Des résultats contrastés sous la pression des marchés
Le premier chimiste mondial a publié ses comptes annuels 2025 le 27 février 2026, révélant une situation à double lecture. Le chiffre d’affaires recule de 2,9 % à 59,7 milliards d’euros, contre 61,4 milliards en 2024, sous l’effet conjugué de trois facteurs défavorables : la parité monétaire a coûté 3 points de croissance (dollar, yuan, real brésilien), les prix se sont contractés de 1,7 % dans la plupart des segments, et les cessions d’actifs ont pesé pour 0,6 point supplémentaire. Seule éclaircie : les volumes ont progressé de 1,5 %, signe d’une demande industrielle qui résiste.
Le résultat avant intérêts et impôts (EBIT) s’établit à 1,63 milliard d’euros, en retrait de 9,7 % par rapport à 2024, notamment en raison de 404 millions d’euros de dépréciations, principalement dans la division Chemicals. Pourtant, la génération de trésorerie libre surprend : le free cash flow bondit à 1,3 milliard d’euros, contre 0,7 milliard l’an passé, largement au-dessus des prévisions des analystes qui tablaient sur 0,6 milliard. Une performance qui s’explique avant tout par la compression des investissements — 4,3 milliards d’euros contre 6,2 milliards en 2024.
« BASF a bien performé dans des conditions géopolitiques, réglementaires et économiques difficiles en 2025. »
— Martin Brudermüller, PDG sortant de BASF, communiqué annuel 2025
Un plan d’économies qui dépasse les objectifs
La principale bonne nouvelle de cet exercice est la réussite accélérée du plan de restructuration. BASF a réalisé 1,7 milliard d’euros d’économies cumulées fin 2025, en avance sur son calendrier initial. Pour y parvenir, le groupe a consenti des efforts considérables : 937 millions d’euros de charges de restructuration ont été comptabilisés en 2025, contre 521 millions en 2024.
Parmi les mesures phares, la cession de la division peintures décoratives à l’américain Sherwin-Williams, finalisée en octobre 2025, a contribué à l’amélioration du bilan avec des plus-values significatives. Le groupe a également poursuivi la réduction de ses effectifs sur le site historique de Ludwigshafen, son plus grand complexe industriel mondial, confronté à des coûts énergétiques structurellement plus élevés qu’avant 2022.
Le rendement du capital employé (ROCE) s’est amélioré à 5,8 % contre 5,1 % en 2024, signe que la discipline capitalistique produit ses effets, même si ce niveau reste inférieur au coût du capital du groupe.
Chemicals dans le rouge, Nutrition & Care résiste
Au niveau des divisions, le tableau est contrasté. La division Chemicals a subi les plus lourdes corrections, avec des dépréciations massives et un EBITDA hors éléments exceptionnels très en deçà des attentes. La surproduction chinoise et la pression sur les prix de l’éthylène et du propylène ont structurellement dégradé les marges dans ce segment.
Les divisions Materials et Industrial Solutions affichent également des reculs de leur EBITDA, sous l’effet des prix et d’une légère hausse des coûts fixes. En revanche, Surface Technologies et Nutrition & Care font figure d’exception positive, ayant réussi à relever leurs prix en dépit de la pression concurrentielle.
BASF partage avec ses concurrents européens un défi structurel : des coûts énergétiques significativement plus élevés qu’en Asie ou aux États-Unis, combinés à une concurrence chinoise de plus en plus agressive sur les produits de base. La production mondiale de nombreuses commodités chimiques est désormais excédentaire, ce qui comprime durablement les marges.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Pour l’exercice 2026, la direction vise un EBITDA hors éléments exceptionnels compris entre 6,2 et 7,0 milliards d’euros et un free cash flow entre 1,5 et 2,3 milliards d’euros. Ces objectifs prudents tiennent compte de l’incertitude géopolitique persistante — notamment la guerre en Iran qui pèse sur les prix de l’énergie — et d’un environnement de demande industrielle toujours hésitant en zone euro.
L’accélération du plan d’économies devrait permettre d’atteindre ses ambitions d’ici fin 2026, offrant une marge de manœuvre supplémentaire pour l’allocation de capital. Le maintien du dividende à 2,25 € par action envoie un signal de confiance aux actionnaires, même si la valorisation boursière de BASF reste sous pression depuis plusieurs années.
| Indicateur | 2024 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires (Mds €) | 61,4 | 59,7 | –2,9 % |
| Bénéfice net (Mds €) | 1,3 | 1,6 | +24,7 % |
| EBITDA hors éléments except. (Mds €) | 7,24 | 6,55 | –9,5 % |
| Free cash flow (Mds €) | 0,7 | 1,3 | +86 % |
| ROCE (%) | 5,1 | 5,8 | +0,7 pt |
| Dividende (€/action) | 2,25 | 2,25 | stable |
Quand BASF a-t-il publié ses résultats 2025 ?
Pourquoi le bénéfice net progresse alors que le chiffre d’affaires baisse ?
Quel est le principal défi de BASF pour 2026 ?
BASF maintient-il son dividende en 2026 ?
BASF a publié ses résultats annuels 2025 le 27 février 2026 : chiffre d’affaires de 59,7 milliards d’euros (–2,9 %), mais bénéfice net en hausse de 25 % à 1,6 milliard. Le plan d’économies a permis de réaliser 1,7 milliard d’euros d’économies avant les objectifs initiaux. Le chimiste allemand maintient un dividende de 2,25 € par action et vise un EBITDA entre 6,2 et 7,0 milliards d’euros en 2026.






