SpaceX a déposé des documents préliminaires auprès de la SEC pour une introduction en bourse estimée à 75 milliards de dollars (65 Md€). La valorisation de la société d’Elon Musk pourrait atteindre 1 500 à 1 750 milliards de dollars, soit plus du double de sa valeur de décembre dernier. L’IPO, possible dès juin 2026, dépasserait le précédent record de Saudi Aramco (29 Md$ en 2019). Musk prévoit de réserver 30 % des actions aux investisseurs particuliers.
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Introduction en bourse de SpaceX : les chiffres d’un événement historique
La société d’exploration spatiale d’Elon Musk a franchi le 2 avril 2026 une étape décisive en déposant des documents préliminaires d’enregistrement auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), en vue d’une introduction en bourse. L’information a été confirmée par deux sources proches du dossier citées sous couvert d’anonymat, relayées par Associated Press et Euronews.
Le montant que SpaceX cherche à lever n’a pas été officiellement divulgué, mais il atteindrait 75 milliards de dollars, soit environ 65 milliards d’euros. Ce chiffre éclipserait sans difficulté le précédent record mondial d’introduction en bourse : les 29 milliards de dollars levés par Saudi Aramco en 2019. L’IPO pourrait avoir lieu dès le mois de juin 2026.
Sur la question de la valorisation, les estimations divergent légèrement selon les méthodologies retenues. Le cabinet PitchBook situe la valeur de SpaceX autour de 1 500 milliards de dollars — un niveau qui représente plus du double de sa valorisation de décembre dernier, quand certains actionnaires minoritaires avaient cédé leurs parts. L’AFP avance pour sa part une estimation de 1 750 milliards de dollars, en intégrant les acquisitions récentes qui ont élargi le périmètre de l’entreprise.
Starlink, xAI et X : l’écosystème Musk entre en Bourse
L’introduction en bourse de SpaceX ne concernera pas uniquement l’activité spatiale historique du groupe. La société a récemment intégré deux autres entreprises contrôlées par Elon Musk : X (anciennement Twitter) et xAI, sa société d’intelligence artificielle. Cette intégration, réalisée dans le cadre d’une transaction critiquée — l’acheteur et le vendeur étant tous deux contrôlés par Musk — a contribué à élargir la base d’actifs de la société avant son entrée en Bourse.
SpaceX possède par ailleurs Starlink, la constellation de satellites en orbite basse qui constitue aujourd’hui la plus grande entreprise mondiale de communication par satellite. Starlink représente un actif de croissance considérable, avec des millions d’abonnés dans plus de cent pays et des contrats institutionnels en forte expansion — y compris en Europe, où plusieurs gouvernements y recourent pour des missions critiques.
Selon PitchBook, Elon Musk détenait environ 42 % de SpaceX avant le dépôt des documents SEC. Ce pourcentage évoluera au fur et à mesure de l’émission de nouvelles actions lors de l’IPO, mais Musk devrait conserver un contrôle dominant sur la société. Forbes estimait récemment sa fortune personnelle à environ 823 milliards de dollars.
Ce que l’introduction en bourse SpaceX change pour les marchés européens
Pour les investisseurs européens, l’IPO SpaceX représente à la fois une opportunité concrète et un signal sur l’évolution des marchés. Une opportunité d’abord : Elon Musk a annoncé son intention de réserver jusqu’à 30 % des actions aux investisseurs particuliers, rompant avec la tradition des grandes introductions en bourse américaines largement accaparées par les fonds institutionnels. Les épargnants européens pourront en théorie y souscrire via leurs courtiers habituels dès l’ouverture du carnet d’ordres.
Un signal ensuite pour l’industrie spatiale européenne. Si SpaceX atteint une valorisation de 1 500 à 1 750 milliards de dollars, elle s’affirmerait comme la société privée la plus valorisée de l’histoire des marchés financiers. Cette entrée en Bourse redéfinit les standards d’évaluation pour le secteur spatial — un secteur où l’Europe cherche à développer ses propres champions, notamment via ArianeGroup et les ambitions du programme spatial de la Commission européenne.
Des interrogations persistantes sur les conflits d’intérêts
L’IPO SpaceX ne devrait pas aller sans controverses. La société a bénéficié de près de 6 milliards de dollars de contrats gouvernementaux américains sur les cinq dernières années — NASA, département de la Défense et autres agences fédérales confondus, selon les données de USAspending.gov. Or Elon Musk est l’un des principaux soutiens de Donald Trump et l’un des donateurs les plus importants de sa campagne présidentielle.
Parmi les actionnaires actuels de SpaceX figure également Donald Trump Jr, le fils aîné du président américain, qui détient des parts via son fonds de capital-risque 1789 Capital. La Maison-Blanche et l’entourage de Trump ont toujours nié l’existence de conflits d’intérêts, mais ces questions reviendront inévitablement sur le devant de la scène lors du processus d’enregistrement formel auprès de la SEC.
Questions fréquentes sur l’IPO de SpaceX
Quand aura lieu l’introduction en bourse de SpaceX ?
Selon des sources proches du dossier, l’IPO pourrait intervenir dès le mois de juin 2026. SpaceX a déposé des documents préliminaires auprès de la SEC début avril 2026, ce qui ouvre officiellement le processus d’enregistrement.
À combien est valorisée SpaceX avant son IPO ?
Selon le cabinet d’études PitchBook, la valorisation de SpaceX atteint environ 1 500 milliards de dollars au moment du dépôt des documents SEC. L’AFP avance une estimation légèrement supérieure à 1 750 milliards de dollars, en incluant les acquisitions récentes (X, xAI).
Les investisseurs européens pourront-ils souscrire à l’IPO SpaceX ?
Oui, en théorie. Elon Musk a annoncé vouloir réserver jusqu’à 30 % des actions aux investisseurs particuliers. Les ressortissants européens pourront en principe participer via leurs courtiers habituels, sous réserve des conditions d’accès aux marchés américains applicables à leur pays de résidence.
SpaceX est-elle rentable ?
SpaceX est devenue profitable grâce notamment à son activité de lancement commercial (Falcon 9) et à l’expansion rapide de Starlink. Elle reste cependant dépendante des contrats gouvernementaux américains, qui représentent une part significative de ses revenus.






