Transparence des salaires en 2026 : l’Europe à 100 jours de l’échéance, et 91 % des entreprises pas encore prêtes

Le 7 juin 2026, les États membres de l'Union européenne devaient avoir transposé en droit national la directive sur la transparence des salaires. À 100 jours de cette date, une enquête Mercer publiée en février 2026 révèle que seules 9 % des entreprises européennes disposent d'une stratégie complète de mise en conformité. Pour les 91 % restantes, le compte à rebours a commencé — et la France figure parmi les moins bien préparées du continent.

Ce que la directive sur la transparence des salaires 2026 impose aux employeurs

Adoptée en mai 2023, la directive 2023/970/UE oblige les entreprises de plus de 100 salariés à communiquer les fourchettes de rémunération dans leurs offres d’emploi, à fournir des informations salariales à leurs employés sur demande, et à publier un rapport annuel sur les écarts de rémunération entre femmes et hommes. Les entreprises de 250 salariés et plus se voient imposer des obligations plus étendues, notamment la publication d’un rapport détaillé sur les écarts de rémunération. Les sanctions prévues pour non-conformité incluent des amendes et la possibilité pour les salariés lésés de saisir la justice.

Transparence des salaires 2026 : 9 % des entreprises réellement prêtes en Europe

L’enquête Mercer Compensation Transparency Survey 2025, menée auprès de 1 500 entreprises dans 15 pays européens, révèle un tableau préoccupant. Seules 9 % des entreprises interrogées disposent d’une stratégie complète de mise en conformité. 37 % déclarent être en cours d’analyse de leurs grilles salariales. 54 % n’ont encore entrepris aucune démarche concrète. Les secteurs les plus en retard sont la finance, l’industrie lourde et les services aux entreprises — précisément ceux qui présentent les écarts de rémunération les plus élevés.


Infographie : 91% des entreprises européennes pas prêtes pour la directive transparence salariale 2026

La France, parmi les moins bien préparées à la transparence salariale en Europe

Sur l’indice de préparation établi par Mercer, la France obtient un score de 36 %, contre 63 % pour l’Espagne, pourtant soumise aux mêmes contraintes réglementaires. La complexité des structures de rémunération françaises — multiplicité des accords de branche, conventions collectives enchevêtrées, pratiques salariales opaques héritées de décennies de négociations sectorielles — est citée comme principal facteur de retard.

Les entreprises françaises sont plus grandes en taille moyenne, ce qui rend la mise en conformité structurellement plus complexe, même à bonne volonté égale.

— Lucye Provera, Pay Equity Leader Europe & UK, Mercer

Un écart salarial persistant que la directive entend rendre visible

Selon Eurostat, l’écart de rémunération entre femmes et hommes dans l’UE s’établit à 11 % en 2024. En France, cet écart atteint 16,8 % selon les données du ministère du Travail. La directive ne vise pas à éliminer cet écart directement, mais à le rendre mesurable et public — condition préalable à toute correction. Les entreprises dont l’écart dépasse 5 % sans justification objective seront soumises à un audit conjoint obligatoire avec les représentants du personnel. La transposition française n’était pas encore finalisée à la date de publication de cet article.