Salaires des cadres : la médiane recule pour la première fois depuis 2010

Pour la première fois depuis 2010, la rémunération médiane des cadres recule : 54 000 euros brut en juin 2026, contre 55 000 un an plus tôt. L'écart paraît mince. Il montre pourtant où le bât blesse : ceux qui restent dans leur entreprise sont de moins en moins augmentés, et ils le savent.

Une cadre relit sa fiche de paie à son bureau, ordinateur portable et tasse de café devant elle

Pour la première fois depuis 2010, la rémunération médiane des cadres recule : 54 000 euros brut en juin 2026, contre 55 000 un an plus tôt. L’écart paraît mince. Il montre pourtant où le bât blesse : ceux qui restent dans leur entreprise sont de moins en moins augmentés, et ils le savent.

Sommaire
  1. Ce que la médiane laisse voir
  2. Un pouvoir d’achat qui décroche depuis 2007
  3. Partir paie, rester coûte
  4. Des salaires affichés, donc comparés
  5. À Nantes, un marché de cadres étroit

 

Ce que la médiane laisse voir

La baisse atteint 1,8 %, selon le baromètre 2026 de la rémunération des cadres que l’Apec a publié le 5 novembre. La médiane de la rémunération fixe reste stable, à 52 000 euros : c’est la part variable, qui concerne moins de cadres, et les augmentations, qui se raréfient, qui reculent.

Part des cadres du privé 2024 2025 2026
Augmentés dans l’année 60 % 53 % 46 %
Percevant une part variable 54 % 50 % 48 %

Source : Apec, Baromètre 2026 de la rémunération des cadres (5 novembre 2026).

L’enquête repose sur les déclarations de 19 000 cadres du secteur privé, clients de l’Apec, recueillies chaque mois de juin depuis 2007. Ce n’est pas un recensement de l’ensemble des cadres, mais c’est la série la plus longue sur le sujet, ce qui donne du poids à ce retournement.

Un pouvoir d’achat qui décroche depuis 2007

Corrigé de l’inflation, le salaire réel médian recule de 3,6 % entre 2025 et 2026. Et la progression de la rémunération médiane est restée inférieure à l’inflation depuis 2007, rappelle l’Apec : l’AFP chiffre la perte cumulée à 11,6 %. Les prix, eux, ont progressé de 3,4 % sur un an en octobre, selon l’Insee cité dans la dépêche.

57 % des cadres se disent insatisfaits de leur rémunération. Le recul du pouvoir d’achat est plus marqué dans les PME et chez les cadres en milieu de carrière, relève l’Apec, sans chiffrer ces segments sur la page consultée. L’écart entre femmes et hommes, lui, reste de 15 % sur l’ensemble des cadres et de 6,8 % à poste et profil équivalents. « Cela baisse, mais très lentement », résume Annelore Coury, directrice générale de l’Apec, citée par l’AFP.

Partir paie, rester coûte

C’est l’enseignement que les directions d’entreprise préfèrent souvent ne pas regarder en face. Parmi les cadres qui ont changé d’entreprise sans passer par le chômage, 61 % ont été augmentés en 2026 ; ils sont 68 % parmi ceux qui ont changé de poste en interne, et 42 % seulement parmi ceux restés au même poste. Selon l’AFP, un changement de poste rapporte toutefois moins qu’auparavant.

Le paradoxe est là : le marché récompense plus souvent ceux qui partent que ceux qui restent. Les entreprises affichent un objectif de fidélisation, mais la logique de court terme domine, avec des augmentations moins fréquentes et une part variable en retrait. La marge de manœuvre est étroite. Pour un employeur qui cherche à recruter un cadre déjà en poste, cela suppose, le plus souvent, de lui proposer une amélioration visible de sa situation.

Des salaires affichés, donc comparés

Autre évolution mesurée par le baromètre : 68 % des offres d’emploi cadre publiées sur apec.fr affichent désormais un salaire, soit trois points de plus en un an. 72 % des cadres ont déjà entendu parler de la directive européenne sur la transparence salariale, un sujet sur lequel nous faisions le point en mars, alors qu’une large majorité d’entreprises n’était pas encore prête. Afficher une fourchette devient la norme, et chaque écart entre candidats, comme entre collègues, devient plus visible.

À Nantes, un marché de cadres étroit

La région Pays de la Loire compte 173 560 cadres en emploi, dont 99 630 en Loire-Atlantique, d’après l’étude régionale de l’Apec. Les entreprises du territoire y ont recruté 14 670 cadres en 2025, soit 7 % de moins que le record de 2023 (15 840). Aucune donnée salariale propre à Nantes n’apparaît dans les pages du baromètre consultées : seules des données régionales sont annoncées. Mais le constat vaut pour un marché où les profils qualifiés sont rarement disponibles, et encore moins quand ils sont en poste et correctement rémunérés.

Attendre des candidatures a alors ses limites. C’est le terrain de la chasse de tête, qui consiste à aller chercher directement des cadres déjà en poste. À Saint-Herblain, Ethis RH, installé depuis 2007 et entreprise à mission depuis 2024, présente cette méthode sur son site comme un moyen d’atteindre des candidats invisibles sur le marché, qui ne consultent pas les annonces, pour recruter cadres, dirigeants et experts dans la région. Il la combine avec du sourcing et des annonces ciblées, annonce 4 à 8 semaines entre le lancement d’une mission et la présentation des finalistes, et assure un suivi de six mois après l’embauche.

Recruter un cadre à Nantes : où s’adresser

  • Apec : études et offres d’emploi cadres, apec.fr.
  • Ethis RH, cabinet de recrutement de cadres et de dirigeants : 13 rue de la Rabotière, 44800 Saint-Herblain, 02 40 35 63 65.

Sources : Apec, Baromètre 2026 de la rémunération des cadres (5 novembre 2026) ; Apec, étude régionale Pays de la Loire (bilan 2025) ; AFP, relayée par Qz ; site d’Ethis RH.

L’essentiel à retenir

La rémunération médiane des cadres recule de 1,8 % en 2026, à 54 000 euros, une première depuis 2010. Moins de cadres sont augmentés (46 %) et le pouvoir d’achat recule de 3,6 %. Changer d’entreprise reste le levier le plus sûr : 61 % des cadres qui partent sont augmentés, contre 42 % de ceux qui restent. Pour les employeurs, fidéliser et recruter passent désormais par une rémunération visible, d’autant que 68 % des offres cadre affichent déjà un salaire.

 

FAQ

Quelle est la rémunération médiane des cadres en 2026 ?

Selon le baromètre de l’Apec publié le 5 novembre 2026, la rémunération brute annuelle médiane des cadres du privé est de 54 000 euros en juin 2026, contre 55 000 euros un an plus tôt (−1,8 %). C’est la première baisse depuis 2010.

Pourquoi la rémunération médiane des cadres baisse-t-elle ?

La médiane de la rémunération fixe reste stable, à 52 000 euros. En revanche, la part variable, perçue par 48 % des cadres en 2026 contre 54 % en 2024, et les augmentations, qui ne concernent plus que 46 % des cadres contre 60 % en 2024, reculent.

Les cadres qui changent d’entreprise sont-ils mieux augmentés ?

Oui. 61 % des cadres qui ont changé d’entreprise sans passer par le chômage ont été augmentés en 2026, contre 42 % de ceux restés au même poste. Selon l’AFP, un changement de poste rapporte toutefois moins qu’auparavant.

Combien de cadres travaillent en Loire-Atlantique ?

L’étude régionale de l’Apec dénombre 173 560 cadres en emploi en Pays de la Loire, dont 99 630 en Loire-Atlantique.