Budget 2027 : retraités, APL, impôt sur le revenu… ce que le projet du gouvernement change pour les ménages

Le gouvernement Lecornu vise 54 milliards d'euros d'effort pour ramener le déficit à 5 % du PIB. Pas de hausse de l'impôt sur le revenu, mais retraités, bénéficiaires d'aides au logement et fonctionnaires sont mis à contribution.

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Budget 2027 : 54 milliards d’euros d’effort pour ramener le déficit à 5 %

Jeudi 1er octobre 2026, le gouvernement de Sébastien Lecornu a présenté son budget 2027. L’exécutif propose un « effort » de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public de 5,4 %, attendu à la fin de l’année, à 5 % du PIB. Il met en avant 43 milliards d’euros de mesures de redressement nouvelles, auxquelles s’ajoute la montée en charge d’environ 12 milliards de mesures prises en 2026, rapporte Euronews.

Le point d’équilibre politique tient en une phrase du ministre des Comptes publics, David Amiel : « Nous ne touchons pas à l’impôt sur le revenu ». L’exécutif prévoit au contraire de revaloriser le barème de 2,1 % pour tenir compte de l’inflation, ce qui préserverait 20 millions de ménages d’une hausse d’impôt, selon le ministère de l’Économie. L’effort repose donc sur d’autres leviers.

Ce que le budget 2027 change pour les ménages

Voici les principales mesures du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui touchent directement les particuliers :

Public concerné Mesure prévue
Retraités Pensions jusqu’à 1 260 € indexées sur l’inflation, indexation inférieure au-delà ; abattement de 10 % plafonné à 3 000 € au lieu de 4 439 €
Impôt sur le revenu Barème revalorisé de 2,1 % ; pas de hausse du taux
APL et prime d’activité Pas de revalorisation prévue en 2027
Allocations familiales Gel, pour 500 millions d’euros d’économies
Fonctionnaires Gel du point d’indice
Parents de jeunes enfants Nouveau prêt à taux zéro « parentalité »
Produits sucrés Extension de la « taxe soda » aux viennoiseries, biscuits, céréales et confiseries

Sources : ministère de l’Économie, LCP, Euronews.

Les retraités sont les plus touchés : le gouvernement veut économiser 5,5 milliards d’euros en freinant la progression des dépenses de retraite. Les pensions inférieures ou égales à 1 260 euros resteraient indexées sur l’inflation, les autres le seraient à un taux inférieur à l’inflation mais supérieur à zéro, fixé par voie réglementaire. Le reste de l’économie viendrait de la baisse du plafond de l’abattement de 10 % sur l’impôt sur le revenu. Nous avons déjà détaillé l’évolution des retraites des fonctionnaires.

Le gouvernement promet de ne pas toucher à l’impôt sur le revenu, mais gèle les aides au logement, le point d’indice et les allocations familiales.

Logement, étudiants et famille : des aides gelées ou recentrées

Côté logement, le projet prévoit de ne pas revaloriser, exceptionnellement, les APL ni la prime d’activité en 2027, même si un décret pourrait rétablir la hausse. Le RSA, l’allocation aux adultes handicapés et l’Aspa resteraient revalorisés en fonction de l’inflation. À partir du 1er septembre 2027, les étudiants issus des foyers les plus aisés devraient choisir entre les APL et l’avantage fiscal dont bénéficient leurs parents.

Pour les familles, l’allocation de rentrée scolaire serait « recentrée », avec une réduction de dépense de 0,6 milliard d’euros, et un nouveau prêt à taux zéro serait ouvert aux ménages ayant un enfant à naître ou de moins de trois ans, sous conditions de ressources. Autre nouveauté : l’extension de la « taxe soda » à des produits sucrés et transformés, avec une première tranche à partir de 10 grammes de sucres pour 100 grammes de produit. Une mesure initialement prévue, des droits d’inscription de 178 euros en BTS et 270 euros en classe préparatoire pour les non-boursiers, a été retirée le soir même de la présentation par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Sur les arrêts maladie, voir aussi notre article sur l’absentéisme au travail.

Un scénario de croissance jugé optimiste, un Parlement hostile

Le budget repose sur une croissance de 1 % en 2027, contre 0,5 % en 2026, et sur une inflation qui redescendrait sous les 2 %. La Banque de France prévoit 0,9 % et l’OFCE 0,7 %, selon Euronews. Le Haut conseil des finances publiques juge le texte riche en incertitudes et optimiste sur la croissance, tandis que l’exécutif reconnaît lui-même de « forts aléas », notamment au Moyen-Orient.

Le texte doit encore passer l’épreuve du Parlement : le Parti socialiste dénonce une « provocation » et les écologistes promettent de censurer. Les mesures présentées le 1er octobre sont donc susceptibles d’évoluer avant le vote.

L’essentiel à retenir

Le budget 2027 vise 54 milliards d’euros d’effort pour ramener le déficit à 5 % du PIB. Pas de hausse de l’impôt sur le revenu, dont le barème serait revalorisé de 2,1 %, mais les retraités (abattement plafonné à 3 000 euros), les bénéficiaires des APL et les fonctionnaires sont mis à contribution. Le texte reste un projet : il doit être débattu au Parlement, où il s’annonce difficile.

 

Questions fréquentes sur le budget 2027

Quel est l’effort budgétaire prévu par le budget 2027 ?

Le gouvernement propose un effort de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public de 5,4 % à 5 % du PIB : 43 milliards d’euros de mesures de redressement nouvelles, auxquelles s’ajoutent environ 12 milliards liés à la montée en charge de mesures prises en 2026.

L’impôt sur le revenu augmente-t-il en 2027 ?

Non, le projet ne prévoit pas de hausse de l’impôt sur le revenu. Le barème serait même revalorisé de 2,1 % pour tenir compte de l’inflation, selon le ministère de l’Économie. Les retraités voient en revanche le plafond de leur abattement de 10 % ramené de 4 439 à 3 000 euros.

Les APL seront-elles revalorisées en 2027 ?

Le projet prévoit de ne pas revaloriser exceptionnellement les paramètres de dépenses de logement des APL ni la prime d’activité en 2027. Un décret pourrait toutefois rétablir la revalorisation. Le RSA, l’AAH et l’Aspa seraient, eux, revalorisés selon l’inflation.

Le budget 2027 est-il définitivement adopté ?

Non. Il s’agit d’un projet de loi de finances qui doit être débattu par l’Assemblée nationale et le Sénat. Plusieurs partis d’opposition ont déjà annoncé leur hostilité, et les mesures peuvent évoluer au fil des débats.