Résultats LVMH au troisième trimestre : la Chine fait caler la mode et la maroquinerie

Avec 18,5 milliards d'euros de ventes, LVMH progresse à peine au troisième trimestre. Le géant du luxe voit sa division phare, mode et maroquinerie, reculer de 5 % sous l'effet de la demande chinoise.

Boutique de maroquinerie de luxe vide, sacs à main exposés sur des étagères éclairées

Résultats LVMH : un troisième trimestre à +1,2 %, sous les attentes

Le numéro un mondial du luxe a publié, le 13 octobre 2026, un chiffre d’affaires de 18,5 milliards d’euros pour les trois mois achevés fin septembre. En données publiées, les ventes progressent de 1,2 % sur un an. C’est mieux que le premier semestre, mais la croissance organique, qui exclut les effets de change et de périmètre, a ralenti à 1 %, contre 3 % au deuxième trimestre. Elle reste en deçà des attentes du marché.

Sur l’ensemble des neuf premiers mois de l’année, le groupe qui rassemble notamment Louis Vuitton, Dior, Celine et Hennessy affiche 57,1 milliards d’euros de ventes, avec une croissance organique de 2 %. Dans son communiqué, LVMH met en avant la diversité de son portefeuille d’activités, qui lui apporte de la résilience dans un environnement géopolitique et économique incertain.

Indicateur LVMH Valeur
Chiffre d’affaires du T3 2026 18,5 Md€ (+1,2 % publié)
Croissance organique au T3 +1 % (contre +3 % au T2)
Ventes sur neuf mois 57,1 Md€ (+2 % organique)
Mode et maroquinerie au T3 -5 % en organique

Mode et maroquinerie : la Chine fait caler la locomotive

Le détail par région est sans appel. LVMH indique que la croissance des ventes reste solide aux États-Unis, en Europe et au Japon, mais qu’il fait face à un environnement moins favorable en Chine. Or c’est dans la mode et la maroquinerie, le cœur historique du groupe, que la deuxième économie mondiale pèse le plus : la division recule de 5 % en organique. La baisse est plus marquée que celle d’environ 2 % attendue par les analystes.

Aux États-Unis, en Europe et au Japon, la demande tient. En Chine, c’est la mode et la maroquinerie qui paient l’addition : -5 % sur le trimestre.

L’image de Louis Vuitton a aussi été écornée sur place. La maison a porté plainte contre la société de boissons au thé Molly Tea, accusée de copier son logo, et elle a obtenu gain de cause. Mais la procédure a déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux chinois et des appels au boycott de la marque.

Sephora et la joaillerie amortissent le choc

Tout le groupe ne souffre pas. La distribution sélective, qui comprend la chaîne de parfums et de cosmétiques Sephora, a soutenu les ventes du trimestre, tout comme la joaillerie. Cette diversification est précisément l’argument que met en avant la direction. Sephora a d’ailleurs fait l’objet d’un récent article d’EBN sur ses ambitions : lire notre analyse sur les 20 milliards de ventes visés par Sephora.

Pour mesurer l’ampleur du ralentissement, il faut aussi se rappeler le point de départ : notre analyse des résultats LVMH du premier semestre 2026 montrait déjà un groupe en quête de rebond.

Une reprise plus lente, mais pas structurelle selon les analystes

Les analystes de Deutsche Bank estiment que ces chiffres pourraient entraîner de nouvelles révisions à la baisse des prévisions de bénéfices pour le second semestre 2026 et pour 2027. Ils jugent néanmoins que la faiblesse de l’activité est cyclique plutôt que structurelle. Selon eux, la reprise prend simplement plus de temps en raison d’une demande chinoise affaiblie, et les initiatives lancées par les marques produiront leurs effets de façon plus progressive.

Le marché a réagi sans enthousiasme : l’action LVMH reculait de plus de 1,6 % vers 10 heures à Paris le jour de la publication. Pour les investisseurs, la question n’est plus de savoir si le luxe européen reste rentable, mais quand le client chinois reviendra et à quel rythme.

L’essentiel à retenir

LVMH a réalisé 18,5 milliards d’euros de ventes au troisième trimestre 2026 (+1,2 %), mais la croissance organique est retombée à 1 %. La mode et la maroquinerie reculent de 5 % à cause de la Chine, tandis que les États-Unis, l’Europe et le Japon résistent. Les analystes jugent le phénomène cyclique, avec un risque de révision des prévisions de bénéfices.