Taxe soda en Allemagne : ce que prévoit le projet de Berlin
Le gouvernement allemand a approuvé un projet de loi visant à taxer les boissons sucrées. Si le Bundestag l’adopte, la taxe entrera en vigueur le 1er juillet 2027. La coalition poursuit un double objectif : dégager des recettes pour le budget fédéral et inciter les fabricants à réduire la teneur en sucre de leurs produits.
Le texte n’est donc pas encore une loi : il doit passer par le Parlement. Mais les contours du dispositif sont précis, et le secteur des boissons comme les consommateurs allemands savent déjà à quoi s’attendre.
Deux taux selon la teneur en sucre
La taxe frappe les boissons contenant au moins 5 grammes de sucre pour 100 millilitres. Le barème comporte deux paliers.
| Teneur en sucre | Droit prévu |
|---|---|
| De 5 g à moins de 8 g pour 100 ml | 0,26 € par litre |
| À partir de 8 g pour 100 ml | 0,32 € par litre |
Sont concernés les boissons gazeuses comme le Coca-Cola, les thés glacés, les boissons énergétiques, les nectars de fruits et les concentrés de jus avec sucre ajouté. Restent à l’écart les boissons alcoolisées et leurs versions sans alcool, les boissons à base de lait, d’avoine ou de riz, les jus de fruits et de légumes purs, ainsi que les boissons contenant des édulcorants à la place du sucre.
Des recettes attendues de 690 millions d’euros dès 2027
Berlin table sur 690 millions d’euros de recettes supplémentaires en 2027, puis 925 millions d’euros en 2028. Cet argent doit aider à limiter les coupes prévues dans la subvention fédérale au fonds central de santé, et ainsi réduire la pression à la hausse sur les cotisations d’assurance maladie.
La taxe doit rapporter 690 millions d’euros en 2027 et 925 millions en 2028, pour freiner la hausse des cotisations d’assurance maladie.
Le gouvernement met en avant un coût sanitaire : le système de santé supporte chaque année plus de 2 milliards d’euros de dépenses liées à la forte consommation de boissons sucrées, à l’origine d’obésité, de diabète et de caries. Il affirme répondre à ce que réclament depuis longtemps les associations de santé, de recherche, de protection de l’enfance et de défense des consommateurs.
Fabricants, consommateurs : qui paiera la taxe sur les boissons sucrées ?
Ce sont les fabricants ou les grossistes qui acquitteront le droit. Le gouvernement s’attend toutefois à ce que les consommateurs subissent des hausses de prix de plusieurs dizaines de centimes sur les boissons concernées.
Les petits producteurs indépendants fabriquant jusqu’à 70 000 litres par an seraient exemptés. Une exemption plus large, jusqu’à 1 million de litres par an, devra être approuvée par la Commission européenne au titre des règles sur les aides d’État.
Des critiques sur les emplois et l’efficacité sanitaire
La taxe suscite des réserves avant comme après l’accord de coalition. Selon la chaîne publique ARD, le ministre-président de Hesse, Boris Rhein (CDU), estime qu’elle rendra les boissons plus chères et pourrait menacer des emplois dans l’industrie des boissons. Le think tank américain Tax Foundation doute pour sa part des bénéfices sanitaires de ces taxes : dans un rapport publié en 2025, il soutient que si elles semblent bien augmenter les prix, rien ne prouve une amélioration significative de l’état de santé.
L’Allemagne rejoindrait plusieurs pays de l’Union européenne qui taxent déjà les boissons sucrées, dont la France, le Portugal et la Hongrie, où une taxe de santé publique plus large est en vigueur depuis 2011.
Berlin a approuvé un projet de taxe sur les boissons sucrées, à partir du 1er juillet 2027 si le Bundestag l’adopte : 0,26 € ou 0,32 € par litre selon la teneur en sucre. Elle doit rapporter 690 millions d’euros en 2027. Les prix pourraient grimper de plusieurs dizaines de centimes, et l’exemption élargie reste soumise à Bruxelles.
Questions fréquentes
Quand la taxe sur les boissons sucrées entrera-t-elle en vigueur en Allemagne ?
Le 1er juillet 2027, si le Bundestag adopte le projet de loi approuvé par le gouvernement.
Quelles boissons sont taxées ?
Celles qui contiennent au moins 5 g de sucre pour 100 ml : sodas, thés glacés, boissons énergétiques, nectars et concentrés de jus avec sucre ajouté. Les boissons avec édulcorants, les jus purs et les boissons lactées ou végétales sont exemptés.
Combien la taxe rapportera-t-elle ?
690 millions d’euros en 2027 et 925 millions d’euros en 2028, selon le gouvernement fédéral.






