Un départ qui tombe après le lancement raté de la Ferrari électrique
L’homme qui a façonné l’image de Ferrari pendant plus de seize ans s’en va. Enrico Galliera, directeur du marketing et du commercial du constructeur de Maranello, quitte ses fonctions à compter du 1er juillet 2026, quelques semaines à peine après la présentation chaotique de la première Ferrari électrique. Le calendrier ne doit rien au hasard apparent : il intervient alors que la marque traverse l’un des épisodes les plus délicats de son histoire récente.
Officiellement, la firme italienne réfute tout lien entre cette vague de critiques et le départ de son dirigeant. Selon Ferrari, Enrico Galliera avait décidé de tourner la page depuis un certain temps et avait accepté de rester en poste le temps de lancer la nouvelle venue, avant d’entamer ce que l’entreprise décrit comme un nouveau chapitre de sa carrière. Le directeur général Benedetto Vigna a salué sa contribution et présenté ce changement comme une étape de l’évolution de la marque, et non comme une réaction à la polémique.
La Luce, une berline à 550 000 euros qui divise
Au cœur de la tourmente : la Luce, premier modèle 100 % électrique de Ferrari, dévoilé un mois avant l’annonce du départ de Galliera. Cette berline à quatre portes rompt frontalement avec la silhouette traditionnelle du cheval cabré. Son dessin, aux lignes lissées et sans arêtes, a été développé avec LoveFrom, le studio de création fondé par Jony Ive, ancien patron du design d’Apple. Le résultat a suscité une réaction que peu, en interne, avaient anticipée.
La sanction des marchés a été immédiate : l’action Ferrari a chuté de plus de 8 % en une seule séance après la révélation du modèle, un verdict boursier brutal pour l’une des valeurs les plus prisées de l’industrie automobile. Sur les réseaux et chez les puristes, le style de la voiture comme son tarif d’entrée — à partir de 550 000 euros — ont nourri une avalanche de moqueries, fait rare pour une marque habituée à l’adoration.
| La Ferrari Luce en bref | |
|---|---|
| Type | Première Ferrari 100 % électrique |
| Carrosserie | Berline, quatre portes |
| Prix de départ | ≈ 550 000 € |
| Puissance | Plus de 1 000 ch |
| Autonomie annoncée | ≈ 530 km |
| Design | Studio LoveFrom (Jony Ive, ex-Apple) |
En une seule séance, la Bourse a effacé plus de 8 % de la valeur de Ferrari : le marché a tranché avant même les premiers clients.
Un ex-BMW pour redresser la stratégie commerciale
Pour succéder à Galliera, Ferrari a fait un choix inhabituel. Massimiliano Di Silvestre, ancien patron de BMW Italie qu’il a dirigé depuis 2019, prend les commandes du marketing et du commercial le 1er juillet et reportera directement à Benedetto Vigna. Fort de plus de vingt ans d’expérience dans le segment premium, il incarne une rupture : la marque va chercher son directeur commercial chez un concurrent plutôt que de promouvoir en interne, ce qui reste exceptionnel à Maranello.
Sa mission s’annonce ardue. Il hérite de la tâche de vendre une Ferrari électrique à une clientèle qui paie une prime considérable pour l’exclusivité et la singularité de la marque — au moment précis où l’appétit pour les supercars électriques de très haut de gamme se tasse. Le recrutement d’un cadre rompu aux codes du premium allemand, comme l’a été BMW confronté à ses propres turbulences, traduit la volonté de Ferrari de professionnaliser sa bascule vers l’électrique.
Ferrari face au refroidissement du marché des supercars électriques
Le pari électrique de Ferrari s’inscrit dans un contexte automobile européen mouvant. La demande pour les véhicules électriques de prestige ralentit, tandis que les constructeurs établis affrontent une concurrence inédite, notamment celle des marques chinoises qui accélèrent sur le marché européen. Dans ce paysage, la singularité de la marque — son moteur thermique, sa sonorité, son héritage sportif — constitue à la fois son atout et son défi face à l’électrification.
Ferrari assure que l’intérêt pour la Luce reste soutenu. Les investisseurs n’auront toutefois une image plus nette qu’à la publication des résultats du deuxième trimestre, attendus le 30 juillet 2026. D’ici là, le constructeur joue gros : réussir à imposer une électrique de rupture sans abîmer la légende qui fait sa valeur.
Le directeur marketing et commercial de Ferrari, Enrico Galliera, quitte la marque au 1er juillet 2026, peu après le lancement controversé de la Luce, première Ferrari 100 % électrique à partir de 550 000 €. L’action avait chuté de plus de 8 % après la présentation. Son successeur, l’ex-patron de BMW Italie Massimiliano Di Silvestre, devra convaincre une clientèle de luxe sur un marché des supercars électriques en repli. Prochain rendez-vous décisif : les résultats du 2ᵉ trimestre, le 30 juillet.
Questions fréquentes
Comment s’appelle la première voiture électrique de Ferrari ?
La première Ferrari 100 % électrique s’appelle la Luce. Présentée en 2026, il s’agit d’une berline à quatre portes affichée à partir d’environ 550 000 euros, dont le design a été développé avec le studio LoveFrom de Jony Ive.
Pourquoi le directeur commercial de Ferrari quitte-t-il l’entreprise ?
Ferrari affirme qu’Enrico Galliera avait décidé de partir depuis un certain temps et qu’il a accepté de rester jusqu’au lancement de la Luce. La marque réfute tout lien avec les critiques qui ont entouré le modèle électrique.
Qui remplace Enrico Galliera chez Ferrari ?
Massimiliano Di Silvestre, ancien dirigeant de BMW Italie, prend la direction du marketing et du commercial le 1er juillet 2026 et reporte au directeur général Benedetto Vigna.
Pourquoi l’action Ferrari a-t-elle chuté ?
Le cours a reculé de plus de 8 % en une séance après la présentation de la Luce, les marchés et les passionnés ayant mal accueilli le design et le tarif d’entrée de 550 000 euros du modèle électrique.






