé 97 milliards d’heures de visionnage au premier semestre, soit une hausse de seulement 2 % sur un an. Et depuis le premier semestre 2025, Netflix ne publie plus son nombre d’abonnés, ce qui complique la lecture de sa dynamique pour les investisseurs.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d’affaires, T3 2026 | 12,87 Md$ (11,09 Md€) |
| Bénéfice net, T3 2026 | environ 3,7 Md$ (3,19 Md€) |
| Heures de visionnage, 1er semestre 2026 | 97 milliards (+2 %) |
| Visionnage en Inde, T3 2026 | +24 % sur un an |
| Part du visionnage TV aux États-Unis, juillet 2026 | 7,8 % (YouTube : 14,2 %) |
Pourquoi l’action Netflix décroche malgré des bénéfices solides
John Belton, gestionnaire de portefeuille chez Gabelli Funds, résume le malaise auprès de l’AFP : le titre « a nettement sous-performé au cours des six à douze derniers mois ».
Les investisseurs s’inquiètent de tendances molles en matière d’engagement, d’un ralentissement de la croissance des revenus, de perspectives de marge moins favorables et, plus récemment, de changements à la tête des contenus.
— John Belton, gestionnaire de portefeuille, Gabelli Funds (déclaration à l’AFP)
Le diagnostic est partagé par le marché. La concurrence ne vient plus seulement des autres plateformes de vidéo à la demande : le jeu vidéo, le sport et surtout YouTube captent une part croissante du temps d’écran. Aux États-Unis, Netflix pesait 7,8 % du visionnage télévisé en juillet, contre 14,2 % pour la plateforme de Google, un record pour cette dernière selon Nielsen.
Le co-directeur général Ted Sarandos l’a admis lors de l’appel avec les analystes : « Nous devons mieux exécuter aux États-Unis. » Selon lui, les contenus fonctionnent globalement, avec de bons résultats en Amérique latine, en Europe et en Asie, mais le marché américain ne croît « pas aussi vite que cela le pourrait ».
Suppressions de postes et changement de cap sur les contenus
Autre sujet d’inquiétude : selon plusieurs médias, Netflix supprimerait environ 1 000 emplois, soit près de 6 % de ses effectifs. Sept cadres de haut niveau chargés des accords et des contenus télévisés seraient concernés, d’après The Hollywood Reporter.
Le groupe a par ailleurs remplacé sa directrice des contenus, Bela Bajaria, à l’origine de succès comme Stranger Things, La Chronique des Bridgerton ou Squid Game. Son successeur est Peter Rice, ancien cadre de Disney. Ted Sarandos a justifié ce choix : Peter Rice « comprend les relations avec les talents », un atout alors que les créateurs ont le choix de leur plateforme.
Sport en direct, jeux vidéo, formats courts : la riposte de Netflix
Pour relancer l’engagement, l’entreprise mise sur de nouveaux formats. Le sport en direct occupe une place croissante, avec des accords de diffusion pour de grands événements comme les Jeux olympiques et la Coupe du monde, ainsi que des événements de la NFL et de la WWE. Le jeu vidéo et les formats plus courts complètent la stratégie.
La question, pour qui suit l’action Netflix, est de savoir si ces paris suffiront à relancer la croissance du visionnage. Le secteur est en pleine recomposition, comme l’illustre le rachat d’ITV par Sky et Comcast sur le marché européen de l’audiovisuel.
L’action Netflix a reculé après des résultats pourtant supérieurs aux attentes (12,87 milliards de dollars de chiffre d’affaires au T3). Les investisseurs redoutent un ralentissement de l’engagement, face à YouTube, au jeu vidéo et au sport. Netflix répond par un changement à la tête des contenus, des suppressions d’environ 1 000 postes selon la presse, et un pari sur le direct.
Questions fréquentes
Pourquoi l’action Netflix a-t-elle baissé après ses résultats ?
Malgré un chiffre d’affaires de 12,87 milliards de dollars supérieur aux attentes, les investisseurs s’inquiètent du ralentissement de l’engagement des abonnés et de la croissance des revenus.
Combien de postes Netflix va-t-il supprimer ?
Selon plusieurs médias, environ 1 000 emplois, soit près de 6 % des effectifs, seraient supprimés.
Qui dirige désormais les contenus chez Netflix ?
Peter Rice, ancien cadre de Disney, a remplacé Bela Bajaria à la tête des contenus.
Quelle est la part de Netflix face à YouTube aux États-Unis ?
En juillet 2026, Netflix représentait 7,8 % du visionnage télévisé américain contre 14,2 % pour YouTube, selon Nielsen.






