Trois mois après la frappe qui l’a mis hors service, le pipeline Druzhba — artère pétrolière vitale pour l’Europe centrale — est sur le point de reprendre ses livraisons. La Hongrie et la Slovaquie, privées de brut depuis fin janvier, pourraient retrouver un approvisionnement normal avant la fin du mois d’avril 2026.
Un pipeline paralysé depuis janvier par une frappe russe
Fin janvier 2026, une section du pipeline Druzhba dans l’ouest de l’Ukraine est endommagée par une frappe de drone russe. L’ouvrage, construit à l’époque soviétique pour acheminer le brut de l’Oural vers l’Europe de l’Est, est mis hors service. La Hongrie et la Slovaquie — deux pays dont les raffineries dépendent historiquement de ce flux — se retrouvent en rupture d’approvisionnement.
La réparation s’avère rapidement bien plus complexe qu’une simple opération technique. Elle cristallise des tensions diplomatiques au carrefour de la guerre en Ukraine, des relations russo-hongroises et des rapports de force au sein de l’Union européenne. La Hongrie, alors sous la direction de Viktor Orbán, accuse l’Ukraine de prolonger volontairement l’arrêt à des fins politiques. En représailles, Budapest bloque un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à Kyiv.
Zelensky confirme une reprise pour le printemps
Le 10 avril 2026, Volodymyr Zelensky prend la parole sur l’état d’avancement des réparations. Les travaux progressent, confirme-t-il, mais des difficultés techniques subsistent : des réservoirs de stockage détruits par des attaques ultérieures compliquent la remise en service complète du circuit. Malgré ces obstacles, le président ukrainien confirme que le retour à la normale interviendra au printemps 2026.
Un calendrier qu’il qualifie de « contraint » — l’Ukraine n’a pas de marges de manœuvre diplomatiques pour prolonger indéfiniment une situation qui fragilise ses alliés d’Europe centrale. La Commission européenne, informée de l’avancement, se montre en cohérence avec cette estimation.
Pour Bruxelles, le redémarrage du Druzhba reste un sujet politiquement sensible. L’Europe a officiellement cherché à se sevrer des énergies fossiles russes depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, mais plusieurs États membres d’Europe centrale peinent à trouver des alternatives crédibles à court terme — comme le souligne la politique énergétique d’urgence adoptée par l’Allemagne en réponse à la crise.
La Hongrie maintient des canaux directs avec la Russie sur les questions énergétiques — une réalité que la dépendance structurelle de Budapest rend difficile à contourner.
Magyar et MOL relancent les discussions avec Moscou
Le 17 avril 2026, c’est de Budapest que vient l’annonce la plus concrète. Péter Magyar, nouveau Premier ministre hongrois, indique que les flux de brut pourraient reprendre dès la dernière semaine d’avril ou début mai 2026. Cette information, selon Magyar, lui a été communiquée par MOL — le groupe pétrolier hongrois qui opère les principales raffineries du pays.
Le directeur général de MOL confirme préparer un voyage à Moscou pour finaliser les accords techniques et contractuels permettant la reprise des livraisons. C’est un signal diplomatique fort : la Hongrie de Magyar, bien que dans une posture différente de celle d’Orbán vis-à-vis de l’Ukraine, maintient des canaux directs avec la Russie sur les questions énergétiques — une réalité que la dépendance structurelle de Budapest rend difficile à contourner.
La Slovaquie suit l’évolution de ces négociations avec la même urgence. Son réseau de raffinage, tout comme celui de la Hongrie, n’a pas été conçu pour traiter facilement d’autres types de bruts en substitution rapide.
L’Europe centrale face à ses dépendances énergétiques
L’interruption du Druzhba illustre une réalité que la politique énergétique européenne affronte depuis trois ans : la dépendance aux hydrocarbures russes ne se dénoue pas par décret. La Pologne et l’Allemagne ont substantiellement accéléré leurs diversifications depuis 2022, mais la Hongrie et la Slovaquie restent structurellement liées à ce flux pour leur production de carburants et de produits pétroliers.
Des projets d’alternative existent — notamment l’extension de l’oléoduc TAL (Trans Alpine Pipeline), qui pourrait acheminer du brut de la Méditerranée vers l’Europe centrale — mais leur déploiement prendra encore plusieurs années et d’importants investissements. En attendant, Druzhba reste une nécessité économique que ni Budapest ni Bratislava ne peuvent s’offrir d’ignorer.
Cette réalité donne à la reprise imminente du pipeline une double dimension : soulagement immédiat pour les raffineurs, et rappel persistant de la fragilité des chaînes d’approvisionnement énergétiques en Europe centrale — dans un contexte de prix de l’énergie déjà élevés suite aux tensions au Moyen-Orient.
Le pipeline Druzhba, endommagé par une frappe de drone russe fin janvier 2026, devrait reprendre ses livraisons de brut vers la Hongrie et la Slovaquie avant fin avril ou début mai 2026. Le Premier ministre hongrois Péter Magyar et le groupe pétrolier MOL confirment des négociations avancées avec Moscou. L’interruption de trois mois a mis en lumière la dépendance persistante de l’Europe centrale aux hydrocarbures russes, malgré les politiques de diversification engagées depuis 2022.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le pipeline Druzhba ?
Le pipeline Druzhba est l’un des plus longs réseaux de transport d’hydrocarbures au monde. Construit à l’époque soviétique, il achemine du brut russe depuis la région de l’Oural vers l’Europe centrale et orientale, notamment vers la Hongrie, la Slovaquie, la Pologne, la Tchéquie et l’Allemagne.
Pourquoi le pipeline Druzhba a-t-il été interrompu début 2026 ?
Une section du pipeline en Ukraine occidentale a été endommagée par une frappe de drone russe fin janvier 2026, interrompant les livraisons vers la Hongrie et la Slovaquie. Les réparations ont été compliquées par la destruction de réservoirs de stockage dans des attaques ultérieures.
Quand les livraisons de brut via Druzhba doivent-elles reprendre ?
Selon le Premier ministre hongrois Péter Magyar, les flux devraient reprendre avant fin avril ou début mai 2026. Cette information provient du groupe pétrolier hongrois MOL, qui mène des discussions avec Moscou pour finaliser les accords de reprise des livraisons.
Quels pays européens sont concernés par l’interruption du Druzhba ?
La Hongrie et la Slovaquie sont les deux pays les plus directement affectés, leurs raffineries étant historiquement dépendantes de ce flux. La Pologne et la Tchéquie, qui ont davantage diversifié leurs approvisionnements depuis 2022, sont moins exposées à court terme.



